Grégoire de Nysse : L’esprit de l’homme ,un mystère ?

Dans son « livre sur la création de l’homme »

Grégoire s’ébahit

devant les merveilles du corps de l’homme

et les 5 sens

mais l’esprit

qu’en est il ?

Là ! Grégoire  est perplexe

et se le demande dans les chapitres 11 et 12 de son livre 

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Quelle est donc la nature de l’esprit, qui se divise dans les facultés sensibles et qui tire de chacune d’elles, d’une manière conforme à leur nature, la connaissance de l’univers ?

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— Vous dites que l’esprit est simple et sans composition ! Comment alors se dissémine-t-il dans la multiplicité des parties sensibles ? Comment dans l’unité la diversité ? Comment dans la diversité l’unité ?

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La tête et le cœur (12)

Diverses opinions sur la localisation : tête, cœur

Les uns veulent placer dans le cœur la partie supérieure de l’âme,

d’autres affirment que l’esprit habite dans le cerveau.

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L’un dit que le mouvement de la pensée est du même genre que celui du feu, puisque l’un et l’autre sont sans arrêt.

Or en sait que la chaleur a sa source dans le cœur. Aussi ces auteurs, comme ils tiennent que le mouvement de l’esprit se confond avec la mobilité de la chaleur, concluent que le cœur qui renferme la chaleur est le réceptacle de la nature spirituelle

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. L’autre groupe part du fait que les méninges (c’est le nom de la membrane qui entoure le cerveau) sont comme le fondement et la racine de tous les organes des sens ; de là ils donnent à penser que l’activité de l’esprit ne peut avoir de siège ailleurs que dans cette partie où s’ajuste l’oreille et où les sons qui y tombent viennent frapper.

De même c’est par son union à cette membrane dans la cavité des yeux que, grâce aux images qui tombent sur les pupilles, la vue exprime les choses à l’intérieur de l’esprit.

De même c’est dans le cerveau que, par l’odorat qui les attire, se fait le discernement des différentes odeurs.

La sensation du goût est soumise, elle aussi, au discernement de cette méninge :

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Décidemment Grégoire connaît les classiques

il connaît les arguments des stoïciens des platoniciens

et se réfère surtout à Posidonius

le célèbre savant d’Apamée (135- 51 av JC)

qui lui aussi avait un savoir encyclopédique

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Pour ma part, je reconnais sans peine que la prépondérance des affections physiques trouble souvent l’intelligence et que les dispositions du corps émoussent l’activité naturelle de la raison.

J’admets aussi que le cœur est la source du feu qui est dans le corps et que les fortes émotions ont leur retentissement sur lui.

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Le chagrin (ch 12)

Mais je ne puis y voir la preuve de ce que la nature incorporelle soit circonscrite en des délimitations spatiales.

 En effet, nous le savons, le délire ne vient pas de la seule ivresse ; la maladie des membranes qui entourent les côtes s’accompagne également, au dire des médecins, d’un affaiblissement de la pensée

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A propos du chagrin

Gregoire une fois de plus

 nous étonne

Pour lui les effets du  chagrin ne se manifestent

pas dans les cœur  mais dans l’estomac

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Par ailleurs, dans l’état consécutif au chagrin et qui agit sur le cœur, les choses ne se passent pas comme l’on dit

: ce n’est pas le cœur, mais l’entrée de l’estomac qui est ainsi

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Voici ce que disent ceux qui ont examiné avec soin ces phénomènes : quand nous sommes dans le chagrin, les conduits se contractent et s’obstruent naturellement dans tout le corps et tout l’air qui ne peut sortir est repoussé vers les profondeurs.

Alors les viscères, qui ont besoin de respirer, se trouvant comprimés de tous côtés, l’attraction de l’air se fait plus forte et la nature, pour remédier à cet affaissement, cherche à élargir ce qui s’est rétréci.

 Cette difficulté de respirer, nous en faisons le signe du chagrin et nous l’appelons gémissement et soupir.

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Le rire (ch 12)

Ce qui se passe dans la joie et le rire confirme encore davantage ce que nous disons. Les conduits du corps sont relâchés et dilatés par le plaisir, chez ceux par exemple qu’une bonne nouvelle épanouit.

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La nature, pour faciliter la sortie commode de cet air,

élargit la bouche et écarte de chaque côté les joues pour permettre la respiration.

 Le nom donné à ce phénomène est le rire.

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