Frantz Fanon : Le prétendu complexe du colonisé

Frantz Fanon  dan son livre  « peau noire et masque blanc » critique le  livre « Psychologie de la colonisation »  de Mannoni

Mannino déclare en effet que les africains  sont génétiquement  complexés et qu’ils attendaient un sauveur pour les aider

« Tous les peuples ne sont pas aptes à être colonisés, seuls le sont ceux qui possèdent ce besoin. » Et, plus loin : « Presque partout où les Européens ont fondé des colonies du type qui est actuellement « en question », on peut dire qu’ils étaient attendus, et même désirés dans l’inconscient de leurs sujets. Des légendes, partout, les préfiguraient sous la forme d’étrangers venus de la mer et destinés à apporter des bienfaits  (p 99)

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En fait les colonisateurs sont des racistes 

Ayons le courage de le dire :

c’est le raciste qui crée l’infériorisé p 95

 Y compris les français si gentils avec les petits nêgres

Il les ont tellement humilié qu’ils en ont fait des névrosés

  je commence à souffrir de ne pas être un Blanc dans la mesure où l’homme blanc m’impose une discrimination, fait de moi un colonisé, m’extorque toute valeur, toute originalité, me dit que je parasite le monde, qu’il faut que je me mette le plus rapidement possible au pas du monde blanc, « que je suis une bête brute, que mon peuple et moi sommes comme un fumier ambulant hideusement prometteur de canne tendre et de coton soyeux, que je n’ai rien à faire au monde  ». Alors j’essaierai tout simplement de me faire blanc, c’est-à-dire j’obligerai le Blanc à reconnaître mon humanité. p 99

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l’expérience vécue du noir

Il nous fut donné d’affronter le regard blanc. p109

« Tiens, un nègre ! …... Maman, un nègre !… Chut ! Il va se fâcher… Ne faites pas attention, monsieur, il ne sait pas que vous êtes aussi civilisé que nous... p111

 — Regarde, il est beau, ce nègre…

— Le beau nègre vous emmerde, madame ! p112

 

Ya bon banania !

le linge du nègre sent le nègre — les dents du nègre sont blanches — les pieds du nègre sont grands — la large poitrine du nègre,

La honte. La honte et le mépris de moi-même. La nausée. Quand on m’aime, on me dit que c’est malgré ma couleur. Quand on me déteste, on ajoute que ce n’est pas à cause de ma couleur 

 Je ne suis pas l’esclave de « l’idée » que les autres ont de moi, mais de mon apparaître.

Les nègres sont des sauvages, des abrutis, des analphabètes.

ou . « Nous avons un professeur d’histoire sénégalais. Il est très intelligent… Notre médecin est un Noir. Il est très doux. » p 114

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Le sexe du noir

Fanon parle aussi des  phantasmes des blancs

a propos du sexe des noirs

C’est du délire !

Toute acquisition intellectuelle réclame une perte du potentiel sexuel. Le Blanc civilisé garde la nostalgie irrationnelle d’époques extraordinaires de licence sexuelle, de scènes orgiaques, de viols non sanctionnés, d’incestes non réprimés.

… Le penseur de Rodin en érection, voilà une image qui choque. On ne peut décemment pas « faire le dur » partout. Le nègre représente le danger biologique.

le nègre n’est que biologique. Ce sont des bêtes. Ils vivent nus.

Qui dit viol dit négre  p 154

Nègre = biologique, sexe, fort, sportif, puissant, boxeur, Joe Louis, Jess Owen, tirailleurs sénégalais, sauvage, animal, diable, péché.

  Pour la majorité des Blancs, le Noir représente l’instinct sexuel . Le nègre incarne la puissance génitale au-dessus des morales et des interdictions. Les Blanches, elles, par une véritable induction, aperçoivent régulièrement le nègre à la porte impalpable qui donne sur le royaume des Sabbats, des Bacchanales, des sensations sexuelles hallucinantes. p163..

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C’est alors que Fanon cite  Césaire et Senghor 

et retrouve sa fierté d’être noir

L’émotion est nègre comme la raison hellène 

Et voici le nègre réhabilité, « debout à la barre », gouvernant le monde de son intuition, le nègre retrouvé, ramassé, revendiqué, assumé, et c’est un nègre, non pas, ce n’est point un nègre, mais le nègre, alertant les antennes fécondes du monde, planté dans l’avant-scène du monde, aspergeant le monde de sa puissance poétique  p123

oui mais !

Sartre, pourtant bien aimé par Fanon, sème le doute

Dans son Orphée noir  Sartre écrit  

 la Négritude est pour se détruire, elle est passage et non un aboutissement, moyen et non fin dernière ». p128

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