Frantz Fanon : Peau noire ,masques blancs

Ce livre est celui d’un homme profondément  bléssé. Fanon parle avec son cœur.Il parle comme un médecin qui veut guérir ses frères,  comme un psychanalyste  qui cherche la cause  du mal  être de toute une race

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Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. (Césaire, Discours sur le Colonialisme.)

Nous n’aurons aucune pitié pour les anciens gouverneurs, pour les anciens missionnaires. Pour nous, celui qui adore les nègres est aussi « malade » que celui qui les exècre. Inversement, le Noir qui veut blanchir sa race est aussi malheureux que celui qui prêche la haine du Blanc. p 26

Nous nous méfions de l’enthousiasme. Chaque fois qu’on l’a vu éclore quelque part, il annonçait le feu, la famine, la misère… Aussi, le mépris de l’homme. L’enthousiasme est par excellence l’arme des impuissants.

Je veux vraiment amener mon frère, Noir ou Blanc, à secouer le plus énergiquement la lamentable livrée édifiée par des siècles d’incompréhension.30

Que de blessures !

Que d’humiliations !

Que de mépris !

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Le langage

 « Les Noirs, je les connais ; il faut s’adresser à eux gentiment, leur parler de leur pays ; savoir leur parler, telle est la question. Voyez plutôt… » Nous n’exagérons pas : un Blanc s’adressant à un nègre se comporte exactement comme un adulte avec un gamin, et l’on s’en va minaudant, susurrant, bertillonnant, calinotant p 44

. Parler petit-nègre à un nègre, c’est le vexer, car il est celui-qui-parle-petit-nègre. Pourtant, nous dira-t-on, il n’y a pas intention, volonté de vexer. Nous l’accordons, mais c’est justement cette absence de volonté, cette désinvolture, cette nonchalance, cette facilité avec laquelle on le fixe, avec laquelle on l’emprisonne, on le primitivise, l’anticivilise, qui est vexante. p 45

Oui, au Noir on demande d’être bon négro ; ceci posé, le reste vient tout seul. Le faire parler petit-nègre, c’est l’attacher à son image, l’engluer, l’emprisonner, victime éternelle d’une essence, d’un apparaître dont il n’est pas le responsable conclusion du livre de fanon 47

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 La femme de couleur et le blanc

 Frantz Fanon analyse le livre « Je suis Martiniquaise » de Mayotte Capécia

pour qui le blanc  est ce qu’il ya de plus beau

la femme de couleur rêve ;Elle  veut devenir  blanche

Je suis Blanc, c’est-à-dire que j’ai pour moi la beauté et la vertu, qui n’ont jamais été noires. Je suis de la couleur du jour…

Fanon répond

« Je suis Noir, je réalise une fusion totale avec le monde, une compréhension sympathique de la terre, une perte de mon moi au cœur du cosmos, et le Blanc, quelque intelligent qu’il soit, ne saurait comprendre Armstrong et les chants du Congo. Si je suis Noir, ce n’est pas à la suite d’une malédiction, mais c’est parce que, ayant tendu ma peau, j’ai pu capter tous les effluves cosmiques. Je suis véritablement une goutte de soleil sous la terre  p56

la femme noire insiste  

Non, vraiment, le Dieu bon et miséricordieux ne peut pas être noir, c’est un Blanc qui a des joues bien roses. Du noir au blanc, telle est la ligne de mutation. On est blanc comme on est riche, comme on est beau, comme on est intelligentp 61

des femmes  veulent un homme blanc et tout blanc

Du jour au lendemain, la mulâtresse passait du rang des esclaves à celui des maîtres…

Elle était reconnue dans son comportement sur-compensateur. Elle n’était plus celle qui avait voulu être blanche, elle était blanche. Elle entrait dans le monde blanc. p67

C’est parce que la négresse se sent inférieure qu’elle aspire à se faire admettre dans le monde blanc p.68

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L’homme de couleur et la blanche  

.Puis Fanon analyse le roman de René Maran, –« un homme pareil aux autres «  qui est sans doute une  autobiographie,

l’homme dit

Je ne veux pas être reconnu comme Noir, mais comme Blanc….Qui peut le faire, sinon la Blanche ? En m’aimant, elle me prouve que je suis digne d’un amour blanc. On m’aime comme un Blanc…Je suis un Blanc.

J’épouse la culture blanche, la beauté blanche, la blancheur blanche. p 72

  et Fanon répond

En aucune façon ma couleur ne doit être ressentie comme une tare. À partir du moment où le nègre accepte le clivage imposé par l’Européen, il n’a plus de répit et, « dès lors, n’est-il pas compréhensible qu’il essaie de s’élever jusqu’au Blanc ? S’élever dans la gamme des couleurs auxquelles il assigne une sorte de hiérarchie  ? »p 87

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Les noirs ont-ils donc un complexe d’infériorité ?

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