Archive pour la catégorie 'Afrique par pays'

Souleymane Bachir Diagne (né en 1955 )

12 janvier, 2019

Sa biographie

Né à Saint-Louis en 1955, formé à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, spécialiste de l’algèbre de Boole et de logique, Souleymane Bachir Diagne  est professeur à l’université Columbia de New York

En 2004, un dossier du Nouvel Observateur le retient dans sa sélection des « 25 grands penseurs du monde entier ».
En 2007, il figure parmi « les 100 personnalités qui font l’Afrique », selon l’hebdomadaire « jeune afrique ».

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La philosophie Bantoue

en 2000 il écrit un article dans la revue politique africaien n  77  

« Revisiter la philosophie bantoue » à partir du livre de Tempels

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Comment philosopher en Islam ?

Souleymane Bachir Diagne est l’un des penseurs africains les plus éminents de l’islam et de ses Lumières.

en 2008  il explique dans son ouvrage « Comment  Philosopher en islam »« ( éd. Jimsaan,)  que le débat pour un islam ouvert et philosophique a toujours existé.

 Il est même plus que jamais « vital que la pensée en islam mette en avant  un esprit critique et le pluralisme ».

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en 2008 conférence au collège de France

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 En 2012 la postface pour un luvre sur Tombouctou 

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L’encre des savants

en 2013

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certes l’oralité en Afrique est primordial

et le rôle des griots est important  

mais il  existe aussi des écrits…à Tombouctou …et ailleurs

On reproche au langues africaines d’ignorer les idées abstraites

et pourtant les sculptures africaines sont bien souvent « abstraites »

Quant à la démocratie   ..n’y avait il pas la culture des palabres ….

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en 2014 il est interviewé par  Nadia Kisikidi

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2018 il publie « en quête d’afrique »  

batisoosns un monde qui ne soit plus centré sur l’Europe

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Conférence à Montréal sur la Tidjaniya 

Souleymane  fait parti de la confrérie « La Tidjaniya » qui a été fondée à la fin du xviii e siècle à Fez  par Ahmed al-Tijani (1737-1815)

c’est à ce titre qu’il a été invite  à la conférence de Montreal

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En septembre 2018

lors d’une conférence  sur « le comment vivre ensemble » et l’universalité qui eut lieu à Montreal

Souleymane parle  de nouveau du pluralisme

le pluralisme c’est la reconnaissance de l’autre..

… ce pluralisme existe dans la religion de l’islam

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Souleymane Bachir Diagne :Revisiter la philosophie bantoue

10 janvier, 2019

 Dans la revue  « politique africaine »  n° 77 publié en 2000 ,Souleymane Diagne  revisite le célèbre livre du Père Placide Tempels  sur la « la philosophie bantoue »

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Les langues

les langues ont elles de l’influence dans la philosophie des peuples  ?

Est-ce que chaque langue  nous enferme dans un système de pensée irréductible ( p 44)

Le père  Tempels  cite un auteur qui avait déclaré a propos des africains    

« leur langue n’est pas  comme la nôtre ; Ils parlent d’une manière tellement concrète ,en des mots qui se rapportent immédiatement aux choses mêmes Ces peuples parlent ‘ontologiquement »

A ce propos Cheick Anta Diop  a cru devoir apporter la preuve que l’on pouvait traduire en langue wolof aussi bien de la physique théorique   que la marseillaise

on s’avisera utilement  que chaque langue a son génie propre  (p 50)

Souleynane Diagne  avait placé en exergue au début se son article une citation de Nietzsche

«  L’étrange air de famille  qu’ont entre elles toutes les philosophes hindoues ,grecques, allemandes s’explique assez simplement .Dès qu’il ya parenté linguistique ,en effet ,il est inévitable qu’en vertu d’une commune philosophie grammaticale ,les mêmes fonctions grammaticales  exercent dans l’inconscient leur empire et leur direction » (Nietzsche) 

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L’Ethnophilosophie 

Soulaymane remarque

la démarche du père Tempels est apparue comme le paradigme même d’une démarche ethnophilosophique  et critique au nom de ce qu’on appelle la philosophie

 Le « muntu » ,l’être humain , est vivant et fort de ses liens  à la divinité ,à son clan ,à sa famille, à ses descendants  comme il est fort et vivant de son patrimoine  et de sa terre ,de ce qu’elle porte …  de « la force vitale » qu’elle constitue

 Pour un africain , son « nom » est très important car ce nom définit sa personne  et il est le seul à connaître ce nom  ,(comme d’ailleurs pour les hébreux de l’ancien testament)    

Souleymane Bachir Diagne : Les manuscrits de Tombouctou

8 janvier, 2019

En  2012  JM Djian a publié un livre magnifique sur « les manuscrits de  Tombouctou

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Souleymane Bachir Diagne  dans une courte postface écrit  

Dans son célèbre poème « prière pour la paix » Léopold Sédar Senghor écrit 

Les chrétiens ,abjurant Ta lumière et la mansuétude de ton cœur

ont éclairés leurs bivouacs avec mes parchemins

torturés mes talibés déportés , mes docteurs et mes maitres de science

(Senghor)

 

Il est faux que l’Afrique soit tout naturellement  comme par essence une civilisation de l’oralité  

Il ne faut pas oublier que l’arrivée de l’Islam sur le continent noir, dès les premiers siècles de l’hégire,  a signifié l’introduction du Coran dans ces régions …

Bien entendu l’écriture se fera  d’abord en langue arabe ..

plus tard, progressivement  se développera aussi  une littérature en langues africaines endogènes ,parfois profane ,écrite en caractères arabes  

 

En introduction du livre ,il est écrit  

on trouve à Tombouctou 100.000 manuscrits

Dans la  région de Tombouctou ont  en trouve plus de 300000 

des milliers de  famille détiennent chez elles,  depuis plusieurs générations,  quantités de manuscrits dans des cantines rouillées entreposées dans leur grenier  

Dans un périmètre plus large qui couvre  une parti du Niger et qui s’étend de Walata à Gao en passant par Djenné et Segou ,des historiens  maliens évaluent à près de 900.000 le nombre de ces manuscrits  écrits et recopiés depuis le XIII   

 

Parmi les vieux  livres d’histoire de Tombouctou citons   

le Tarik el  soudan

et le Tarik el Fettach du 17é siècle sur l’histoire de l’empire Songhaï

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Mudimbe V.Y écrivain philosophe congolais né en 1941

7 janvier, 2019

 

Avant tout philosophe

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Mudimbe  a écrit aussi des romans

 en 1973  « entre les eaux »

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en 1976  « le bel immonde »

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puis il s’investit davantage  en portant des jugements sur l’Afrique 

en 1979  « l’écart » 

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sur la religion

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Voici ce qu’en dit en l’an 2000 Justin Kalulu  Bisanswa,  dans les « cahiers d’études africaine N° 160

   Le public lettré ne se prive pas d’adjectifs (rebelle, juste, novateur, insaisissable, abscons, etc.) pour dire son propre malaise à porter jugement et valeur sur l’œuvre de Mudimbe, laquelle a toujours suscité deux attitudes de lecture extrêmes :

d’une part, un engouement sans bornes ; de l’autre, un rejet sans appel.

Il n’est pas de ces écrivains qui inspirent un intérêt moyen :

 on l’idolâtre jalousement comme son écrivain fétiche,

ou on démissionne devant l’exigence du flux de son verbe et de la rigueur de son épistémologie.

 

La fiction et la réalité sont comme confondues. Même le fait d’avoir enlevé l’habit de moine, tout en continuant à réagir, dans ses réflexes, jusque dans sa coiffure même, comme bénédictin — selon ce qu’il dit lui-même dans son autobiographie –, participe de cette fable, ressassée à l’envi par lui-même et par des analystes qui se limitent à constater son occidentalisation.

 

Je récapitule : une enfance esseulée et passée tôt dans des couvents,

 une vocation sacerdotale et monacale avortée,

 une brillante carrière professionnelle dans un nouveau monde,

un admirateur infatigable de l’Antiquité classique,

et donc, dit-on, un Africain aliéné,

 et, pour couronner le tout, une œuvre diversifiée qui rend l’auteur inclassable et qui captive pour ses promesses.

 

C’est, avec d’autres termes, le scénario que l’on entend et lit sur lui au gré des rencontres scientifiques et des lectures. La légende est à ce prix, et il faut avouer que Mudimbe ne réussit pas mal. Mais sur quel Mudimbe s’arrête-t-on : le philologue, l’écrivain, le sociologue, le philosophe, l’anthropologue, l’apprenti peintre ? (Justin Kalulu  Bisanswa, cahier d’etudes africaine N° 160

 

 

Felwine Sarr né en 1972

6 janvier, 2019

Felwine Sarr

né en 1972 ,il  est un écrivain économiste universitaire et musicien sénégalais.

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Ecrivain

En  2009 il publie son  livre « Dahij »  considéré comme  un OVNI littéraire selon la critique, un « djihad intérieur » selon lui-même.

Puis en 2012  les  « Méditations africaines » (Mémoire d’encrier, 2012),

et « Afrotopia »

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Musicien

il a publié 3 albums de musique

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Libraire  et éditeur

Avec Boubacar Boris Diop et Nafissatou Dia Diouf, il a repris la  Librairie Athéna située dans le centre-ville de Dakar. 

Ils comptent  publier  des œuvres de littérature africaine anglophone ou lusophone, et  rééditer des ouvrages d’auteurs sénégalais. «Nous voulons enrichir le stock et le réorienter afin que toute la littérature africaine et sénégalaise soit disponible dans cette librairie. Nous venons d’ailleurs de nouer un partenariat avec ‘‘Présence Africaine’’.

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Cette librairie a-t-elle de l’avenir ?

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Les ateliers de la pensée

Felwine Sarr est Professeur à l’université Gaston-Berger où il dirige le Laboratoire de recherche en économie de Saint-Louis (LARES), et y organise les Ateliers de la pensée

 Il organise en 2016  avec le philosophe camerounais Achille Mbembe la première édition annuelle des Ateliers de la pensée (28-31 octobre) à Dakar et Saint-Louis (au Sénégal).

L’objectif : faire le point sur l’état de la réflexion en Afrique, avec une vingtaine de chercheurs et d’écrivains d’expression française parmi lesquels Léonora Miano, Souleymane Bachir Diagne, Mamadou Diouf, Nadia Yala Kisukidi, Boubacar Boris Diop, Romuald Fonkoua, Alain Mabanckou, Abdourahman Waberi et Sami Tchak.

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Penser l’Afrique en tant qu’africain

Dans un article du « Monde »,publié en 2015

Il tente de répondre à la question

Comment penser l’Afrique et se penser en tant qu’Africain autrement ?

« Pour penser l’Afrique autrement, j’évoque une « rupture radicale » dans nos postures, nos paradigmes, nos façons de nous lire à travers les yeux de l’autre.

…nos intellectuels s défendent l’islam comme socle de leur identité fondamentale, et non la culture négro-africaine. Ils oublient qu’ils sont pris en tenaille entre deux aliénations, avec un pied en occident et un pied en orient, sans savoir où est leur tête.

Cette situation est assez symptomatique d’une forme de schizophrénie que nous vivons sous nos latitudes.

Aucun futur n’est envisageable si les Africains ne pensent pas par eux-mêmes et pour eux-mêmes leur présent et leur devenir

La liberté doit être une passion africaine désormais, parce que le continent en a été privé deux fois, ces cinq derniers siècles, avec la traite et la colonisation. On ne peut pas continuer d’être à la remorque des rêves des autres.

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Il invite les penseurs Africains  à  repenser des notions africaines comme le jom (« dignité »),  teranga (« hospitalité »), le ngor(« sens de l’honneur »)… en délaissant les chemins tracés d’avance et les idées toutes faites

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D’autres engagements .

En Février 2018 il fait parti des signataires d’une lettre qui réclame la liberté de Tariq Ramadan

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En fin 2018 il est chargé par le gouvernement du président Macron de superviser la restitution des œuvres d’art aux Africains

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Felwine Sarr : Dahij

5 janvier, 2019

 

Qui donc est  Feldwine Sarr  ?

Un musulman  ?

un soufi peut être ?

en tous les cas, un croyant ouvert au pluralisme

comme son ami Souleymane Diagne ,lui aussi Sénégalais 

ou comme Eboussi Boulaga ou Mudimbe

anciens séminaristes catholiques 

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Centre d’étude des religions  

Feldwine Sarr a créé un Centre d’études des religions, à la faculté des sciences humaines de son université.

. La religion est censée éclairer, libérer les âmes. Est-ce qu’elle le fait? Est-ce que les propositions qui nous sont faites ne sont pas des propositions d’asservissements, d’obscurcissement?

  L’art de bien vivre se conjugue à l’art de bien disparaître. Ainsi, on se pose la question du sens de son existence, de ses actions et de la valeur que l’on donne aux choses. Il ne s’agit pas d’une forme de goût pour la mort. Je dirais plutôt que ces interrogations ont, chez moi, pour but de fonder une éthique immanente née de ma propre expérience et de tenter de traverser le temps qui nous est imparti, et dont on ne connaît pas la durée, de la meilleure façon qui soit.

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Il aborde les problèmes religieux dans 2 livres

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Dahij 

publié en 2009

Ce livre est préfacé par  Souleymane Bachir Diagne,

 «Ce livre est un jihad. Une guerre intérieure. Un jihad pour sortir de soi-même, de ma race, de mon sexe, de ma religion, de mes déterminations. Un jihad pour aller vers moi-même. C’est un désir de naissance, donc de mort. Exister par ma volonté de vie,

 Ce livre, c’est le mot qui déborde. Celui que je ne contiens plus. Celui que n’étouffent pas mes préoccupations quotidiennes. Ce mot qui résiste au trajet du tram, à la journée de travail, à la prose quotidienne, aux vicissitudes quotidiennes. Écrire comme par débordement, comme par excès. Ce mot qui survit. Ce qui résiste à l’assignation au temps social, à la confiscation du présent, à la dilapidation du temps, à la résignation, à la fatigue, à l’abdication, à la mort lente.

 . Ce n’est pas non plus une confession, car il n’y a rien à avouer. C’est un combat spirituel. Pas celui que mènent les anachorètes ni les ascètes. Il ne vise pas à libérer l’âme du corps, l’esprit de la chair. Il est tentative de « posséder la vérité dans une âme et un corps ».

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Les méditations

publié en 2012

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Felwine Sarr ; L’ Afrotopia

3 janvier, 2019

L’Afrotopia  d’après un article donné par Amzat Boukari Yabara  dans la revue africaine en 2016

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 l’Afrotopia  est « une utopie active qui se donne pour tâche de débusquer dans le réel africain

 les vastes espaces du possible et les féconder ».

…Felwine Sarr invite les Africains à penser « contre la marée ».

…et rappelle « l’exigence d’une absolue souveraineté intellectuelle »

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Sarr  essaie de  construire une pensée africaine autonome,

Il évite les polémiques sur  les relations néocoloniales, et ignore les réactions nationalistes des régimes africains.

 

L’économie

Le développement de l Afrique est à la merci des  multinationales prédatrices

Les africains doivent  trouver un équilibre,  démographique et politique et imaginer

« des dispositifs institutionnels qui délèguent la gestion des ressources naturelles des nations à des institutions indépendantes du cycle électoral et des régimes en place ».

En privilégiant la quantification, l’économie favorise des modes de régulation fondés sur la prédation et l’accumulation, plutôt que sur l’intégration de l’humain dans un cadre social et solidaire

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Psychologie

l’Afrique doit « se guérir, se nommer »

se libérer  du  complexe d’infériorité envers la « science du Blanc » à l’exemple de Frantz Fanon et Cheikh Anta Diop

  Sarr  lui même musicien ,à l’écoute des rappeurs entend ’indignation croissante des jeunes africains

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Ces jeunes  chantent aussi une Afrique imprégnée de cette « philosophie de l’ubuntu  menée par Nelson Mandela en Afrique du Sud

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Philosophie  

Felwine Sarr,  avec   Valentin Mudimbe, estime que « les chercheurs africains doivent prendre la responsabilité d’une pensée qui porte sur leur destin

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Politique

Felwine Sarr relance l’appel à « prendre le large »…« Oser réinventer l’avenir » avec une  référence évidente au titre d’un recueil de discours de Thomas Sankara

 

L’Afrique doit se guérir, se régénérer par des greffes provenant de son propre tissu

L’Afrique  « n’a personne à rattraper »,

l’ Afrique « doit quitter cet âge immature où les nations ne se posent que l’unique question de la quantité de richesse produite ou prélevée par prédation »,

L’Afrique est celle qui, de par sa jeunesse et son essor démographique, doit incarner une « montée en humanité ».

l’Afrique, n’a plus d’autre choix que d’arrêter de confier son destin aux autres et de construire ses propres alternatives.

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Gakaara wa Wanjaũ (1921- 2001) :Ecrivain kenyan

2 janvier, 2019

Un auteur prolifique ,Gikuyu, historien, rédacteur en chef et éditeur du Kenya.

Un Balzac 

Ou mieux un Eugene Sue qui a tant écrit de feuilletons sur les « mystères de Paris » 

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Gakaara écrit 

pour le peuple

sur le peuple

dans la langue du peuple

en  Gikuyu

Il n’écrit pas pour être  connu dans le monde

il écrit pour son peuple

 

Une écrivain

connu chez lui par les petits

peu par les élites  

Militant ,fils de pasteur  

sans diplôme

Admirablement  sotie de l’ombre grâce à  G Pugliese

qui écrit sur lui ,en 1993 un article  dans la revue « politique africaine  ( n 51)

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Les premiers écrits

 En 1946 il fonde la première  association d’écrivains du Kenya et peut-être la première de toute l’Afrique subsaharienne .

En 1948 il écrit  son premier pamphlet en swahili (L’Esprit d’énergie et de persévérance à l’usage des Africains), qu’il va réécrire et traduire  en novembre 1952 en gikuyu

Après l’accueil enthousiaste réservé à son premier pamphlet politique (5 O00 exemplaires vendus au Kenya), Gakaara décide de créer sa propre maison d‘édition à Nairobi où il devient un militant politique engagé dans la presse africaine et un écrivain professionnel…(p 100)

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La prison  (1952-1961)

En 1952, l’auteur lance sa revue nationaliste en gikuyu, « Quelles sont les nouvelles ? 

Suite à ses écrits politique il est mis en prison par l’administration coloniale

Il est libéré en 1961 et fonde des 1962 une nouvelle imprimerie

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Les atiriri Séries

En décembre 1966 il lance les atiriri  Serie

…des petites histoires …des articles sur des sujets d’ordre général, comme la santé, l’activité économique et même la psychologie. … Elles sont écrites surtout sous forme de dialogues,

Pour enseigner les bons comportements et les coutumes gikuyu (p 101)

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Des écrits de 20 pages en moyenne

vendus dans les lieux publics ,au marché , dans les villes et les villages comme en Europe dans les kiosques de gare… pas chers

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Un magazine

en 1976 il lance une nouvelle revue  qui contient sous forme de feuilleton les aventures de Kiwai wa Nduuta qui voyage beaucoup et décrit parfaitement la vie au Kenya    

Le Kenya décrit dans les nouvelles du cycle wa Nduuta est un pays où chômage, délinquance, prostitution, violence et corruption sont devenus des éléments dominants, notamment de la vie en milieu urbain   (p 103)

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Sa rencontre avec Ngugi wa Thiong’o

. En dépit du fait que les remarquables travaux littéraires de Gakaara n’aient pas attiré l’attention des spécialistes au Kenya et à l’étranger, ils n’en éveillèrent pas moins, au début des années 80, la curiosité de Ngugi wa Thiong’o, l’intellectuel gikuyu par excellence, dont le centre d‘intérêt était devenu l’usage du gikuyu.

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C’est alors que Ngugi wa Thiong’o prend connaissance du journal écrit en prison par Gakaara 

Il le fait traduire en Anglais 

   Le journal de Gakaara fut publié en gikuyu en 1983 et, en anglais, en 1988. Les universitaires gikuyu qui firent la promotion du livre permirent à Gakaara de remporter en 1984 le prix Noma pour l’édition en Afrique

…Ces universitaires gikuyu  présentèrent ce journal comme

« un journal de prison d’un résistant … le document historique le plus important de toute la littérature kenyane de la résistance (p 106)

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Ses déboires

Dans ce « journal »  Gakaara dit beaucoup de bien de Kenyatta qu’il admire

Cela ne plait guère aux écrivains kenyans qui sont en exil et qui suppriment au moment de la traduction du livre les éloges faits à Kenyatta en les remplaçant  par des critiques acerbes  

Ce fut un nouvelle source d’ennui pour  Gakaara ,qui fut mis de nouveau  en prison

Il arrive à se disculper mais depuis il a du mal à ,se faire lire et se trouve  confronté à de sérieuses difficultés pour écrire ( p 109)

 

 

Mamadou Diouf : Les intellectuels africains en 1993

29 décembre, 2018

En 1993 Mamadou Diouf  écrit dans « la revue politique africaine (N°51)un article sur les intellectuels africains face à l’emprise démocratique

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Les réflexions de V,Y. Mudimbe et, d’A. Mbembe et les débats .qu’elles on: provoqués, nous dispensent de- .revenir sur les questions ontologiques de l’écrire et du penser .africains, en relation-avec le passé (colonial) et le présent (occidental, libéral et démocratique) (p36 )

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 L’intellectuel  africain . est toujours défini par rapport  à un, référent…..i1 fait partie d’une structure ‘de parenté qui. le -distribue ‘comme un cadet -attendant ‘toujours- qu’attestation (p37)

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Constamment ballotté entre deux pôles, entre  l’.insurrectionnel (la, subversion des techniques des savoirs ).et le révisionnisme  l’intellectuel- africain. est .sommé  d’ être  militant….

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La prise en main de la société

Les intellectuels africains se sont en effet très. tôt arrogés le .monopole de l’interprétation idéologique du  devenir des sociétés africaines.(p39)

 

. En. s’aménageant un. espace dans  ’la société coloniale, les. instituteurs, .médecins. africains, agents, administratifs ., , s’attribuent ainsi un rôle pédagogique vis-à vis de leur propre. société:. ,Ils  sont largement influencés par le pouvoir’ des clercs des II ‘et- IVe Républiques-françaises .En entretenant un rapport très équivoque – soumission et hostilité – avec Ie pouvoir, colonial et la société civile

 Ainsi, la ,nouvelle  culture citadine  qui s’instaure, dédaigne les cultures populaires (p 41)

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Dès lors, trois modèles vont s’imposer. et structurer l’espace idéologique africain

lé modèle de la modernisation,

le- modèle culturel nationaliste

le modèle- marxiste (p 41)

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L’emprise de l’Etat

Peu à peu  l’’Etat devient ainsi une réalité incontournable. L’histoire post-coloniale démontre en effet que 1′Etat dans son extension a réussi à dominer la société civile et non à la servir (p 42)

 La réduction de l’activité intellectuelle à la seule prise de parole politique permit ainsi à la nouvelle classe dirigeante de délimiter un  ghetto surprotégé pour les enseignants, les universitaires et les chercheurs, secteurs dans lesquels se recrutait la dissidence.

Déconnectés de la société aussi bien au niveau du langage, de la pratique politique que du mode de vie, ils offraient au pouvoir politique la possibilité de ne pas s’occuper de la mise en place d‘une censure codifiée et systématique. L’autocensure et l’opportunisme firent le reste.

  C’est ainsi que, très vite, l’université ne fonctionna plus comme lieu d’une autonomie intellectuelle. La fonction universitaire va précipiter les enseignants et chercheurs vers des stratégies individuelles d‘ascension sociale et d’accumulation financière au service de la bureaucratie ou du secteur public.

 Pour les paroles dissidentes, ce furent la prison, l’exil et parfois l’assassinat.

. L’intervention des militaires sur les campus universitaires de Lubumbashi … et la présence, massive des universitaires dans les gouvernements, les palais’ présidentiels et les partis politiques, sont des indices,.. de l’enjeu que constituent  aujourd’hui ‘encore les ,universités,, la recherche: et, la création, dans la’ mise » en ‘ordre .politique africaine (p 43)

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La crise

La technocratisation de la. gestion- gouvernementale consacre  l’obsolescence du regard intellectuel nationaliste porteur d’un projet politique. Au contraire, la politique devient. une affaire ‘de professionnels.

  l’émiettement  de l’espace politique par  le ,multipartisme ,et la profonde désagrégation des institutions’ éducatives  ont eu comme conséquence, la  » réapparition’ ,de logiques ,ethnique, confessionnelle, régionales, etc-.

~L’échec politique des, porteurs de la modernisation. a .poussé une partie de la ,société vers un retour aux  intégrismes  religieux (musulman, et chrétien) et à  la, ,revendication ethnique.

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La, confrontation entre le « terroir » et « le territoire.national » amène une .partie- de l’intelligentsia africaine. à un repli corporatiste.

Avec » le déshabillage de l’Etat,. .¡es intellectuels ,perdent .leur: place privilégiée dans le système socioéconomique ,,.et,, avec. elle, leur. fonction tribunicienne.

,Les, nouvelles, figures idéologiques. (indigènes et religieuses) s’inscrivent dans, ,les, « terroirs », plutôt que dans les territoires. L’informel et la technocratie se partagent le champ du discours et de la pratique politiques et économiques.

La notion de réseau intellectuel ., et -de recherche qui se, généralise, achève de banaliser l’intelligence ‘africaine;

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NB

C’est ainsi que beaucoup d’intellectuels partirent pour aller enseigner  dans les universités américaines où ils étaient mieux accueillis qu’en France   …y compris  Mamadou diouf

 

 

Les « gilets jaunes » et l’historien sénégalais Mamadou Diouf

27 décembre, 2018

Le mouvement Set /Setal à Dakar

Pouvons nous comparer les « gilets  jaunes » qui manifestent en  France, en cette fin d’année 2018 ,avec les jeunes  Sénégalais qui ont manifesté à Dakar entre le mois de  Février 1988 au mois d’avril 1989.)

Ce fut à la suite de la réélection controversée du président Abdou Diouf, en février 1988.  La jeunesse dakaroise participa activement à ces mouvements contestataires, alors qu’elle avait été précédemment exclue du débat politique et de la vie démocratique. en instituant leur mouvement Set/Setal (= rendre propre)

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On est en effet très surpris par l’analyse faite sur ce mouvement en Juin 1992 par l’historien sénégalais Mamadou Diouf  dans la revue « politique africaine »

C’est une véritable prophétie sur ce qui se passe ne ce moment en France

voici ce qu’en dit Mamadou Diouf 

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Un mouvement inattendu 

  La jeunesse sénégalaise fait irruption au pas de charge sur la scène politique. Personne ne l’attendait mais elle n’en a cure. La peur de l’avenir s’exprime par une formidable rage de détruire. Entre deux jets de pierre un lycéen de 17 ans lâche : “NOUS allons tout casser pour mieux  reconstruire.(p 42)

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La désertification des campagnes

le désengagement de 1’Etat s’effectue dans de très nombreux cas dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’assainissement. La fonction publique, les institutions publiques et parapubliques « dégraissent » et la paupérisation s’installe. C’est aussi le moment choisi par 1’Etat pour accélérer la mise en application de la réforme de l’administration locale et territoriale lancée en 1972.(p 43)

 .., toutes ces pratiques dans la ville, nous a conduits à interroger les enjeux politiques actuels de la gestion urbaine, ceux du monde du travail, des loisirs … toutes choses allant de pair avec le désengagement de I’Etat, la sollicitation des identités ethniques, religieuses,et  régionales  (p 45)

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La morgue

bien plus que la motivation politique, la stylistique du pouvoir, ses signes de force incontestable, sa morgue( p46)…et l’ascension de la technocratie(47)sont à la source du mouvement

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Les écarts de salaire

ses signes symboles ( l’embonpoint, l’or, la générosité, les puissantes voitures …) ont été décisifs dans la mobilisation des jeunes, dans- leur assaut contre la classe dirigeante et les représentations de 1’Etat (p 46).

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Les ronds points ou l’arbre à palabre

Les populations semblent s’être données les moyens de remplir le vide que 1’État a créé faute de moyens financiers. Espaces propres, ils deviennent des lieux de rencontres, de débats et certainement d’évaluation des politiques mises en œuvre. L’appropriation de l’espace s’accompagne d‘une prise de parole, d‘une récréation de la palabre, non plus sous l’arbre à palabres  mais face à un baobab stylisé (le rond point) qui serait .le symbole du dialogue, de la concertation et du travail.p 51

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Les représentants légitimes  

Mais un groupe ne peut exister socialement que s’il est parvenu à se faire accréditer, à émerger sur la scène publique par l’intermédiaire de porte parole ou de mandataires et à créer ainsi son propre espace public

 

Les revendications

 Un recensement plus ou moins exhaustif et un classement des thématiques  est indispensable (p51)

 

Les graffitis et fresques murales

Les jeunes sénégalais  s’ étaient aussi exprimés  en faisant des fresques murales  et des graffitis 

Les fresques murales,  sont l’expression d’une mobilisation de nouveaux idiomes pour rendre compte de situations inédites. On peut soutenir l’hypothèse que le mouvement du Set/SetaZ et les ,signes annexes qui l’accompagnent, sont les indices d’un dynamisme qu’on avait cru étouffé par l’autocratisme politique et la médiocrité ambiante d’une démocratie inachevée de lettrés incapables de gérer les crises économiques et sociales (.p 50)

Les revendications sociales et politiques demeurent aujourd’hui au cœur des festivals de graffitis et de street art qui se multiplient à Dakar depuis les années 2000.

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NB

 Tous ces jeunes sénégalais avaient en tête le souvenir de l’intifada ou les émeutes à Soweto

En serions nous  là en France ? 

 

 

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