Massillon et l’opinion des hommes

Le respect Humain

Dans son  sermon sur « le respect humain »

Massillon ne parle pas des « Tartuffe »

 les faux dévots

mais au contraire des  vrais dévots qui rougissent de leur foi

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Le vice des pharisiens peut trouver encore des imitateurs

 mais ce n’est pas le vice du. plus grand nombre. 

Le respect humain qui fait que nous servons Dieu 

pour mériter l’estime des hommes, 

est bien plus rare que celui qui nous empêche de le servir

 de peur de la perdre. 

La tentation la plus ordinaire 

n’est pas de se glorifier d’une fausse vertu 

c’est de rougir de la véritable 

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En quoi ces deux vices se ressemblent, 

c’est que tous les deux sacrifient le salut éternel

 aux vains jugements des hommes. 

 

Nous tenons tous à un certain monde qui nous environne

 nos proches, nos amis, nos protecteurs, nos maîtres 

 ce petit nombre de personnes qui forme pour nous un monde à part,

 dont nous craignons les jugements, 

et au goût duquel nous sacrifions même nos désirs de vertu 

si en les accomplissant nous devons nous attirer ses dérisions 

et ses censures.

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 Je dis donc que cette disposition renferme premièrement,

 un mépris de Dieu qui la rend très-criminelle; 

secondement, une crainte du monde qui la rend très-insensée 

troisièmement, un préjugé contre la vertu qui la rend très injuste. 

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Pilate

Au cours de son « sermon sur la passion »

Massillon  insiste  sur la faute de Pilate

qui a peur d’être mal jugé par César

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Le jugement des autres

au cours de son « sermon sur l’incarnation » 

Masillon remarque de nouveau

 

Ce que nous sommes à nos yeux et aux yeux de Dieu, 

nous intéresse peu

nous ne paraissons touchés, occupés,

 que de ce que nous sommes aux yeux des hommes 

et moins sensibles au soin de notre perfection,

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Toute notre attention se borne semble t il

à cette idée chimérique de nous-mêmes 

qui est dans l’esprit des autres.

Aussi il ne nous arrive guère de nous demander à nous-mêmes 

ce-que nous sommes réellement

mais nous nous demandons sans cesse 

ce qu’on croit que nous soyons 

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Par orgueil, nous nous laissons toucher par des louanges 

que notre cœur désavoue;

Nous sommes plus flattés par l’erreur 

qui nous prête de fausses vertus

 que nous ne sommes humiliés par la vérité, 

qui nous fait sentir nos défauts et nos misères véritables. 

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