Al-Suyuti L’effort d’interprétation

Entre 1485 et 1490. Al Suyuti écrit un long plaidoyer autobiographique intitule  « Des grâces que Dieu m’a prodiguées » (le Tahadduth bi-ni‘mat Allah )

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Non seulement « savoir » mais aussi « interpréter » (taqlid)

tel est l’enseignement d’ Al Suyuti  

l’art « des argumentations originales et des raisonnements incontestables »

 

 Face à un problème donné, le savant se doit de réunir l’ensemble des « dits » sur le sujet, qu’ils émanent du Prophète ou des savants du passé.

 C’est ainsi qu’il peut produire des « raisonnements incontestables », car toujours appuyés sur la Tradition.

Mais une fois cette opération achevée, il revient encore au savant de retenir la position la plus probable, c’est-à-dire la plus cohérente avec le donné révélé, même si cette position n’est pas celle de la majorité de ses pairs, passés et présents.

 

 C’est là où le travail se mue en « argumentation originale », en une démonstration parfois à contre-courant du consensus forgé au fil des temps.

 Cette méthode s’est imposée très tôt dans le droit musulman,(le fiqh) sous le nom d’ijtihad, cet « effort d’interprétation » mené sur les textes de la Tradition pour en tirer des normes juridiques solidement fondées.

 Contrairement à une opinion fort répandue, les « portes » de l’ijtihad ne furent jamais closes après la période de formation du droit musulman classique.

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Suyuti adopte une posture de combat : répondre tout d’abord à ceux qui l’accusent de n’être qu’un vulgaire compilateur de vieux manuscrits ;

se situer, ensuite, par rapport, aux plus prestigieux savants de l’islam qu’il prétend égaler.

 

Parce qu’il domine l’ensemble des sciences islamiques de son temps, Suyuti entend être reconnu comme le « rénovateur » (mujaddid) de l’islam en cette fin de IXe siècle de l’Hégire.

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