Qui sont les candidats à la prêtrise selon Mgr Bruguès?

En  juin 2009,au Vatican , Mgr Bruguès, secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique prononça devant les recteurs des séminaires pontificaux un discours qui fut publié en France dans « la documentation catholique »

Dans une première partie Mgr Brugès donna des directives pour la formation des futurs prêtres 

Dans une  2é partie de son allocution la description qu’il donne du jeune postulant à la prêtrise est intéressante

**

Les séminaristes

On pourrait avancer l’hypothèse selon laquelle nous sommes passés

d’une Eglise d’ »appartenance« , où la foi était donnée par le groupe de naissance,

 à une Eglise de « conviction », où la foi se définit comme un choix personnel et courageux, souvent en opposition avec le groupe d’origine.

Nos séminaristes et nos jeunes prêtres appartiennent  à cette Eglise de « conviction ». Ils ne viennent plus tellement des campagnes mais plutôt des villes et surtout des villes universitaires. Ils ont souvent grandi dans des familles divisées ou « éclatées », ce qui leur laisse des traces de blessures et, parfois, une sorte d’immaturité affective.

Le milieu social d’appartenance ne les soutient plus : ils ont choisi d’être prêtres par conviction et ont renoncé, de ce fait, à toute ambition sociale (ce que je dis n’est pas vrai partout : je connais des communautés africaines où la famille ou le village portent encore des vocations nées dans leur sein). C’est pourquoi ils ont un profil plus déterminé, des individualités plus fortes et des tempéraments plus courageux. A ce titre, ils ont droit à toute notre estime.

**

Les formateurs 

D’où un décalage entre eux et la génération des formateurs

 Ma génération, j’insiste là-dessus, a identifié l’ouverture au monde à une conversion à la sécularisation, pour laquelle elle a éprouvé une certaine fascination.

 Les plus jeunes, au contraire, sont nés dans la sécularisation, c’est leur environnement naturel, ils l’ont assimilée avec le lait de la nourrice : mais ils cherchent surtout à prendre leurs distances vis-à-vis d’elle et ils revendiquent leur identité et leurs différences.

il existe  désormais … une ligne de partage, et parfois de fracture, entre un courant de « composition » et un courant de « contestation ».

Le premier nous conduit à penser qu’il y a, dans la sécularisation, des valeurs à forte matrice chrétienne comme l’égalité, la liberté, la solidarité, la responsabilité et qu’il doit être possible de trouver un accord avec ce courant et de définir des domaines de coopération.

Le second courant, au contraire, invite à prendre ses distances. Il considère que les différences ou les oppositions, surtout dans le domaine de l’éthique, vont devenir de plus en plus marquées. Il propose donc un modèle alternatif par rapport au modèle dominant et accepte de tenir le rôle d’une minorité contestatrice.

Le premier courant a été prédominant pendant l’après-concile; il a fourni la matrice idéologique des interprétations de Vatican II qui se sont imposées à la fin des années 60 et pendant la décennie suivante.

Cela s’est inversé à partir des années 80, surtout – mais pas exclusivement – sous l’influence de Jean-Paul II.

 Le courant de « composition » a vieilli mais ses adeptes détiennent encore des positions clés dans l’Eglise.

 Le courant du modèle alternatif s’est considérablement renforcé mais il n’est pas encore devenu dominant. C’est ainsi que s’expliquent les tensions actuelles dans beaucoup d’Eglises de notre continent.

Et, pour revenir au sujet de cette rencontre, on pourrait en dire autant à propos du profil-type de ceux qui frappent à la porte de nos séminaires ou de nos maisons religieuses.

Les candidats de la première tendance sont de plus en plus rares, au grand déplaisir des prêtres des générations les plus âgées.

Les candidats de la seconde tendance sont aujourd’hui plus nombreux que les premiers, mais ils hésitent à franchir le seuil de nos séminaires parce que, souvent, ils n’y trouvent pas ce qu’ils cherchent

Comment favoriser une harmonie entre les éducateurs, qui appartiennent souvent au premier courant, et les jeunes qui s’identifient au second ? Les éducateurs continueront-ils à s’attacher à des critères d’admission et de sélection qui datent de leur époque mais ne correspondent plus aux aspirations des plus jeunes?

Je comprends les difficultés que vous rencontrez dans votre ministère de recteurs de séminaires 

 Plus que le passage d’une génération à une autre, vous devez assurer harmonieusement le passage d’une interprétation du concile Vatican II à une autre et, peut-être, d’un modèle ecclésial à un autre. Votre position est délicate mais elle est absolument essentielle pour l’Eglise.

**

Commentaire 

Et voila la conclusion à prévoir !

Il faut réinterpréter les textes de Vatican 2 et les remettre en question

Si l’analyse de Mgr Brugès est intéressante, la conclusion est accablante

Les jeunes 

Les jeunes qui sont attirés par la prêtrise ne sont pas des ignares qui ne connaissent pas le catéchisme, comme le dit Mgr Brugès dans la première partie de son discours . « Les jeunes qui se présentent dans nos séminaires ne savent plus rien ou presque de la doctrine catholique, de l’histoire de l’Eglise et de ses coutumes. »

.Au contraire puisque lui-même, convient que ce sont  des jeunes qui ont des convictions.

Oui ! Au sein de l’église, il faut respecter ces jeunes  .Leurs convictions sont bien souvent celles que leur formateurs avaient quand eux-mêmes étaient séminaristes

Les formateurs 

Quant aux formateurs, c’est leur faire injure que de dire « qu’ils ont identifié l’ouverture au monde à une conversion à la sécularisation »

Après avoir dit que les jeunes « ne savent plus rien ou presque de la doctrine catholique » Mgr Brugès ose parler « des préjugés négatifs de leurs aînés »

En outre , Mgr Brugès semble vouloir que les formateurs se plient  devant les exigences des jeunes

Ce serait  aux éducateurs à être « rééduquer » après une vie de réflexion et de contact avec la réalité !

Ce serait aux  formateurs qui ont eu parfois du mal à accepter le concile et qui finalement en ont vu tous les bienfaits,que l’on demande ce retour en arrière et le reniement de convictions réfléchies !

Il ne faut pas oublier que parmi  ces formateurs, beaucoup avaient les mêmes convictions que ces jeunes séminaristes

Ils ont eu du mal à s’adapter, mais ont finalement accepté ce changement, non parce qu’ils ont été « éduqués » mais parce que l’expérience du ministère et de l’âge, tandis que la société évoluait à toute vitesse,  leur a permis de faire cette conversion

Un pasteur, un prêtre, un Monseigneur doit être avant tout un homme qui rassemble, un homme de communion

Laisser un commentaire