Ce que pense Montaigne des guerres de religion

Montaigne

est né en 1533

peu après l’affaire des indulgences

à l’origine du protestantisme

provoqué par Luther en 1517

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Il meurt en 1592

20 ans après la saint Barthelemy

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Montaigne ,le sage

Montaigne ,l’humaniste

se retrouve donc en pleine guerre de religion

comme son contemporain

Erasme(+1536)

qui écrira  « l’éloge de la folie »

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ou comme Agrippa d’Aubigné (1552-1630)

qui écrira les « tragiques »

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Montaigne dans « ses essais »

ne peut que déplorer 

une guerre si fratricide

qui est devenu en fait

une guerre entre princes

plus qu’une guerre de religions

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 Monstrueuse guerre : Les autres agissent au dehors,

ceste-cy encore contre soy : se ronge et se desfaict, par son propre venin.

 Elle est de nature si maligne et ruineuse, qu’elle se ruine et se deschire .

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.. Elle vient guerir la sedition, et en est pleine.

 Veut chastier la desobeissance, et en monstre l’exemple :

: Où en sommes nous ? Nostre medecine porte infection.

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. Je doute souvent, si chez tant de gens, qui se meslent de telle besoigne,

 nul s’est rencontré, d’entendement si imbecille,

 à qui on aye en bon escient persuadé,

 qu’il alloit vers la reformation, par la derniere des difformations :

 qu’il tiroit vers son salut, par les plus expresses causes de tres certaine damnation :

 que renversant la police, le magistrat, et les loix, en la tutelle desquelles Dieu l’a colloqué : remplissant de haines, parricides, les courages fraternels :

 appellant à son ayde, les diables et les furies :

 il puisse apporter secours à la sacrosaincte douceur et justice, de la loy divine.

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. Il ne se peut imaginer un pire estat des choses,

 qu’où la meschanceté vient à estre legitime :

 et prendre avec le congé du magistrat, le manteau de la vertu : (Essais III,12)

 

Dans son apologie de Raimond Sebond ‘(essais II,2)

Montaigne écrit que la religion est bien souvent qu’un prétexte pour faire la guerre

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Les uns font accroire au monde, qu’ils croyent ce qu’ils ne croyent pas.

 Les autres en plus grand nombre, se le font accroire à eux mesmes, ne sçachants pas penetrer que c’est que croire.

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Pour défendre leur parti

les hommes  s’y servent de la religion :

Quand s’est il vu mieux qu’en France en noz jours ?

Ceux qui disent le noir, ceux qui en disent le blanc,

 l’employent si pareillement à leurs violentes et ambitieuses entreprinses,

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Voyez l’horrible impudence dequoy nous pelotons les raisons divines :

 S’il est permis au subject de se rebeller et armer contre son Prince pour la defense de la religion :

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Il n’est pas question de religion mais de guerre entre les princes

 

Confessons la verité,

qui trieroit de l’armée mesme legitime,

 ceux qui y marchent par le seul zele d’une affection religieuse

, et encore ceux qui regardent seulement la protection des loix de leur pays, ou service du Prince,

..; si ce n’est qu’ils y sont poussez par des considerations particulieres et casuelles,

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 Il n’est point d’hostilité excellente comme la Chrestienne.

 Nostre zele fait merveilles, quand il va secondant nostre pente vers la haine, la cruauté, l’ambition, l’avarice, la detraction, la rebellion.

A contrepoil, vers la bonté, la benignité, la temperance

Nostre religion est faicte pour extirper les vices : elle les couvre, les nourrit, les incite.

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Décidemment

rien n’est changé en ce monde

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Encore maintenant 

comme toujours

on continue à se battre

en fait, pour des gouvernements  

qui ne croient ni en Dieu ni au diable

mais défendent que leurs propres intérêts 

soit disant au nom de Dieu

 

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