2014 :Discours du pape François, au conseil de l’Europe

Extrait du discours  prononcé à  Strasbourg le  25 novembre 2014

 La paix en Europe  .

La paix en Europe  est mise à l’épreuve par diverses formes de conflit, tels que le terrorisme religieux et international, qui nourrit un profond mépris pour la vie humaine et fauche sans discernement des victimes innocentes.

….Ce phénomène est malheureusement très souvent alimenté par un trafic d’armes en toute tranquillité.Cette course aux armements est une plaie extrêmement grave de l’humanité et lèse les pauvres d’une manière intolérable

**

La paix est aussi  violée aussi par le trafic des êtres humains, qui est le nouvel esclavage de notre temps et qui transforme les personnes en marchandises d’échange, privant les victimes de toute dignité.

**

Cependant, la paix n’est pas la simple absence de guerres, de conflits et de tensions.

Dans la vision chrétienne, elle est, en même temps, don de Dieu et fruit de l’action libre et raisonnable de l’homme qui entend poursuivre le bien commun dans la vérité et dans l’amour

**

Comment donc poursuivre l’objectif ambitieux de la paix ?

Le chemin choisi par le Conseil de l’Europe est avant tout celui de la promotion des droits humains, auxquels est lié le développement de la démocratie et de l’État de droit.

. Cette recherche est l’une des plus grandes contributions que l’Europe a offerte et offre encore au  monde entier.mais maintenat l’europe est blessée

**

Une Europe  blessée 

un Europe qui ressemble à un arbre  qui n’a plus de racine 

Au cours de son histoire, comme un peuplier a toujours tendu vers le haut, vers des objectifs nouveaux et ambitieux, animée par un désir insatiable de connaissance, de développement, de progrès, de paix et d’unité. Mais l’élévation de la pensée, de la culture, des découvertes scientifiques est possible seulement à cause de la solidité du tronc et de la profondeur des racines qui l’alimentent. Si les racines se perdent, lentement le tronc se vide et meurt et les branches – autrefois vigoureuses et droites – se plient vers la terre et tombent.

**

L’individualisme

Chacun devient la mesure de soi-même et de son propre agir, .. de sorte qu’à la conception de droit humain, qui a en soi une portée universelle, se substitue l’idée de droit individualiste.

Un tel individualisme rend humainement pauvre et culturellement stérile, parce qu’il rompt de fait les racines fécondes sur lesquelles se greffe l’arbre.

De l’individualisme indifférent naît le culte de l’opulence, auquel correspond la culture de déchet dans laquelle nous sommes immergés.

Nous avons, de fait, trop de choses, qui souvent ne servent pas, 

Aujourd’hui nous avons devant les yeux l’image d’une Europe blessée,

Une Europe un peu fatiguée, pessimiste,

qui se sent assiégée par les nouveautés provenant d’autres continents.

**

À l’Europe, nous pouvons demander :

Où est ta vigueur ?

Où est cette tension vers un idéal qui a animé ton histoire  et l’a rendue grande?

Où est ton esprit d’entreprise et de curiosité ?

Où est ta soif de vérité, que jusqu’à présent tu as communiquée au monde avec passion ?

**

 Une Europe en changement

L’histoire de l’Europe peut nous amener à concevoir celle-ci comme une bipolarité, ou tout au plus comme une tripolarité (pensons à l’antique conception : Rome – la Grèce  – Moscou),

Une Europe multipolaire 

Aujourd’hui, nous pouvons légitimement parler d’une Europe multipolaire.

Les cultures ne s’identifient pas nécessairement avec les pays : certains d’entre eux ont diverses cultures et certaines cultures s’expriment dans divers pays. Il en est de même des expressions politiques, religieuses et associatives.

Parler de la multipolarité européenne signifie parler de peuples qui naissent, croissent et se projettent vers l’avenir.

…Aujourd’hui, l’Europe est multipolaire dans ses relations et ses tensions ; on ne peut ni penser ni construire l’Europe sans assumer à fond cette réalité multipolaire.

**

La transversalité

Il faut tenir compte de ce changement en dialoguant  

Dans les rencontres avec les politiciens de divers pays de l’Europe, j’ai pu remarquer que les politiciens jeunes affrontent la réalité avec une perspective différente par rapport à leurs collègues plus adultes.

 Il faut tenir compte de cette transversalité qui se retrouve dans tous les domaines. Cela ne peut se faire sans recourir au dialogue, même inter-générationnel.  Si nous voulions définir aujourd’hui le continent, nous devrions parler d’une Europe en dialogue, qui fait en sorte que la transversalité d’opinions et de réflexions soit au service des peuples unis dans l’harmonie.

 Emprunter ce chemin de communication transversale comporte non seulement une empathie générationnelle mais aussi une méthodologie historique de croissance.

 Une Europe qui dialogue seulement entre ses groupes d’appartenance fermés reste à mi-chemin ; on a besoin de l’esprit de jeunesse qui accepte le défi de la transversalité.

 Ces rencontres semblent particulièrement importantes dans le contexte actuel multiculturel, multipolaire, à la recherche de son propre visage pour conjuguer avec sagesse l’identité européenne formée à travers les siècles avec les instances provenant des autres peuples qui se manifestent à présent sur le continent.

 Raison et foi

La main tendue de l’Eglise  

Dans la vision chrétienne, raison et foi, religion et société sont appelées à s’éclairer réciproquement, en se soutenant mutuellement

La société européenne tout entière ne peut que tirer profit d’un lien renouvelé entre les deux domaines,

 soit pour faire face à un fondamentalisme religieux qui est surtout ennemi de Dieu,

soit pour remédier à une raison « réduite », qui ne fait pas honneur à l’homme.

 Je pense particulièrement aux thèmes liés à la protection de la vie humaine, questions délicates qui ont besoin d’être soumises à un examen attentif, qui tienne compte de la vérité de tout l’être humain, sans se limiter à des domaines spécifiques médicaux, scientifiques ou juridiques.

 **

Théme à aborder ensemble

ils sont nombreux, les défis du monde contemporains qui requièrent une étude et un engagement commun,

l’accueil des migrants, qui ont besoin d’abord et avant tout de l’essentiel pour vivre, mais principalement que leur dignité de personnes soit reconnue.

le grave problème du travail, surtout en ce qui concerne les niveaux élevés de chômage des jeunes dans beaucoup de pays  – mais aussi pour la question de la dignité du travail.

Maintenir ce sens de la solidarité et de la charité réciproques qui a tant caractérisé le visage de l’Europe grâce à l’action généreuse de centaines d’hommes et de femmes qui, au cours des siècles, se sont dépensés pour développer le continent, tant à travers l’activité d’entreprise qu’à travers des œuvres éducatives, d’assistance et de promotion humaine.

**

Les pauvres

Combien il y en a dans nos rues !

Ils demandent non seulement le pain pour survivre, ce qui est le plus élémentaire des droits,

 mais ils demandent aussi à redécouvrir la valeur de leur propre vie, que la pauvreté tend à faire oublier, et à retrouver la dignité conférée par le travail. 

Enfin, parmi les thèmes qui sollicitent notre réflexion et notre collaboration, il y a la protection de l’environnement,

  Il s’agit d’effectuer ensemble une réflexion dans tous les domaines, afin que s’instaure une sorte de « nouvelle agorà », dans laquelle chaque instance civile et religieuse puisse librement se confronter avec les autres, même dans la séparation des domaines et dans la diversité des positions, animée exclusivement par le désir de vérité et par celui d’édifier le bien commun.

 Clqiuez ICI

 

Laisser un commentaire