Grégoire de Nysse : L’homme est grand

 

Dans son livre sur « la création de l’homme » 

chapitre  2  3 et 4

Grégoire de Nysse

après  s’être émerveillé devant  la beauté de la nature

nous parle de l’Homme

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1) La grandeur de l’homme

Alors Dieu fait paraître l’homme en ce monde,

pour être la  merveille de l’univers

à la fois  contemplateur et maître :

 il veut que leur jouissance lui donne l’intelligence de celui qui les lui fournit, tandis que la grandiose beauté de ce qu’il voit le met sur les traces de la puissance inef­fable et inexprimable du Créateur.

 

Voilà pourquoi l’homme est amené le dernier dans la création, non qu’il soit relégué avec mépris au dernier rang, mais parce que dès sa naissance, il convenait qu’il fût roi de son domaine.

 

En le créant,  il jette un double fondement

par le mélange du divin au terrestre,

 afin que par l’un et l’autre caractère,

 l’homme ait naturellement la double jouissance de Dieu par sa divine nature

, des biens terrestres par la sensation qui est du même ordre que ces biens

 

2) Dieu soigne davantage la création de l’homme

La puissance divine improvise pour ainsi dire la création,

qui vient à l’existence aussitôt qu’ordonnée

. Pour la formation de l’homme, au contraire,

 une délibération précède

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 En effet Dieu dit, selon les mots de Moïse, « Faisons l’homme à notre image et ressemblance

 ; qu’il commande aux poissons de la mer, aux bêtes de la terre, aux oiseaux des cieux, aux animaux et à toute la terre »

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 Chose étonnante ! Le soleil est créé et aucune délibération ne précède.

Pour le ciel il en est de même.

Pour de telles merveilles, un mot suffit pour les constituer…

**.

. Il n’y a que pour la création de l’homme que l’auteur de l’univers s’avance avec circonspection : il prépare d’abord la matière dont il le composera, il le con­forme à la beauté d’un archétype, puis, selon la fin pour laquelle il le fait, il, lui compose une nature accordée à lui-même et en rapport avec les activités humaines, selon le plan qu’il s’est proposé

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3) Le roi de la création   

Ainsi le meilleur des artistes fabrique notre nature comme une création adaptée à l’exercice de la royauté

. Par la supériorité qui vient de l’âme,

 par l’apparence même du corps,

 il dispose les choses de telle sorte que l’homme

soit apte au pouvoir royal.

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.. ; l’âme spontanément  manifeste ce caractère royal,

 par son autonomie et son indépendance

 et par ce fait que, dans sa conduite,

elle est maîtresse de son propre vouloir

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». Ainsi la nature humaine, créée pour dominer le monde, à cause de sa ressemblance avec le Roi Universel, a été faite comme une image vivante de l’archétype par la dignité et par le nom **:

mais, au lieu de pourpre, elle est revêtue de la vertu, le plus royal de tous les vêtements ;

 au lieu d’un sceptre, elle s’appuie sur la bienheureuse immortalité ;

 au lieu d’un diadème royal, elle porte la couronne de justice,

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