2013 : Le pape François et la tragédie de Lampedusa

Le 18 juillet 2013 le pape François se rend sur l’île de Lampedusa   

C’est la première fois qu’un pape se rend sur cette île, où près de 50 000 migrants et réfugiés ont débarqué après les printemps arabes de 2011. François y a tenu une messe devant 10 000 personnes agitant des fanions aux couleurs vaticanes. Avec, en arrière-plan, des épaves d’embarcations utilisées par les migrants pour rejoindre l’île. Le pape a également jeté une couronne de fleurs à la mer, en hommage à ceux qui ont péri en tentant de traverser la Méditerranée. 

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Homélie

prononcée au cours de la messe célébrée sur un terrain de sport

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Immigrés morts en mer, dans ces bateaux

qui au lieu d’être un chemin d’espérance

ont été un chemin de mort.

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« Adam, où es-tu ? »

: « Caïn, où est ton frère ? ».

Ces deux questions de Dieu résonnent aussi aujourd’hui, avec toute leur force !

Nous sommes désorientés, nous se sommes plus attentifs au monde dans lequel nous vivons, nous ne soignons pas, nous ne gardons pas ce que Dieu a créé pour tous et nous ne sommes plus capables non plus de nous garder les uns les autres

 

 « Où est ton frère ? »,

Ce n’est pas une question adressée aux autres, c’est une question adressée à moi, à toi, à chacun de nous. Ceux-ci parmi nos frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité et de paix ; ils cherchaient un rang meilleur pour eux et pour leurs familles, mais ils ont trouvé la mort. Combien de fois ceux qui cherchent cela ne trouvent pas compréhension, ne trouvent pas accueil, ne trouvent pas solidarité ! Et leurs voix montent jusqu’à Dieu !

 « Où est ton frère ? 

 Aujourd’hui personne dans le monde ne se sent responsable de cela ; nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle ; nous sommes tombés dans l’attitude hypocrite du prêtre et du serviteur de l’autel, dont parlait Jésus dans la parabole du Bon Samaritain : nous regardons le frère à demi mort sur le bord de la route, peut-être pensons-nous « le pauvre », et continuons notre route, ce n’est pas notre affaire ; et avec cela nous nous mettons l’âme en paix, nous nous sentons en règle.

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 La culture du bien-être,

Elle nous amène à penser à nous-même,

nous rend insensibles aux cris des autres

nous fait vivre dans des bulles de savon,

 Nous sommes tombés dans la mondialisation de l’indifférence.

…Cela ne nous regarde pas,

ne nous intéresse pas,

ce n’est pas notre affaire !

La mondialisation de l’indifférence nous rend tous « innommés », responsables sans nom et sans visage.

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Qui a pleuré ?

Qui a pleuré pour la mort de ces frères et sœurs ?

Qui a pleuré pour ces personnes qui étaient sur le bateau ?

Pour les jeunes mamans qui portaient leurs enfants ?

Pour ces hommes qui désiraient soutenir leurs propres familles ?

 La mondialisation de l’indifférence nous a ôté la capacité de pleurer !

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 Dans l’Évangile nous avons écouté le cri, les pleurs, la longue plainte : « Rachel pleure ses enfants… parce qu’ils ne sont plus ». Hérode a semé la mort pour défendre son propre bien-être, sa propre bulle de savon. Et cela continue de se répéter… Demandons au Seigneur d’effacer ce qui d’Hérode est resté également dans notre cœur ; demandons au Seigneur la grâce de pleurer sur notre indifférence, de pleurer sur la cruauté qui est dans le monde, en nous, aussi en ceux qui dans l’anonymat prennent les décisions socio-économiques qui ouvrent la voie à des drames comme celui-ci. « Qui a pleuré ? » Qui a pleuré aujourd’hui dans le monde ?

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Le 3 Octobre 2013 :La honte

Lors d’une audience à Rome  avec les participants d’une réunion célébrant le cinquantenaire de l’encyclique « Pacem in terris »  le pape François, bouleversé, interrompt son discours en apprenant  qu’un un nouveau naufrage  a encore eu lieu et s’écrit

«C’est une honte !

 « Je ne peux pas ne pas évoquer avec horreur les nombreuses victimes de cet énième naufrage qui a eu lieu aujourd’hui au large de Lampedusa. Le terme qui me vient à l’esprit est la honte…

     C’est une honte ! » 

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