Bourdaloue moraliste : Sermon pour le dimanche des rameaux

Bourdaloue n’est pas toujours tendre

au cours de ses homélies

il fustige

il sermonne

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Ainsi le dimanche des rameaux

c’est avec force qu’il parle de la communion pascal

à des courtisans du roi

qui n’ont que faire de leur communion annuelle

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Menaces

Pour les mondains, pour les sensuels, pour les scandaleux et les impies, ils en sont exclus;

et s’ils osaient y paraître,

nous qui sommes les prêtres du Seigneur et les dispensateurs de ses mystères,

 nous ne craindrions point d’user du pouvoir que le Dieu vivant nous a mis en main pour leur en interdire l’usage.

Fût-ce le premier conquérant du monde qui s’y présentât :

Fut-ce le premier monarque du monde : 

Nous lui ferions entendre les défenses et les menaces du souverain Maître dont il tiendrait profaner le céleste banquet.

 

 Que l’homme donc s’éprouve lui-même,

c’est-à-dire qu’il se consulte lui-même, qu’il interroge son cœur,

 et que, sans s’aveugler, sans se flatter,

il examine devant Dieu s’il est en effet de ceux qui appartiennent à Jésus-Christ,

et que Jésus-Christ reconnaît pour ses vrais disciples :

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 Les femmes

Le jour des rameaux ,quand  Jésus entra à Jérusalem

les disciples se dépouillèrent de leurs vêtements,

et les étendirent dans le chemin par où le Fils de Dieu devait passer : 

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ainsi , vous devez quitter tout ce qui s’appelle superfluité mondaine ,

surtout cette superfluité d’habits , d’ajustements, de parures qui,

selon la pensée de Tertullien ,

est comme une idolâtrie et une espèce de culte que vous rendez à votre corps ;

…On vous l’a dit tant de fois , Mesdames ,

et personne ne le doit mieux savoir que vous-mêmes ;

vous le reconnaissez devant Dieu,

 combien ce luxe profane est opposé à l’humilité de votre religion ,

 de combien de péchés il est le principe,

 à combien de scandales il vous expose.

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Ce que je ne puis comprendre,

c’est qu’étant aussi portées que vous l’êtes à tout ce qui regarde la vraie piété

  on vous engage néanmoins avec tant de peine à la pratique de ce détachement.

Ce que je ne puis comprendre ,

c’est qu’après tant de remontrances que l’on vous a faites….

 après votre propre expérience, plus capable de vous convaincre que tous les discours,

vous contestiez encore avec Dieu pour conserver ces restes du monde dont on ne peut vous déprendre.

Ce qui m’étonne,

c’est qu’après tant de communions on en voie toujours parmi vous

d’aussi passionnées pour cette vanité,

d’aussi affectées dans leurs personnes,

d’aussi curieuses de plaire que les âmes les plus libertines et les plus déréglées.

Voilà ce qui me surprend.   

 

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