Archive pour la catégorie 'P Les papes'

Misericordiae Vultus : Les œuvres de la miséricorde

12 février, 2016

Dans son message  ‘Misericordiae Vultus »

 adressé  aux chrétiens 

pour annoncer « le jubilé extraordinaire de la miséricorde »

le pape François consacre les paragraphes 15 et 16

aux œuvres de miséricorde

corporelles et spirituelles

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Miséricordieux comme le Père, c’est donc la “devise” de l’Année Sainte.

Ouvrir nos cœurs

15. Au cours de cette Année Sainte, nous pourrons faire l’expérience d’ouvrir le coeur à ceux qui vivent dans les périphéries

Ne tombons pas dans l’indifférence qui humilie,  dans l’habitude qui anesthésie l’âme et empêche de découvrir la nouveauté, dans le cynisme destructeur.

Ouvrir les yeux

Ouvrons nos yeux pour voir les misères du monde, les blessures de tant de frères et soeurs privés de dignité, et sentons-nous appelés à entendre leur cri qui appelle à l’aide.

  Ouvrir les mains

Que nos mains serrent leurs mains et les attirent vers nous afin qu’ils sentent la chaleur de notre présence, de l’amitié et de la fraternité.

Entendons les cris

 Que leur cri devienne le nôtre et qu’ensemble, nous puissions briser la barrière d’indifférence qui règne souvent en souveraine pour cacher l’hypocrisie et l’égoïsme.

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J’ai un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté, et de pénétrer toujours davantage le coeur de l’Evangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine.

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oeuvres de miséricorde corporelles 

 La prédication de Jésus nous dresse le tableau de ces oeuvres de miséricorde, pour que nous puissions comprendre si nous vivons, oui ou non, comme ses disciples.

 Redécouvrons les oeuvres de miséricorde corporelles :

 

7-oeuvres-de-misericorde-Te

donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts.

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œuvres de miséricorde spirituelles

 Et n’oublions pas les oeuvres de miséricorde spirituelles :

 conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

Nous ne pouvons pas échapper aux paroles du Seigneur et c’est sur elles que nous serons jugés : aurons-nous donné à manger à qui a faim et à boire à qui a soif ? Aurons-nous accueilli l’étranger et vêtu celui qui était nu ? Aurons-nous pris le temps de demeurer auprès de celui qui est malade et prisonnier ? (cf. Mt 25, 31-45).

 De même

il nous sera demandé si nous avons aidé à sortir du doute qui engendre la peur, et bien souvent la solitude;

si nous avons été capable de vaincre l’ignorance dans laquelle vivent des millions de personnes,

surtout des enfants privés de l’aide nécessaire pour être libérés de la pauvreté,

si nous nous sommes faits proches de celui qui est seul et affligé;

 si nous avons pardonné à celui qui nous offense,

 si nous avons rejeté toute forme de rancoeur et de haine qui porte à la violence,

 si nous avons été patients à l’image de Dieu qui est si patient envers nous;

si enfin, nous avons confié au Seigneur  nos frées et soeurs ,dans la prière 

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 C’est dans chacun de ces « plus petits » que le Christ est présent. Sa chair devient de nouveau visible en tant que corps torturé, blessé, flagellé, affamé, égaré… pour être reconnu par nous, touché et assisté avec soin. N’oublions pas les paroles de Saint Jean de la Croix : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour »

Jésus dit à Nazareth  « L’esprit du Seigneur .. m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur » (Is 61, 1-2). « Une année de bienfaits » : c’est ce que le Seigneur annonce et que nous voulons vivre.

Misericordiae Vultus : La miséricorde chez les juifs et le musulmans

12 février, 2016

Dans son message  ‘Misericordiae Vultus »

 adressé  aux chrétiens 

pour annoncer « le jubilé extraordinaire de la miséricorde »

le pape François rappelle dans le paragraphe 23

que les 3 religions du livre proclament ensemble la miséricorde de Dieu  

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23. La valeur de la miséricorde dépasse les frontières de l’Eglise. Elle est le lien avec le Judaïsme et l’Islam qui la considèrent comme un des attributs les plus significatifs de Dieu.

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Israel

Israël a d’abord reçu cette révélation

Nous l’avons vu, les pages de l’Ancien Testament sont imprégnées de miséricorde, puisqu’elles racontent les oeuvres accomplies par le Seigneur en faveur de son peuple dans les moments les plus difficiles de son histoire.

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L’Islam

L’Islam de son côté, attribue au Créateur les qualificatifs de Miséricordieux et Clément.

On retrouve souvent ces invocations sur les lèvres des musulmans qui se sentent accompagnés et soutenus par la miséricorde dans leur faiblesse quotidienne. Eux aussi croient que nul ne peut limiter la miséricorde divine car ses portes sont toujours ouvertes.

 

Que cette Année Jubilaire, vécue dans la miséricorde, favorise la rencontre avec ces religions et les autres nobles traditions religieuses. Qu’elle nous rende plus ouverts au dialogue pour mieux nous connaître et nous comprendre. Qu’elle chasse toute forme de fermeture et de mépris. Qu’elle repousse toute forme de violence et de discrimination.

Carême 2016 : Message du pape sur les Œuvres de Miséricorde : Qui est Lazare ?

11 février, 2016

Dans son message pour le carême

de « cette « année jubilaire de la miséricorde »

le pape nous parle des œuvres  spirituelles de la miséricorde

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Il faut en partculier être attentif à « la misère » de ceux qui n’ont pas la foi

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Le riche et Lazare

Dans la derniére partie de ce message

 le pape François commente la parabole du riche et de Lazare

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Le pauvre le plus misérable est celui qui n’accepte pas de se reconnaître comme tel.

Le pauvre de la parabole ce n’est pas Lazare

Le pauvre c’est le riche 

 Il croit être riche mais, en réalité, il est le plus pauvre des pauvres.

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C’est un esclave !

parce qu’il est esclave du péché qui le pousse à user de la richesse et du pouvoir non pas pour servir Dieu et les autres, mais pour étouffer en lui l’intime conviction de n’être, lui aussi, rien d’autre qu’un pauvre mendiant.

esclave de sa richesse

esclave de son pouvoir

esclave de son moi

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C’est un aveugle  

Il en vient à ne même plus vouloir voir le pauvre Lazare qui mendie à la porte de sa maison ( Lc 16, 20-21),

Il ne voit pas la lumière du monde

qui est à sa porte

Cette lumiére ,

c’est Lazare

et ce pauvre d’entre les pauvres

c’est le Christ !

 figure du Christ qui, dans les pauvres, mendie notre conversion.

 

lazare

 

Le mendiant c’est le Christ

Le Christ est là

à notre porte

il mendie !

oui il mendie !

il supplie !

notre conversion

« convertissez vous et croyez en l’évangile »

c’est la parole qui est dite à tous les chrétiens

quand il recoit les cendres

au début du caréme

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Lazare est cette opportunité de nous convertir que Dieu nous offre et que peut-être nous ne voyons pas. Cet aveuglement est accompagné d’un délire orgueilleux de toute-puissance, dans lequel résonne, de manière sinistre, ce démoniaque « vous serez comme des dieux » (Gn 3,5), qui est à la racine de tout péché.

Le pauvre c’est celui qui ne croit pas en Dieu

ni en sa miséricorde

Il ne croit qu’en lui même

petit vermisseau !

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C’est un délire

 Un tel délire peut également devenir un phénomène social et politique, comme l’ont montré les totalitarismes du XXe siècle,et comme le montrent actuellement les idéologies de la pensée unique et celles de la technoscience qui prétendent réduire Dieu à l’insignifiance et les hommes à des masses qu’on peut manipuler.et  de nos jours, .. l’idolâtrie de l’argent qui rend indifférent au destin des pauvres … les personnes et les sociétés les plus riches, qui leur ferment les portes, refusant même de les voir.

Pour tous, le Carême de cette Année jubilaire est donc un temps favorable qui permet finalement de sortir de notre aliénation existentielle grâce à l’écoute de la Parole et aux œuvres de miséricorde.

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 Les œuvres de miséricorde

 Si à travers les œuvres corporelles nous touchons la chair du Christ dans nos frères et nos sœurs qui ont besoin d’être nourris, vêtus, hébergés, visités,

 les œuvres spirituelles, quant à elles,    conseiller, enseigner, pardonner, avertir, prier – touchent plus directement notre condition de pécheurs.

C’est pourquoi les œuvres corporelles et les œuvres spirituelles ne doivent jamais être séparées.

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Bienheureux les miséricordieux ..Ils obtiendront miséricorde

 En effet, c’est justement en touchant la chair de Jésus Crucifié dans le plus nécessiteux que le pécheur peut recevoir en don la conscience de ne se savoir lui-même rien d’autre qu’un pauvre mendiant.

 Grâce à cette voie, « les hommes au cœur superbe », « les puissants » et « les riches », dont parle le Magnificat ont la possibilité de reconnaître qu’ils sont, eux aussi, aimés de façon imméritée par le Christ Crucifié, mort et ressuscité également pour eux.

 Cet amour constitue la seule réponse à cette soif de bonheur et d’amour infinis que l’homme croit à tort pouvoir combler au moyen des idoles du savoir, du pouvoir et de l’avoir.

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L’enfer de la solitude

Mais il existe toujours le danger qu’à cause d’une fermeture toujours plus hermétique à l’égard du Christ, qui dans la personne du pauvre continue à frapper à la porte de leur cœur, les hommes au cœur superbe, les riches et les puissants finissent par se condamner eux-mêmes à sombrer dans cet abîme éternel de solitude qu’est l’enfer.

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La foi :Ecoutez

Le Christ  mendie

à notre porte

Le Christ  nous parle

il supplie !

Ecoutez le  !

 C’est alors que résonnent à nouveau, pour eux comme pour nous tous, les paroles ardentes d’Abraham : « Ils ont Moïse et les Prophètes, qu’ils les écoutent ! » (Lc 16,29).

 Cette écoute agissante nous préparera le mieux à fêter la victoire définitive sur le péché et sur la mort de l’Epoux qui est désormais ressuscité.

 Ne laissons pas passer en vain ce temps de Carême favorable à la conversion !

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Bota fe 

C’était dejà le message du pape à Rio en 2013 

Bota fe !

mettez la foi !

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Les vœux du pape François pour 2016 : Vaincre l’indifférence

2 janvier, 2016

L’indifférence constitue une menace pour la famille humaine.Alors que nous nous mettons en marche vers une année nouvelle, je voudrais inviter chacun à reconnaître ce fait, pour vaincre l’indifférence et conquérir la paix.

 

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L’indifférent,  

est celui  ferme le cœur pour ne pas prendre en considération les autres,

celui qui ferme les yeux pour ne pas être touché par les problèmes des autres,

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De nos jours, cette indiffernce a dépassé nettement le domaine individuel  et devient une  « globalisation de l’indifférence 

La première forme d’indifférence dans la société humaine est l’indifférence envers Dieu, dont procède l’indifférence envers le prochain et envers la création.

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Forme d’indifférence  

 Il y a celui qui est bien informé, écoute la radio, …lit les journaux

Il sait mais  garde son regard, sa pensée et son action tournés vers lui-même.

 Malheureusement, nous devons constater que l’augmentation des informations peut entraîner une certaine saturation qui anesthésie

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Il ya ceux qui se satisfont simplement en accusant les pauvres et les pays pauvres de leurs maux,

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il y a ceux qui préfèrent  ne pas s’informer, et vivent leur bien-être et leur confort, sourds au cri de douleur de l’humanité souffrante.

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En vivant dans une maison commune, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur son état de santé, comme j’ai cherché à le faire dans Laudato Si. La pollution des eaux et de l’air, l’exploitation sans discernement des forêts, la destruction de l’environnement, sont souvent le fruit de l’indifférence de l’homme envers les autres, parce que tout est lié

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Dans ces cas, et dans d’autres, l’indifférence provoque surtout une fermeture et un désengagement, et finit ainsi par contribuer à l’absence de paix avec Dieu, avec le prochain et avec la création.

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La paix menacée par l’indifférence globalisée

 « Gloire à Dieu et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » 

il existe un lien intime entre la glorification de Dieu et la paix des hommes sur la terre»

 (on commence par mépriser Dieu. On finit par mépriser l’homme )

L’indifférence envers le prochain, est fille de l’indifférence envers Dieu,

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L’indifférence envers l’autre, envers sa dignité, ses droits fondamentaux et sa liberté, investit le niveau institutionnel, dans une culture imprégnée de profit et d’hédonisme, constitue des menaces à la paix.

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L’indifférence vis-à-vis de l’environnement naturel, qui favorise la déforestation, la pollution et les catastrophes naturelles

 crée de nouvelles pauvretés, qui seront néfastes en termes de sécurité et de paix sociale.

Combien de guerres ont été conduites et combien seront encore faites à cause du manque de ressources ou pour répondre à l’insatiable recherche de ressources naturelles 

 

De l’indifférence à la miséricorde : la conversion du cœur

 

 le-pape-et-les-migrants

 Le Seigneur dit à Caïn : “Où est ton frère Abel ?”. Il répondit : “Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? (Gn 4, 9-10).

Caïn est indifférent envers son frère,

 Quelle tristesse ! Quel drame fraternel, familial, humain !

 Dieu, au contraire, n’est pas indifférent : le sang d’Abel a grande valeur à ses yeux et il demande à Caïn d’en rendre compte.

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Quand plus tard, les fils d’Israël se trouvent en esclavage en Égypte,

Dieu intervient à nouveau. Il dit à Moïse : « J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte.

Dieu observe, il entend, il connaît, il descend, il libère.

Dieu n’est pas indifférent. Il est attentif et il agit.

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Jésus lors de la multiplication des pains dit

 j’ai pitié de cette foule

il n’est pas indifférent

Quand  Lazare meurt , l se laisse émouvoir et il pleure (cf. Jn 11, 33-44).

 Et il agit pour mettre fin à la souffrance, à la tristesse, à la misère et à la mort.

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Jésus nous enseigne à être miséricordieux comme le Père de l’enfant prodigue  

Dans la paraboledu bon samaritain , il dénonce l’omission d’aide devant l’urgente nécessité de ses semblables :

« le scribe le vit et passa outre » .

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La miséricorde est le cœur de Dieu.

un cœur qui bat fort partout où la dignité humaine – reflet du visage de Dieu dans ses créatures – est en jeu.

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. La vérité première de l’Eglise est l’amour du Christ. De cet amour, qui va jusqu’au pardon et au don de soi

l’Eglise doit être un “oasis de miséricorde”» .

. Cela demande la conversion du cœur : c’est-à-dire que la grâce de Dieu transforme notre cœur de pierre en un cœur de chair (cf. Ex 36, 26), capables de s’ouvrir aux autres avec une solidarité authentique.

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 Cela  est beaucoup plus qu’un « sentiment de compassion vague ou d’attendrissement superficiel… La solidarité « est la détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun,

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Promouvoir une culture de solidarité et de miséricorde pour vaincre l’indifférence

 La solidarité, exige un engagement d’une multiplicité de sujets, qui ont une responsabilité de caractère éducatif et formateur.

Au sein des familles

où se vivent et se transmettent les valeurs de l’amour et de la fraternité, de la convivialité et du partage, de l’attention et du soin de l’autre. Elles sont aussi le milieu privilégié pour la transmission de la foi, en commençant par ces simples gestes de dévotion que les mères enseignent à leurs enfants 

Les éducateurs et les formateurs

. Les valeurs de la liberté, du respect réciproque et de la solidarité peuvent être transmises dès le plus jeune âge.

Que chaque structure éducative soit un lieu de dialogue, de cohésion et d’écoute, où le jeune se sente valorisé dans ses propres potentialités et ses richesses intérieures, et apprenne à estimer vraiment ses frères.

Les agents culturels et des moyens de communication sociale

doivent être au  au service de la vérité et non d’intérêts particuliers.

**. 

La paix : fruit d’une culture de solidarité, de miséricorde et de compassion

.Je voudrais rappeler quelques exemples d’engagement louable,

Il y a beaucoup d’organisations non gouvernementales et de groupes caritatifs, à l’intérieur de l’Église et en dehors d’elle, dont les membres, à l’occasion d’épidémies, de calamités ou de conflits armés, affrontent difficultés et dangers pour soigner les blessés et les malades

Je voudrais mentionner les personnes et les associations qui portent secours aux migrants ….

Ma pensée va aux journalistes et aux photographes qui informent l’opinion publique sur les situations difficiles qui interpellent les consciences,.

Dans l’esprit du Jubilé de la miséricorde , chacun est appelé  à reconnaître comment l’indifférence se manifeste dans sa propre vie, et à adopter un engagement concret pour contribuer à améliorer la réalité dans laquelle il vit, à partir de sa propre famille, de son voisinage ou de son milieu de travail.

voir le message complet ICI 

Le pape Léon XIII (1810-1903)

10 décembre, 2015

En 1837   Joachim Pecci  est ordonné prêtre.

Très brillant au cours de ses études

et bien aimé par le pape Grégoire XVI

il est vite nommé à de hautes fonctions

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 En 1838 il devient « prélat pontifical » et  chargé  de remettre de l’ordre à   Bénévént, une enclave pontificale situé dans  le Royaume de Naples puis à Pérouse 

 En 1843, il reçoit la consécration épiscopale et envoyé comme nonce apostolique en Belgique

 en 1846  il semble mis à l’écart de la diplomatie et devient archevêque de Pérouse

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Sous  Pie IX, devenu pape en 1846 

Joachim reste évêque de Pérouse  jusqu’en 1877

en 1877 il est nommé cardinal camerlingue

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Pape

Le 20 Février 1878 il devient pape

Ce fut pour lui une lourde croix

car trop souvent humilié par le nouveau gouvernement Italien

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Un pape charnière entre 2 mondes

entre Pie IX et Pie X

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Pie IX,  proclama « l’immaculée conception »

Léon XIIII écrira  9 encycliques sur Marie

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Pie IX ,présidera le concile de Vatican I

le concile de la « foi » et de l’infaillibilité du pape

Léon XIII fera plusieurs encycliques sur la foi et la grandeur du pape

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Pie IX combattra le modernisme

Léon XIII commence à se méfier de exégètes

et en particulier de Loisy

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Le  pape des encycliques

 

Il écrit  une encyclique  chaque année sur tous les sujets

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la plus célèbre étant   »Rerum novarum »

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Léon XIII se trouve « sans terre »

 dans un monde en pleine évolution

le monde ouvrier 

le monde des Etats anticléricaux

Mais il dura !

il tint bon !

Il meurt à 93 ans

Il est ainsi  le pape le plus âgé

 

 

Léon XIII : Le pape aux multiples encycliques

9 décembre, 2015

Léon XIII

C’est un penseur

un intellectuel

un philosophe

un théologien

un homme cultivé

qui connaît les problèmes de son temps

tout en étant attaché aux sources du passé

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Les encycliques

Aucun pape n’a écrit autant d’encycliques que lui sur tous les sujets

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Sur les études

en 1879  il écrit « Aeterni Patris »

pour encourager  l’enseignement de Saint Thomas dans tous les séminaires

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En 1893  il demande que les clercs soient initiés avec le plus grand soin aux études bibliques et exégétiques dans son encyclique « Providentissimus Deus »

car Loisy commence à enseigner ce qu’on appellera le « modernisme »  condamné plus tard  par Pie X

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Sur la Théologie  

En 1897 un encyclique sur la sainte Trinité

En 1900 sur Jésus rédempteur : »Tamestsi futura »

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En 1902 sur l’Eucharistie

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Sur Marie

Léon XIII fut surnommé «  le pape du rosaire »

Il consacre le mois d’Octobre au rosaire

En 1884  il écrit  « Superiore Anno » sur le rosaire

Entre 1892 et 1898 ,chaque année ,en septembre il écrit  une encyclique sur Marie

Au total il écrivit 11 encycliques sur ce sujet

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Sur l’église

En 1896 îl déclare dans l’encyclique « Apostolicae curae »

à propos des prêtres anglicans devenus catholiques à la suite de Newman

la nullité des ordinations anglicanes.

« Les ordinations faites selon le rite anglican ont été et sont absolument nulles et sans valeur. »

La même année il s’explique dans son encyclique sur l’Eglise « Satis Cognitum »

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La politique

Léon XIII est surtout connu par son engagement en faveur des ouvriers

dans son encyclique « Rerum Novarum » publié en 1891

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En 1885 il écrit son encyclique  « Immortale Dei » sur les relations entre l’Eglise et l’Etat

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En 1890 Léon XIII reprend les mêmes thémes dans ‘Sapientiae chritianae »

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En 1892 ,au grand dam des monarchistes

il invite les catholiques français à se rallier à la  III e république,

avec  l’encyclique  « Au milieu des sollicitudes »  écrite en français

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La franc maçonnerie

Leon XIII ne peut supporter les Francs-maçons

il écrit  contre eux en 1878

puis de nouveau en 1884 « Humanum genus »

et dans  une lettre aux évêques Italiens en 1892,

Il écrit « contre la force ennemi qui à l’instigation et sous l’impulsion de l’esprit du mal n’ a cessé de combattre le nom Chrétien  »

Léon XIII : « Aeterni Patris » sur Thomas d’Aquin

8 décembre, 2015

Léon XIII admire saint Thomas d’Aquin

En 1879 il demanda à tous les évêques de restaurer l’enseignement thomiste dans tous les séminaires

en l’an 2 de son pontificat

dans son encyclique  « Aeterni Patris »   

Le Fils unique du Père éternel, après avoir apparu sur la terre pour apporter au genre humain le salut ainsi que la lumière de la divine sagesse, procura au monde un immense et admirable bienfait quand, sur le point de remonter aux cieux, il enjoignit aux Apôtres d’aller et d’enseigner toutes les nations (1), et laissa, pour commune et suprême maîtresse de tous les peuples, l’Eglise qu’il avait fondée.

 la Philosophie

Ce n’est pas vainement que Dieu a fait luire dans l’esprit humain la lumière de la raison; et tant s’en faut que la lumière surajoutée de la foi éteigne ou amortisse la vigueur de l’intelligence; au contraire, elle la perfectionne, et, en augmentant ses forces, la rend propre à de plus hautes spéculations.

La philosophie, entendue dans le vrai sens où l’ont prise les sages, a la vertu de frayer et d’aplanir en quelque sorte le chemin qui mène à la foi véritable, en disposant convenablement l’esprit de ses disciples à accepter la révélation

  Ainsi, un premier fruit de la raison humaine, fruit grand et précieux entre tous, c’est la démonstration qu’elle nous donne de l’existence de Dieu : car, par la magnificence et la beauté de la créature, le Créateur de ces choses pourra être vu d’une manière intelligible .

  La raison nous montre ensuite l’excellence singulière de ce Dieu qui réunit toutes les perfections,une sagesse infinie, à laquelle rien ne peut échapper, et une souveraine justice contre laquelle aucune disposition vicieuse ne peut prévaloir ;

 Elle nous fait comprendre ainsi que, non seulement Dieu est véridique, mais qu’il est la vérité même, ne pouvant ni se tromper ni tromper.

 La raison nous déclare que, dès son origine, la doctrine évangélique a brillé de signes merveilleux, arguments certains d’une vérité certaine; c’est pourquoi ceux qui ajoutent foi à l’Evangile, ne le font point témérairement, comme s’ils s’attachaient à des fables spécieuses mais ils soumettent leur intelligence et leur jugement à l’autorité divine par une obéissance entièrement conforme à la raison.

  On ne peut dédaigner la connaissance plus exacte de nos croyances, et l’intelligence un peu plus nette,  des mystères eux-mêmes de la foi.

  le Concile du Vatican  l’a fortement déclaré :Cette connaissance et cette intelligence, sont acquises plus abondamment et plus facilement, par ceux  qui, ont des mœurs intègres et une profonde foi 

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La foi et la raison   

L’Eglise elle-même, non seulement conseille, mais ordonne aux Docteurs chrétiens d’appeler à leur aide la philosophie.

 Mais, pour que la philosophie se trouve en état de porter les fruits précieux que nous venons de rappeler, il faut, à tout prix, que jamais elle ne s’écarte du sentier suivi dans l’antiquité par le vénérable cortège des saints Pères, et que naguère le concile du Vatican approuvait solennellement de son autorité.

  C’est-à-dire que, puisque le plus grand nombre des vérités de l’ordre surnaturel, objet de notre foi, surpassent de beaucoup les forces de toute intelligence, la raison humaine, connaissant son infirmité, doit se garder de prétendre plus haut qu’elle ne peut, ou de nier ces mêmes vérités, ou de les mesurer à ses propres forces, ou de les interpréter selon son caprice; elle doit plutôt les recevoir d’une foi humble et entière,

 Sil s’agit de ces points de doctrine que l’intelligence humaine peut saisir par ses forces naturelles,il est juste, sur ces matières, de laisser à la philosophie sa méthode, ses principes et ses arguments, 

Unir donc l’étude de la philosophie avec la soumission à la foi chrétienne, c’est se montrer excellent philosophe ;car la splendeur des vérités divines, en pénétrant l’âme, vient en aide à l’intelligence elle-même, et, loin de lui rien ôter de sa dignité, accroît considérablement sa noblesse, sa pénétration, sa solidité. 

 C’est  avec raison que le Concile du Vatican célèbre en ces termes les précieux avantages procurés à la raison par la foi: «  La foi délivre de l’erreur la raison et la prémunit contre elle et la dote de connaissances variées . »

 Par conséquent, l’homme, s’il est sage, ne doit pas accuser la foi d’être l’ennemie de la raison et des vérités naturelles; mais il doit plutôt rendre à Dieu de dignes actions de grâces, et se féliciter grandement de ce que, parmi tant de causes d’ignorance et au milieu de cet océan d’erreurs, la très sainte lumière de la foi brille à ses yeux, et, comme un astre bienfaisant, lui montre, à l’abri de tout péril d’erreur, le port de la vérité.

C’est du Newmann tout craché !

Il n’est donc pas étonnant que Léon XIII fit de Newman un cardinal en 1879 ,en même temps que la publication de cette  cette encyclique

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Les pères de l’eglsie 

.Au premier rang de ces apologistes, nous rencontrons le martyr saint Justin

A la même époque, Quadratus et Aristide, Hermias et Athénagore suivirent avec succès la même voie.- Cette cause suscita un défenseur non moins illustre dans la personne de l’invincible martyr Irénée, pontife de l’Eglise de Lyon;

 Tout le monde connaît les controverses soutenues par Clément d’Alexandrie, au sujet desquelles saint Jérôme s’écrie avec admiration : Que peut-on y trouver de faible ? Qu’y a-t-il qui ne sorte du cœur même de la philosophie ?

  Les écrits que le grand Athanase, et Chrysostome, le prince des orateurs, nous ont laissés sur l’âme humaine, les divins attributs et d’autres questions de souveraine importance, sont, au jugement de tous, d’une telle perfection qu’il semble impossible de rien désirer de plus riche et de plus profond.

 Nous ajouterons cependant aux grands hommes que nous avons nommés Basile le Grand ainsi que les deux Grégoire.

 Mais la palme semble appartenir entre tous à saint Augustin, ce puissant génie qui, pénétré à fond de toutes les sciences divines et humaines, armé d’une foi souveraine, d’une doctrine non moins grande, combattit sans défaillance toutes les erreurs de son temps.

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Saint  Thomas d’Aquin

Ensuite, les Docteurs du moyen âge, connus sous le nom de scolastiques, viennent entreprendre une œuvre colossale …Entre tous les docteurs scolastiques, brille, d’un éclat sans pareil leur prince et maître à tous, Thomas d’Aquin, lequel, ainsi que le remarque Cajetan, pour avoir profondément vénéré les Saints Docteurs qui l’ont précédé, a hérité en quelque sorte de l’intelligence de tous

  Thomas recueillit leurs doctrines, comme les membres dispersés d’un même corps; il les réunit, les classa dans un ordre admirable, et les enrichit tellement, qu’on le considère lui-même, à juste titre, comme le défenseur spécial et l’honneur de l’Eglise.

 Et, ici, c’est avec un extrême plaisir que l’esprit se reporte à ces écoles et ces académies célèbres et jadis si florissantes de Paris, de Salamanque, d’Alsace, de Douai, de Toulouse, de Louvain, de Padoue, de Bologne, de Naples, de Coïmbre, et d’autres en grand nombre.

 Pour ces faits et ces motifs, , Nous jugeons que ç’a été une témérité de n’avoir continué, ni en tous temps, ni en tous lieux, à lui rendre l’honneur qu’il mérite:

 A la place de la doctrine ancienne, un nouveau genre de la philosophie s’est introduit çà et là, et n’a point porté les fruits désirables et salutaires que l’Eglise et la société civile elle-même eussent souhaités. Sous l’impulsion des novateurs du XVIe siècle, on se prit à philosopher sans aucun égard pour la foi et l’on s’accorda mutuellement pleine licence de laisser aller sa pensée selon son caprice et son génie.

  Il en résulta tout naturellement que les systèmes de philosophie se multiplièrent outre mesure, et que des opinions diverses, contradictoires, se firent jour, même sur les objets les plus importants des connaissances umaines. De la multitude des opinions on arriva facilement aux hésitations et au doute: or, du doute à l’erreur, qui ne le voit ? la chute est facile.

 Rien ne Nous est plus à cœur, que de voir la jeunesse studieuse puiser aux  eaux très pures de la sagesse, telles que le docteur angélique les répand en flots pressés et intarissables.

 Plusieurs motifs provoquent en Nous cet ardent désir. En premier lieu, comme à notre époque la foi chrétienne est journellement en butte aux manœuvres et aux ruses d’une certaine fausse sagesse, il faut que tous les jeunes gens, ceux particulièrement dont l’éducation est l’espoir de l’Eglise, soient nourris d’une doctrine substantielle et forte, afin que, pleins de vigueur et revêtus d’une armure complète, ils s’habituent de bonne heure à défendre la religion avec vaillance et sagesse, prêts, selon l’avertissement de l’Apôtre, à rendre raison à quiconque le demande, de l’espérance qui est en nous  ainsi qu’à exhorter, dans une doctrine saine, et à convaincre ceux qui y contredisent

  Ensuite, un grand nombre de ceux qui, éloignés de la foi, haïssent les principes catholiques, prétendent ne connaître d’autre maître et d’autre guide que la raison.L’immense péril dans lequel la contagion des fausses opinions a jeté la famille et la société civile est pour nous tous évident.

 Certes, l’une et l’autre jouiraient d’une paix plus parfaite et d’une sécurité plus grande si, dans les académies et les écoles, on donnait une doctrine plus saine et plus conforme à l’enseignement de l’Eglise, une doctrine telle qu’on la trouve dans les œuvres de Thomas d’Aquin.

  Ce que saint Thomas nous enseigne sur la vraie nature de la liberté, qui de nos temps, dégénère en licence, sur la divine origine de toute autorité, sur les lois et leur puissance, sur le gouvernement paternel et juste des souverains, sur l’obéissance due aux puissances plus élevées, sur la charité mutuelle qui doit régner entre tous les hommes ;

 Ce qu’il nous dit sur ces sujets et autres du même genre, a une force immense, invincible, pour renverser tous ces principes du droit nouveau, pleins de dangers, on le sait, pour le bon ordre et le salut public.

 Nous Vous exhortons, Vénérables Frères, de la manière la plus pressante,, à remettre en vigueur et à propager le plus possible la précieuse doctrine de saint Thomas 

Léon XIII :Immortale Dei :(partie 1). l’Eglise et l’Etat

7 décembre, 2015

en 1830 Lamennais ,dans le journal l’Avenir

réclame la séparation de l’Eglise et de l’Etat

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Puis toute l’histoire catholique du 19é siècle fut envenimée par la question Romaine

ce fut le calvaire de Pie IX qui se retrouve renfermé au Vatican par le nouveau royaume italien

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Ce fut la souffrance continuelle de Léon XIII sans cesse humilié par le nouvel étât

c’est pourquoi en la 7é année de son pontificatle

le 1 Novembre 1885

Léon XIII donne une sorte de charte politique de l’église catholique 

avec son encyclique» « Immortale Dei » 

Oeuvre immortelle du Dieu de miséricorde, l’Eglise, bien qu’en soi et de sa nature elle ait pour but le salut des âmes et la félicité éternelle, est cependant, dans la sphère même des choses humaines, la source de tant et de tels avantages qu’elle n’en pourrait procurer de plus nombreux et de plus grands, lors même qu’elle eût été fondée surtout et directement en vue d’assurer la félicité de cette vie.

 Partout, en effet, où l’Eglise a pénétré, elle a immédiatement changé la face des choses et imprégné les moeurs publiques non seulement de vertus inconnues jusqu’alors, mais encore d’une civilisation toute nouvelle. Tous les peuples qui l’ont accueillie se sont distingués par la douceur, l’équité et la gloire des entreprises.

L’Etat

En premier  lieu ,le pouvoir public ne peut venir que de Dieu.Dieu seul, en effet, est le vrai et souverain Maître des choses;

Donc les chefs d’Etat doivent absolument avoir le regard fixé sur Dieu, souverain Modérateur du monde, et, dans l’accomplissement de leur mandat, le prendre pour modèle et règle. Ils doivent être juste car l’autorité de Dieu sur les hommes est très juste et se trouve unie à une paternelle bonté. Il doit, d’ailleurs, s’exercer pour l’avantage des citoyens, parce que ceux qui ont autorité sur les autres en sont exclusivement investis pour assurer le bien public.

 L’autorité civile ne doit servir, sous aucun prétexte, à l’avantage d’un seul ou de quelques-uns, puisqu’elle a été constituée pour le bien commun

Les sociétés politiques ne peuvent sans crime se conduire comme si Dieu n’existait en aucune manière, ou se passer de la religion comme étrangère et inutile,  ou en admettre une indifféremment selon leur bon plaisir.

Quant à décider quelle religion est la vraie, cela n’est pas difficile à quiconque voudra en juger avec prudence et sincérité..

L’Eglise

Le Fils unique de Dieu a établi sur la terre une société qu’on appelle l’Eglise, et il l’a chargée de continuer à travers tous les âges la mission sublime et divine que lui-même avait reçue de son Père.

 « Comme mon Père m’a envoyé, moi je vous envoie »

 De même  que Jésus-Christ est venu sur la terre afin que les hommes eussent la vie et l’eussent plus abondamment  ainsi l’Eglise se propose comme fin le salut éternel des âmes; et dans ce but,

« Prêchez l’Evangile à toute créature »

A cette immense multitude d’hommes, Dieu lui-même a donné des chefs avec le pouvoir de les gouverner. A leur tête il en a préposé un seul dont il a voulu faire le plus grand et le plus sûr maître de vérité, et à qui il a confié les clés du royaume des cieux.

« Je te donnerai les clés du royaume des cieux ».

 Bien que composée d’hommes comme la société civile, cette société de l’Église, soit pour la fin qui lui est assignée, soit pour les moyens qui lui servent à l’atteindre, est surnaturelle et spirituelle.

L’église et l’Etat

Comme la fin à laquelle tend l’Eglise est de beaucoup la plus noble de toutes, de même son pouvoir l’emporte sur tous les autres et ne peut en aucune façon être inférieur, ni assujetti au pouvoir civil

C’est donc à l’Eglise, non à l’Etat, qu’il appartient de guider les hommes vers les choses célestes,

 Dieu a donc divisé le gouvernement du genre humain entre deux puissances:la puissance ecclésiastique et la puissance civile;Celle-là préposée aux choses divines, celle-ci aux choses humaines.Chacune d’elles en son genre est souveraine ;Chacune est renfermée dans des limites parfaitement déterminées et tracées en conformité de sa nature et de son but spécial.L’une a pour fin prochaine et spéciale de s’occuper des intérêts terrestres,et l’autre de procurer les biens célestes et éternels.

Tout ce qui dans les choses humaines est sacré à un titre quelconque,  tout ce qui touche au salut des âmes et au culte de Dieu, soit par sa nature, soit par rapport à son but,  tout cela est du ressort de l’autorité de l’Eglise.

Quant aux autres choses qu’embrasse l’ordre civil et politique, il est juste qu’elles soient soumises à l’autorité civile, puisque Jésus-Christ a dit  Rendez à  César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu

Nostalgie !

Il fut un temps où la philosophie de l’Evangile gouvernait les Etats. A cette époque, l’influence de la sagesse chrétienne et sa divine vertu pénétraient les lois, les institutions, les moeurs des peuples, tous les rangs et tous les rapports de la société civile

 Alors la religion instituée par Jésus-Christ, solidement établie dans le degré de dignité qui lui est dû, était partout florissante, Alors le sacerdoce et l’empire étaient liés entre eux par une heureuse concorde et l’amical échange de bons offices.

Si l’Europe chrétienne a dompté les nations barbares et les a fait passer de la férocité à la mansuétude, de la superstition à la vérité;

si elle a repoussé victorieusement les invasions musulmanes,

si elle a gardé la suprématie de la civilisation,

et si, en tout ce qui fait honneur à l’humanité,

elle s’est constamment et partout montrée guide et maîtresse;

si elle a gratifié les peuples de sa vraie liberté sous ces diverses formes;

si elle a très sagement fondé une foule d’oeuvres pour le soulagement des misères,

il est hors de doute qu’elle en est grandement redevable à la religion,

sous l’inspiration et avec l’aide de laquelle elle a entrepris et accompli de si grandes choses.

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 Tous ces biens dureraient encore, si l’accord des deux puissances avait persévéré,

‘Yves de Chartres écrivit au pape Pascal II : «  Quand l’empire et le sacerdoce vivent en bonne harmonie, le monde est bien gouverné, l’Eglise est florissante et féconde. Mais quand la discorde se met entre eux, non seulement les petites choses ne grandissent pas, mais les grandes elles-mêmes dépérissent misérablement. »

La séparation de l’Eglise et de l’Etat eut lieu en France en 1905

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Dans la  Deuxième partie de son encyclique 

Léon XIII critique certaines idées nouvelles répandues par les philosophes et les republicains

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Léon XIII :Immortale Dei :(Partie 2). Les nouvelles puissances politiques

6 décembre, 2015

Après avoir défini  le rôle de l’église et de l’Etat

dans la première partie de son encyclique « Immortale Dei » ,publié en 1885

Léon XIII parle des idées nouvelles véhiculées par les nouveaux régimes

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Il semble s’adresser d’abord à la France devenue depuis 1879 une république nettement anticléricale

Gambetta avait déclaré la guerre

« le cléricalisme voilà l’ennemi »

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Léon XIII  répond

Ce pernicieux et déplorable goût de nouveautés que vit naître le XVIe siècle, après avoir d’abord bouleversé la religion chrétienne, bientôt par une pente naturelle passa à la philosophie, et de la philosophie à tous les degrés de la société civile.

C’est à cette source qu’il faut faire remonter ces principes modernes de liberté effrénée rêvés et promulgués parmi les grandes perturbations du siècle dernier, comme les principes et les fondements d’un droit nouveau, inconnu jusqu’alors, et sur plus d’un point en désaccord, non seulement avec le droit chrétien, mais avec le droit naturel.

Liberté

Voici le premier de tous ces principes: tous les hommes, dès lors qu’ils sont de même race et de même nature, sont semblables, et, par le fait, égaux entre eux dans la pratique de la vie ; chacun relève si bien de lui seul, qu’il n’est d’aucune façon soumis à l’autorité d’autrui :

il peut en toute liberté penser sur toute chose ce qu’il veut, faire ce qu’il lui plaît ;personne n’a le droit de commander aux autres.

Démocratie 

Dans une société fondée sur ces principes, l’autorité publique n’est que la volonté du peuple, lequel, ne dépendant que de lui-même, est aussi le seul à se commander. Il choisit ses mandataires, mais de telle sorte qu’il leur délègue moins le droit que la fonction du pouvoir pour l’exercer en son nom.

 La souveraineté de Dieu est passée sous silence, exactement comme si Dieu n’existait pas, ou ne s’occupait en rien de la société du genre humain ;

L’origine de la puissance publique doit s’attribuer à Dieu, et non à la multitude

Laïcité 

Comme si les hommes, soit en particulier, soit en société, ne devaient rien à Dieu,il s’ensuit que l’Etat ne se croit lié à aucune obligation envers Dieu, ne professe officiellement aucune religion,n’est pas tenu de rechercher quelle est la seule vraie entre toutes,qu’il doit leur attribuer à toutes l’égalité en droit,à cette fin seulement de les empêcher de troubler l’ordre public.

Par conséquent, chacun sera libre de se faire juge de toute question religieuse, chacun sera libre d’embrasser la religion qu’il préfère, ou de n’en suivre aucune si aucune ne lui agrée.

 Là, où la pratique est d’accord avec de telles doctrines, la religion catholique est mise dans l’Etat sur le pied d’égalité, ou même d’infériorité, avec des sociétés qui lui sont étrangères.

Il n’est plus  tenu nul compte des lois ecclésiastiques: L‘Eglise, qui a reçu de Jésus-Christ ordre et mission d’enseigner toutes les nations, se voit interdire toute ingérence dans l’instruction publique.

.. ils font ressortir à leur juridiction les mariages des chrétiens; portent des lois sur le lien conjugal, son unité, sa stabilité;mettent la main sur les biens des clercs et dénient à l’Eglise le droit de posséder.

En somme, ils traitent l’Eglise comme si elle n’avait ni le caractère, ni les droits d’une société parfaite, et qu’elle fût simplement une association semblable aux autres qui existent dans l’Etat.

Dans les Etats où la législation civile laisse à l’Eglise son autonomie, et où un concordat public est intervenu entre les deux puissances, d’abord on crie qu’il faut séparer les affaires de l’Eglise des affaires de l’Etat, et cela dans le but de pouvoir agir impunément contre la foi jurée et se faire arbitre de tout, en écartant tous les obstacles.

Ainsi, dans cette situation politique que plusieurs favorisent aujourd’hui, il y a tendance des idées et des volontés à chasser tout à fait l’Eglise de la société, ou à la tenir assujettie et enchaînée à l’Etat.

Quant à la souveraineté du peuple, que, sans tenir aucun compte de Dieu, l’on dit résider de droit naturel dans le peuple, si elle est éminemment propre à flatter et à enflammer une foule de passions, elle ne repose sur aucun fondement solide et ne saurait avoir assez de force pour garantir la sécurité publique et le maintien paisible de l’ordre.

l’opinion prévaut que les chefs du gouvernement ne sont plus que des délégués chargés d’exécuter la volonté du peuple : d’où cette conséquence nécessaire que tout peut également changer au gré du peuple et qu’il y a toujours à craindre des troubles.

Liberté de penser

De même, la liberté de penser et de publier ses pensées, soustraite à toute règle, n’est pas de soi un bien dont la société ait à se féliciter; mais c’est plutôt la source et l’origine de beaucoup de maux.

car il n’est pas permis de mettre au jour et d’exposer aux yeux des hommes ce qui est contraire à la vertu et à la vérité, et bien moins encore de placer cette licence sous la tutelle et la protection des lois.

Une société sans religion ne saurait être bien réglée; La vraie maîtresse de la vertu et la gardienne des moeurs est l’Eglise du Christ.

Ces doctrines, que la raison humaine réprouve et qui ont une influence si considérable sur la marche des chose publiques, les Pontifes romains, nos prédécesseurs, dans la pleine conscience de ce que réclamait d’eux la charge apostolique, n’ont jamais souffert qu’elle fussent impunément émises

 Pie IX, chaque fois que l’occasion s’en présenta, a condamné les fausses opinions les plus en vogue, et ensuite il en fit faire un recueil, afin que, dans un tel déluge d’erreurs, les catholiques eussent une direction sûre .

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Léon XIII

Le pape qui écrira « Rérum Novarum »  en 1891 nous étonne

Il semble  ici vraiment retro dans certaines de ses affirmations

On dirait le Syllabus

On dirait « quanta cura » de Pie IX

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En fait, il réagit contre les anticléricaux de France 

On l’attaque

il attaque

mais ensuite , dans une  3é partie de son encyclique il est beaucoup plus nuancé 

en tenant compte de la situation politique en Italie  

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Léon XIII :Immortale Dei :(Partie 3). Un jugement modéré sur la modernité

5 décembre, 2015

Dans la  Deuxième partie de son encyclique  Immortale Dei

Léon XIII critique les idées nouvelles répandues par les philosophes et les républicains

Dans la troisième partie  il  modère ses jugements 

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La démocratie

On ne réprouve pas en soi que le peuple ait sa part plus ou moins grande au gouvernement ;Cela en certains temps et sous certaines lois,peut devenir non seulement un avantage, mais un devoir pour les citoyens.

La Liberté  

On ne peut  accuser l’Eglise d’être l’ennemie soit d’une juste tolérance,soit d’une saine et légitime liberté  En effet, si l’Eglise juge qu’il n’est pas permis de mettre les divers cultes sur le même pied légal que la vraie religion, elle ne condamne pas pour cela les chefs d’Etat qui, en vue d’un bien à atteindre, ou d’un mal à empêcher, tolèrent dans la pratique que ces divers cultes aient chacun leur place dans l’Etat.

C’est d’ailleurs la coutume de l’Eglise de veiller avec le plus grand soin à ce qu’une personne ne pas soit forcé d’embrasser la foi catholique contre son gré,car ainsi que l’observe sagement saint Augustin, l’homme ne peut croire que de plein gré .

Par la même raison, l’Eglise ne peut approuver une liberté qui engendre le dégoût des plus sainte lois de Dieu et secoue l’obéissance qui est due à l’autorité légitime.

 C’est là plutôt une licence qu’une liberté, Bien plus, cette prétendue liberté, étant opposée à la raison, est une véritable servitude. Celui qui commet le péché est l’esclave du péché 

Celle-là, au contraire, est la liberté vraie et désirable qui, dans l’ordre individuel, ne laisse l’homme esclave ni des erreurs, ni des passions qui sont ses pires tyrans ; et dans l’ordre public trace de sages règles aux citoyens, facilite largement l’accroissement du bien-être et préserve de l’arbitraire d’autrui la chose publique. Cette liberté honnête et digne de l’homme, l’Eglise l’approuve au plus haut point, et, pour en garantir aux peuples la ferme et intégrale jouissance, elle n’a jamais cessé de lutter et de combattre.

 Oui, en vérité, tout ce qu’il peut y avoir de salutaire au bien en général dans l’Etat; tout ce qui est utile à protéger le peuple contre la licence des responsables  qui ne pourvoient pas à son bien,tout ce qui empêche les empiétements injustes de l’Etat sur la commune ou la famille;tout ce qui intéresse l’honneur, la personnalité humaine et la sauvegarde des droits égaux de chacun,tout cela, l’Eglise catholique en a toujours pris soit l’initiative, soit le patronage, soit la protection, comme l’attestent les monuments des âges précédents.

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 L’église sait évoluer

L’eglise embrasse de grand coeur les progrès que chaque jour fait naître,si vraiment ils contribuent à la prospérité de cette vie, ..Dire que l’Eglise voit de mauvais oeil les formes plus modernes des systèmes politiques et repousse en bloc toutes les découvertes du génie contemporain,c’est une calomnie vaine et sans fondement.

l’Eglise accueillera toujours volontiers et avec joie tout ce qui contribuera à élargir la sphère des sciences; et, ainsi qu’elle l’a toujours fait pour les autres sciences, elle favorisera et encouragera celles qui ont pour objet l’étude de la nature. En ce genre d’études, l’Eglise ne s’oppose à aucune découverte de l’esprit; elle voit sans déplaisir tant de recherches qui ont pour but l’agrément et le bien-être; et même, ennemie-née de l’inertie et de la paresse, elle souhaite grandement que l’exercice et la culture fassent porter au génie de l’homme des fruits abondants.

 Elle a des encouragements pour toute espèce d’arts et d’industries, et en dirigeant par sa venu toutes ces recherches vers un but honnête et salutaire, elle s’applique à empêcher que l’intelligence et l’industrie de l’homme ne le détournent de Dieu et des biens célestes.

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Faire de la politique ?

Depuis 1868

le pape Pie IX avait interdit aux catholiques Italiens

de participer  aux élections du royaume d’Italie

par un décret « non expédit »(=  il ne convient pas)

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Léon XIII  est donc embarrassé car il lui semble nécessaire de garder cette décision pour pouvoir exiger  un certain pouvoir temporel .

Mais il recommande aux catholiques Italiens de s’engager au niveau des municipalités 

Tous les catholiques  doivent, en outre, aimer l’Eglise comme leur Mère commune, obéir à ses lois, pourvoir à son honneur,… Il importe aussi  au salut public que les catholiques prêtent sagement leur concours à l’administration des affaires municipales, et s’appliquent surtout à faire en sorte que l’autorité publique pourvoie à l’éducation religieuse et morale de la jeunesse, comme il convient à des chrétiens: de là dépend surtout le salut de la société.

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Puis Léon XIII s’adresse aux autres nations

 Il sera généralement utile et louable que les catholiques étendent leur action au delà des limites de ce champ trop restreint et abordent les grandes charges de l’Etat.

 Généralement, disons-Nous, car ici Nos conseils s’adressent à toutes les nations. Du reste, il peut arriver quelque part que, pour les motifs les plus graves et les plus justes, il ne soit nullement expédient de participer aux affaires et d’accepter les fonctions de l’Etat. 

Mais généralement, comme Nous l’avons dit, refuser de prendre aucune part aux affaires publiques serait aussi répréhensible que de n’apporter à l’utilité commune ni soin ni concours ;

Il est donc évident que les catholiques ont de justes motifs d’aborder la vie politique; car ils le font et doivent le faire non pour approuver ce qu’il peut y avoir de blâmable présentement dans les institutions politiques, mais pour tirer de ces institutions mêmes, autant que faire se peut, le bien public sincère et vrai, en se proposant d’infuser dans toutes les veines de l’Etat, comme une sève et un sang réparateur, la vertu et l’influence de la religion catholique.

Ainsi fut-il fait aux premiers âges de l’Eglise..

De la sorte, ils introduisirent rapidement les institutions chrétiennes non seulement dans les foyers domestiques, mais dans les camps, la Curie, et jusqu’au palais impérial.

Dans les temps où nous sommes, il y a tout lieu de renouveler ces exemples de nos pères. Avant tout, il est nécessaire que tous les catholiques dignes de ce nom se déterminent à être et à se montrer les fils très dévoués de l’Eglise; qu’ils repoussent sans hésiter tout ce qui serait incompatible avec cette profession; qu’ils se servent des institutions publiques, autant qu’ils le pourront faire en conscience, au profit de la vérité et de la justice;

 

Dernières recommandations

Il faut se garder ou d’être en quoi que ce soit de connivence avec les fausses opinions,ou de les combattre plus mollement que ne le comporte la vérité.

S’il s’agit de questions purement politiques,du meilleur genre de gouvernement, tel ou tel système d’administration civile,des divergences honnêtes sont permises.

La justice ne souffre donc pas que l’on fasse un crime à des hommes dont la piété est d’ailleurs connue,

 Dans un accord unanime des esprits et des coeurs, tous doivent poursuivre le but commun, qui est de sauver les grands intérêts de la religion et de la société. 

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