Meinrad Hebga : La guérison en Afrique

En 1991 le pére Hebga jésuite camerounais donna à  la revue concilium n° 234

un article sur la guérison en Afrique  dont voici des extraits 

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La cause des maladies  

Les maladies sont elle données par des être malveillants ?

Nous savons bien que l’on meurt par blessure, empoisonnement, brûlure, noyade ; que la morsure d’un serpent venimeux ou d’une bête féroce peut être fatale. Mais, même dans des cas de cette espèce, nous parlons parfois, d’envoûtement, pour signifier que ce n’est pas par hasard qu’un tel malheur est arrivé à moi plutôt qu’à toi, que je me suis trouvé à la portée d’une vipère ou d’un léopard, ou qu’un arbre est tombé juste au moment où mon frère passait dessous. Il faut qu’une volonté malveillante ait arrangé les circonstances aux dépens de quelqu’un

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Les guérisseurs

Les guérisseurs africains interviennent donc souvent en s’attaquant aux forces du mal qui sont à l’origine de la maladie à l’aide du langage qui possède un certain pouvoir

 Chez tous  les peuples un certain pouvoir est attribué au langage ….que la lumière  soit…et la lumière fut

La médecine « liturgique »  est une véritable liturgie avec le concours d’une assistance …Le drame se joue entre d’une part l’officiant et les forces du bien et d’autre part la maladie et les forces du mal … avec le recours éventuel au chant ,à la danse ,au dialogue avec l’assistance ,quand ce n’est pas avec des êtres invisibles

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Les missionnaires

L’attitude générale des missionnaires chrétiens à l’égard de cette cure africaine fut et reste négative : un mélange de dédain pour « tout ce fatras primitif » et d’horreur pour « les superstitions païennes .Rares sont ceux qui l’abordent  dans un esprit d’étude objective et sereine.. 

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Christianisation de ces rites

Il est urgent d’intégrer quelques uns de nos grand rites thérapeutiques dans la panoplie chrétienne en usage chez nous …Nous devons partir des besoins des peuples …

Il ne suffit pas de déclarer que la sorcellerie ou l’envoûtement n’existe pas pour rassurer les gens, ni de les envoyer à l’hôpital pour résoudre tous les problèmes dont ils souffrent et meurent, il ne suffirait même pas de réciter sur les malades un évangile ou une prière du rituel ou d’invoquer sur eux le nom puissant du Christ. Il faut en plus, nommer explicitement et conjurer à haute et intelligible voix les forces redoutées (des sorciers)  Les fidèles que l’on met en garde contre les rites.., auxquels les Beti et les Basa du Cameroun recourent pour se purifier (…) ne sont apaisés et rassurés que si, dans notre prière de délivrance, nous les protégeons contre toute éventualité, dans le cadre de la tradition ancestrale. C’est la stratégie adoptée par les prêtres, les pasteurs et les laïcs, avec un succès encourageant

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Pour ma part j’ai une foi totale dans le nom de Jésus Christ par lequel nous sommes guéris (Ac4,10)…

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L’exemple des églises indépendantes

Si l’église catholique en Afrique en est encore à ses premiers balbutiements dans la diaconie non sacramentelle des malades de  nombreuses églises dissidentes .. ont en ce domaine un longue expérience dont nous pouvons tirer profit

Il appartient à nos églises de comprendre l’enjeu d’un ministère des malades qui soit vraiment chrétien et authentiquement  africain …Elles doivent le promouvoir avec détermination   

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