Archive pour la catégorie 'évangelisation en Afrique'

Claude Prudhomme : Un historien de la mission

25 décembre, 2016

Claude prudhomme est né en 1947

Jeune agrégé il  est nommé dans un lycée de la Réunion

et s’intéresse aussitôt à histoire religieuse de ce pays

ce fut le commencement d’une passion pour l’histoire des missions

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En 1979 , il suit les cours de Jacques Gadille ,professeur d’historie contemporaine à l’université de Lyon

qui est le premier à  vraiment publier des articles sue les missions 

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 Claude présente sa thèse sur la Réunion un essai de chrétienté 1815_1870

qui retravaillé sera publié en 1984 sous le titre « Histoire religieuse de la Réunion « 

 

En 1986 il est maitre de conférence à Lyon puis nomme professeur en 1993  

de 1991à 1995 Claude est président du CREDIC

(centre de recherches et d’échange sur la diffusion et l’inculturation du Christianisme) 

fondé par Gadille en 1979

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En 1994 il fouille les archives romaines et publie

une « stratégie missionnaire du Saint siège sous Léon XIII (1878-1903)

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En 2004 il publie une synthèse 

Missions chrétiennes et colonisation

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L’histoire religieuse ,une histoire globale

l’histoire général ne peut se passer de l’histoire religieuse

Claude Prudhomme écrit

L’enfermement du religieux dans la sphère privée ne résiste  pas à l’examen des faits ,y compris en régime de laïcité Quelle que soit la religion étudiée ,l’historien sait que la croyance entretient une relation intime avec le politique ,l’économie ou la culture ,dans une interaction permanente ( p 319 )

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J’ai toujours été étonné de la place  marginale accordée à la dimension  religieuse dans les histoires de la colonisation et de la décolonisation …( p 321)

Voir  Bernard Patary dans « ’l’Afrique et la mission » de Oissila Saaidia et Laurick Zerbini (p 311ss )

Les premiers prêtres africains en Afrique francophone au 19é et 20é siécle

23 décembre, 2016

L’ abbé Grégoire  en 1798  avait violemment reproché à Rome de n’avoir pas former un clergé dans les ancienne colonies

Ce fut aussi le souci de la mère Javouhey  fondatrice des sœurs de saint Joseph de Cluny

qui ouvrit en France  un séminaire où 3 sénégalais  furent ordonnés en 1845

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En  1845 l’instruction « Nemimen profecto »  de la propagande invite donc les missionnaires à former des prêtres   

ce fut lent et difficile

En voici un aperçu rapide dans quelques pays francophones

(Credic N°13)

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Sénégal

En 1847 Mgr Truffet ouvre un petit séminaire pour des enfants 

En 1857 son successeur Mgr Kobès ouvrit le grand séminaire de Dakar

c’est alors que Mgr Kobès  écrit à Libermann le fondateur des spiritains

«  un bon prêtre noir fera plus de bien dans un an que 3 blancs en 3 ans …

et de plus  

la supériorité des indigènes tient au fait qu’ils sont acclimatés et possèdent parfaitement la langue du pays (p 19 )

et en 1869, Mgr Lavigerie écrivait la même chose :

« On pourra trouver parmi eux les éléments d’un clergé indigène qui, habitué au climat, en supportera facilement les conditions. C’est ainsi que tous les pays chrétiens sont arrivés à la foi et que l’on peut espérer, avec la grâce de Dieu, y ramener ce grand continent. »

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Dur ! dur ! 

on comptait en 1903 ,13 prêtres Sénégalais

le recrutement se tarit dés avant la guerre

Ce n’est que beaucoup plus tard que le clergé sénégalais  prit son essor

le premier  évêque  sénégalais Mgr Joseph Faye fut nommé à Ziguinchor en 1939

Il compta parmi ses élèves le futur cardinal Hyacinthe Thiandoum, ainsi que le futur évêque de Ziguinchor, Mgr Augustin Sagna.

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Cameroun

En 1927 Mgr  Vogt ouvrit un séminaire 1927

en 1935 les 8 premiers  prêtres camerounais sont ordonnés

en 1943 à la mort de Mgr Vogt on comptera 41 prêtres  du pays

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Mgr Graffin  succède à Mgr Vogt  

mais tandis que Mgr Vogt voulait des prêtres  hautement qualifiés ,Mgr Graffin se méfiait des « savants »  et ne manquait pas l’occasion de signaler que « les plus grands intellectuels  fournissent les plus grands hérétiques  ( Creddic p 75)

Il fait venir pour le séminaire des bénédictins suisses qui interdissent à leurs élèves toutes les lectures sauf la Bible et  des lectures pieuses ..les séminaristes nommèrent leurs professeurs des « malédictins » ou les OSB « On Souffre Beaucoup »

ce fut un désastre

Il y eut  quand même parmi les prêtres, Baba Simon et bien d’autres

mais ce fut vraiment l’œuvre du saint Esprit  

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Puis vinrent les jésuites et leurs pères illustres comme le père Hegba ou le père Mveng

mais c’est un autre histoire

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Gabon

Le premier  prêtre gabonais  Raponda Walker fut  ordonné en 1899

il fut un grand savant et  aida missionnaires  à mieux connaître la culture de son pays

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En Afrique francophone de l’Est

Les premières grandes missions confiées aux Missionnaires d’Afrique dans les régions équatoriales correspondent aux régions actuelles des Grands Lacs intérieurs, Tanzanie, Ouganda, Rwanda, Burundi, Zambie et l’est du Congo-Kinshasa, et les premiers missionnaires y arrivèrent dans les années 1878-1879.

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en 1913, Mgr Streicher, ordonna les deux premiers prêtres  en Ouganda

en 1917, Mgr Roelens ordonna prêtre l’abbé Stéphane Kaozé dans son vicariat apostolique de Baudoinville, l’actuelle Moba, au sud-est du Congo.

En 1921, les territoires confiés aux Missionnaires en Afrique Équatoriale comptent cinq grands séminaires  et . 10 prêtres ougandais ordonnés par Mgr Forbes

En 1925 un grand séminaire  est ouvert en Tanzanie

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Pour les pères blancs en Afrique de l’Ouest les débuts furent plus difficiles et plus tardifs.

. En 1934 une étape majeure marqua l’essor de cet effort pastoral avec la fondation du premier grand séminaire de la région à Koumi, près de la ville de Bobo-Dioulasso (Burkina).

1953 par Mgr. Bigirumwami, 1er évêque du Rwanda. 

Le père Mveng : La base de la philosophie négro-africaine ,c’est la Vie

15 décembre, 2016

Lors du colloque international tenu à Kinshasa en Janvier 1978 le père  E. Mveng nous rappelle avec forceà la suite du père Tempels quec’est la force vital qui constitue la philosophie negro africaine

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Le point de départ de la pensée  negro africaine n’est pas l‘être  en tant qu’être …. Il est l’expérience de  la vie, et de la vie de l’homme vivant (actes du colloque p 88ss)

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Isis et Osiris

Pour défendre  son point de vue  le père Mveng  récupère le mythe « d’Isis et d’Osiris

il affirme par ailleurs que l’Afrique est le berceau de toute religion

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comme  Cheikh Anta Diop

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comme Samuel Kobia

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La légende d’Isis  et d’Osiris  à la fois égyptienne, africaine et negro africaine surgit de la protohistoire, avant  les dynasties ,avant l’écriture, avant les pyramides

Osiris était le premier né ; A sa naissance une voix retentit du ciel « Voici le maitre de toute le création » ; l’enfant grandit :Il était beau ,grand et noir de teint  

Premier roi civilisateur, il apprend aux hommes les arts et les métiers ; Il sème partout la paix et la prospérité mais  soin frère  Seth veut récupérer son trône et le tue

Isis  sa sœur et son épouse recherche son corps  que Seth a découpé en morceaux qu’il a éparpillé

Isis  récupère les débris et  rend à ce corps le souffle de vie

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La vie

Grâce à Isis ,Osiris retrouve la vie

la vie forte ,la vie abondante ,la vie féconde ,

ce que Tempels appelait « la force de la vie » ou « la force vitale » ,la valeur centrale de la culture bantoue

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Le père Mveng  n’a pas assez de mots pour exprimer cette force vitale  qui est dans l’homme vivant

L’homme est à la fois  du monde des vivants  et des morts. Il est esprit ,animaux, végétaux . Il est feu, il est eau, il est vent …Il est cosmique  

La liturgie africaine c’est le cosmos qui emprunte la voix de l’homme pour adorer Dieu et célébrer la victoire de la vie sur la mort

le père Mveng est jésuite

N’ a-t-il pas été un peu influencé par son confrère le père Teilhard de Chardin

L’homme apparait comme le fils de la terre et du ciel ,véritable  synthèse de l’univers auquel nous appartenons

L’homme prête son âme  aux animaux des champs ,et aux êtres inanimées…

Il est la germination de l’esprit dans le chaos de la matière…

Il est l’animal religieux par excellence ,celui qui porte la voix de toute la création en face de son créateur  a qui Dieu peut parler et qui répond à Dieu

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L’immortalité

Au cours des initiations, l’africain apprend ce qu’est  la vie et ce qu’est la mort c’est-à-dire la Vérité sur sa propre destinée

C’est en vainquant la mort que l’homme devient immortel

L’immortalité en Afrique c’est le statut de la personne qui a su réaliser  en elle même le triomphe de la vie sur la mort ,de l’amour sur la haine ….Ce statut  se conquiert en mourant 

« la mort c’est l’expérience de la vie qui casse l’œuf pour éclore »

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Deux facultés maitresses

Dans notre tradition, 2 facultés  sont maitresses  pour que la mort soit vaincue par la vie

la responsabilité  et l’amour   

l’homme est responsable de l’état général  de la création    

C’est l’amour qui donne un sens à la destinée  humaine et à l’histoire …l’amour nous rend bienfaiteur de l’humanité et du monde

L’homme est le maitre d’œuvre de la création qu’il doit porter à son achèvement

Formation des animateurs socio pastoraux aux Zaïre

14 décembre, 2016

Dans son encyclique « Mater et Magistra » publiée 6 mois avant la convocation du concileJean XXIII invita les laïcs à se prendre en main

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L église doit annoncer l’évangile au monde ,transformer le monde

C’est le rôle non seulement des prêtres qui bien souvent ignorent les vrais problèmes du monde

mais aussi de tous les Chrétiens qui ,eux ,vivent les problèmes du monde

mais il faut les former

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Ainsi ,dés 1961 les évêques zaïrois se réunirent  régulièrement en assemblée pleniére (AP )

avec le souci d’organiser la formation de responsables laïcs

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Lors de la 15é session du CREDIC à Louvain en 1994

Philippe Mosango Mputu Vansita

nous donna un aperçu sur  cette formation qui a été donnée aux laïcs du Zaïre  

(actes du Credic  p 101-132 )

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Des catéchistes

En 1961,les évêques décident d’ouvrir des « centres de formation des catéchistes » 

 « dans un pays en voie de développement ,il importe que les chrétiens soient des animateurs en tous les domaines Cela a fortiori pour nos catéchistes » 

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Des animateurs

mais cela ne suffit pas !

il faut former des animateurs pour le développement social

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En 1967 ,les évêques confient  cette mission à ISSR (Institut supérieur des Sciences religieuses de Limete) ouvert en 1962

Ils pourront constater en 1990

Nous pouvons dire que les ministères laïcs tels que nous les connaissons dans notre église locale du Zaïre ont pu surgir  grâce  à la formation que ces laïcs proposées par les évêques ont reçu au sein de l’ISSR (p 108)

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Cependant en 1991 l’ISSR est reconnu officiellement par l’Etat zaïrois

 en tant qu’un institut destiné essentiellement à former des catéchistes et des animateurs pour la pastorale  

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Les évêques furent piégés !

Ils en étaient réduits a former des professeurs de religion

eux qui voulaient « former des éducateurs de la foi ,animateurs du développement intégral de l’homme (p 115)

les anciens de l’ISSR réagirent  

Que l’ISSR  revoit ses programmes en matière de développement et promotion humaine pour orienter la formation vers les techniques d’analyses  sociales ,débouchant dans une pratique et une gestion concrète des situations pastorales(p 117)

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L’Animation socio pastorale

Cette animation doit permettre à chaque communauté de base de se prendre  progressivement en charge dans tous les domaines de la vie

Or il est évident qu’au Zaïre  une telle démarche dans les villages ou quartiers ne peut se faire qu’en communion avec tous ,qu’ils soient  chrétiens ou non

« Il faut passer d’une animation ecclésio-centrique à une animation socio- centrique (p 123)

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Il faut partir d’une communauté humaine plutôt que d’une communauté ecclésiale de base (CEB)

Les animateurs chrétiens doivent donc être formés dans ce but , en étant bien intégrés dans le vie courante  

et comme les animateurs de l’Action catholique apprendre à « voir juger agir »

avec les autres ,

chrétiens ou non chrétiens

mais en tant que chrétiens

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Pour ce faire

savoir  

c’est à dire être formé

savoir faire

car il faut aussi apprendre à agir efficacement

savoir vivre ,savoir être

un animateur vaut pour ce qu’il est  ,davantage que par ce qu’il fait ;Sa manière d’être individuellement et socialement est donc un de ses objectifs de formation(p 127)

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Que nos agents pastoraux ,aujourd’hui apprennent à vivre au rythme de cet africain qui a toutes les peines à se soigner parce que c’est devenu un privilège réservé à une infime catégorie ;au rythme de cet africain dont aujourd’hui le grenier est vide et qui donc meurt de faim …au rythme de cet africain qui pourtant se réorganise économiquement, socialement  avec ses faibles moyens  ….pour ne pas mourir…au rythme de cet africain qui doit prendre conscience aujourd’hui plus que jamais que le Dieu chrétien est du côte de la vie plutôt que de la mort (Nazaire Diatta )  (p 132)

Faculté de Théologie Catholique du Zaïre

8 décembre, 2016

 

les débuts de l’Université

En 1954 ,L’université de Lovanium est fondée  à Léopoldville (Kinshasa) par l’université catholique  de Louvain

En 1960 au moment de l’indépendance ,elle se détache de Louvain et devient juridiquement indépendante

En 1957  A.Vanneste est chargé d’ouvrir une facukté de theologie

En  1967  Mgr Tshibangu, est le premier  recteur congolais

En  1971 Mobutu  decide de fusionner  l’université Lovanium avec les universités de Lubumbashai et de Kisangani dans une seule université, appelée  Université nationale du Zaïre 

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En 1971 le professeur Ntedika devient doyen de la faculté

En 1974 le bureau politique du mouvement de la révolution décide de fermer les facultés de théologie catholique et protestante 

En 1975 l’épiscopat du Zaïre  réagit et ouvre une faculté de théologie en dehors de l’université nationale du Zaîre

Ce fut un défi réussi grâce au doyen Ntedika et au cardinal Malula

 

Les hommes

Mgr Tshibangu  en est le recteur de 1971 à 1981

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Parmi les professeurs ,on peut signaler

évidemment le professeur Vanneste

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le professeur de Haes ,un père jésuite, assassiné à Kinshasa en 2005

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et le professeur Bimwenyie-Kweshi

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Parmi les élèves, au commencement ,il y eut  ka Mana

qui écrira plus tard

nous n’avons  jamais su qu’elle conscience d’eux mêmes les professeurs ,européens comme  René de Haes et le chanoine Vanneste avaient de notre faculté ,mais nous sommes convaincus que leur relation à la « théologie africaine » de leurs collègues  africains  étaient teintes de distance ,de doute ,d’ironie sereine et d’amusement tranquille devant  l’idéologie bruyante de ces adolescents attardés  que n’avaient cesse d’être à leurs yeux leurs anciens étudiants  devenus théologiens africains de métier (le Christ d’Afrique en note p 24)

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Dés 1964 la faculté de théologie organise  chaque année

des débats  sur la théologie africaine

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Les revues

En 1966 ,à la demande des théologiens de l’université Lovanium ,Vincent Mulago fonde

« les cahiers des religions africaines » (CERA)

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en 1977 la revue africaine de théologie (RAT) est « un heureuse initiative de la faculté de théologie de Kinshasa » (Tshibangu ).

Le chanoine Vanneste en était  le secrétaire de rédaction

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Deux ans auparavant les jésuites et le pére Boka di Mapsi  avaient lancé ,de leur coté  la revue « Telema »

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L’université de Louvain et l’université de Kinshasa

7 décembre, 2016

En 1912 le jésuite Fréderic Bouvier (SJ ) et Wilhelm Schmidt  de la congrégation  du Verbe divin  organisèrent  à Louvain des «  semaines d’ethnologie religieuse »,

Ces semaines furent interrompues pendant la guerre e et furent reprises en 1923  par le père  A Lallemand (SJ) sous  le nom « les semaines de missiologie »

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En 1923 le sujet abordé  au cours de la semaine  fut sur  « les méthodes d’apostolat et l’organisation des missions »

En 1924  le sujet fut davantage  polémique « la propagande protestante »  

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Le père Pierre Charles

en 1925 la troisième semaine fut organisée par le père Pierre Charles

qui dorénavant va s’en occuper jusqu’à sa mort en 1954

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Entre 1920 et 1927 le mouvement profita de la présence en Belgique du père Vincent Lebbe qui menait avec  fougue un combat pour l’ église  de Chine (p 200)

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Le père Masson

En 1954 après la mort du père Charles « les semaine de Missiologie » furent reprise par le pére Masson (SJ)

en 1960 survinrent les indépendances  

les missions sont en crise ,

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D’où les thèmes  abordées par les «  semaines » les années suivantes

1965 « repenser la mission »

1968 liberté des jeunes églises

1970 œcuménisme en mission

1971 Quel missionnaire ?  

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C’est vraiment la crise

en 1975 les organisateurs  décident  de ne plus se réunir

  (Voir jean Pirotte dans « ’l’Afrique et la mission » de Oissila Saaidia et Laurick Zerbini (p 201-203)

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L’université de Kinshasa

mais la semence  jetée par « les semaines de Louvain » porte ses fruits au Congo  

la faculté catholique de Kinshasa , organisée en 1957  par Alfred Vanneste ,venue de Louvain ,bouge

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Une nouvelle théologie sous l’instigation de l’abbé Tshibangu surgit  

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En 1977  Oscar Biwnenyi Kweshi  présente  à Louvain une thése sur la theologie Africaine Cliquez ICI

 

Le père Pierre Charles (1883-1954 ) :Un missiologue Belge

5 décembre, 2016

  le Père Pierre Charles est un  Jésuite belge, surtout célèbre pour avoir animé pendant des années « la Semaine missiologique de Louvain »

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La Semaine missiologique de Louvain

en 1925 le père Charles organise la troisième « semaine de misssiologie » à Louvain

et  dorénavant s’en occupera jusqu’à sa mort en 1954

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Fondateur de l’AUCAM

En 1925 le père Charles  fonde l’Association universitaire catholique pour l’aide aux missions (AUCAM),

pour  « assister les jeunes communautés chrétiennes africaines  en leur envoyant des livres et du matériel

en 1926 l’AUCAM est à l’origine de la création de la FOMULAC 

(Fondation médicale  de l’université de Louvain au Congo )

en 1932  l’AUCAM  fonde la CADULAC (Les centres agronomiques de l’Université de Louvain au Congo

en 1940 il fonde, l’ Institut universitaire congolais qui se à l’origine  de la première université congolaise, l’Université Lovanium (1951), devenue Université de Kinshasa

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Des mouvementa analogues à l’AUCAM  furent créés dans toute l’Europe

comme «  ad lucem » à Lille en 1930

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De 1926 à 1929 ile publie  tous les mois ‘les dossiers de l’action missionnaire »

pour faire le point sur les questions posées par les missions

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Ami de Teilhard  

ami intime de Teilhard  ,Pierre Charles  avait une vision cosmique de l’origine divine de l’ univers

Tout est d’origine divine !

Tout doit retourner à Dieu

et puisque tout est divin, il valorise les richesses morales des peuples non cheretiesn

et  envisage avec certitude que toutes les races seront un jour unie

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Un apôtre

 Il fut un ardent apôtre, prophète de l’unification du monde, de  l’égalisation des races,de  l’émancipation des colonisés, et de  la nécessité de donner à l’Église une pluralité de visages selon les divers espaces culturels.(Joseph Masson )

 

Il est vrai que le père Charles n’a pas connu le concile du Vatican

sn église est encore une église très institutionnelle ,hiérarchique, pyramidale  

L’église qu’il veut « planter » en Afrique est l’église romaine

En même temps, il se méfie des églises protestantes  

« Alors que les religions non chrétiennes sont considérés avec la sympathie due  à des pierres d’attente de la foi ,les missions chrétiennes non catholiques  sont jugés par lui  avec sévérité  ( Pirotte p 200)

Voir Jean Pirotte dans « ’l’Afrique et la mission » de Oissila Saaidia et Laurick Zerbini (p 195-200)

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Voir aussi  Claude Prudhomme ,
« Reconnu de nos jours, et à juste titre, comme l’un des meilleurs spécialistes de l’histoire des missions chrétiennes, C. Prudhomme, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Lyon II », 

 

Mgr Vanneste (1922-2014) et le pluralisme en théologie

4 décembre, 2016

Mgr Vanneste est le fondateur ,premier doyen et professeur de la faculté de théologie catholique de Kinshasade 1957 à 1987

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Sa formation

A Vanneste est originaire du diocèse de Bruges

Sa formation est tout a fait classique 

Il étudie la philosophie thomiste à Louvain

il est initié aux méthodes exégétiques à l’institut biblique pontifical de Rome

puis à la recherche historique en théologie dogmatique à Louvain

De 1952 à 1957 il est professeur de théologie et économe au grand séminaire de Bruges

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Puis vint le concile et l’ouverture de l’église  au monde

Ce fut une petite révolution, une période riche et féconde

Un temps de remise en question pour A. Vanneste 

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Doyen de la faculté de Théologie de Kinshasa  (1957-71)

En 1957 A. Vanneste est chargé avec 6 autres professeurs d’édifier au Congo un « centre de pensée chrétienne de niveau universitaire  au service de l’Eglise en Afrique

Il ouvre donc la faculté de théologie au sein de l’université catholique de Kinshasa

1964 il inaugure, à la demande de l’épiscopat du Zaïre,  à la fin du concile ,les « semaines théologiques de Kinshasa »

1966 il crée le centre d’études des religions africaines dont la direction est confiée au professeur Mulago

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La nouvelle faculté

En  1971 Mobutu  décide de fusionner  l’université Lovanium avec les universités de Lubumbashi et de Kisangani  dans une seule université, appelée Universite nationale du Zaïre

Le professeur Ntedika devient doyen de la faculté catholique  

En 1974 le bureau politique du mouvement de la révolution décide de fermer les facultés de théologie catholique et protestante 

En 1975 l’épiscopat du Zaïre  réagit et ouvre une faculté de théologie en dehors de l’université

ce fut un défi réussi grâce au doyen Ntedika et au cardinal Malula

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Pendant ces moments douloureux  A. Vanneste  fut encore d’une grande efficacité

en gardant un lien avec l’université de Louvain

Il fut  un administrateur précieux ,indispensable

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Théologien

En 1971 Vanneste publie un ouvrage sur « le dogme du péché originel »

et  s’impose dans les domaines du « rapport entre nature et grâce ,l’ordre naturel et surnaturel

la foi et la raison  …la révélation  

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très classique

un homme pas vraiment transformé  par le concile !

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Il a du mal….  beaucoup de mal a accepter la nouvelle théologie africaine »

il rechigne !

On connaît sa grande discussion contre cette théologie  son jeune étudiant ,le futur Mgr Tshibangu

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Plus tard il avouera

« s’être trompé et ne pas avoir vu suffisamment au moment même l’importance du pluralisme théologique .Ce sont les jeunes théologiens africains et Zaïrois en particulier  qui convaincront leur maitre  par la qualité et la profondeur de leurs recherches et publications théologiques » (P de Haes RAT N°23-24)

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en 1977 il pousse à la création d’une revue théologique publiée par la faculté de théologie de Kinshasa

ce fut la revue Africaine de Théologie(RAT) .Il en sera le secrétaire de rédaction pendant  longtemps 

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En 1987  âgé de 65 ans il quitte la faculté

en 1988 la revue RAT  publie son  numéro 23  en son hommage sur le thème : »L’église  et la pluralisme en Afrique »  

Pére René de Haes (SJ) (1933-2005)

2 décembre, 2016

Le père René de Haes est  un jésuite belge  arrivé une première  fois au Congo en 1959

 il rentre en Belgique en 1960 au moment des troubles politique en 1960

En 1964 ,il est ordonné à Louvain

En 1968, il soutient à l’Institut catholique de Paris une thèse en théologie intitulée: « Pour une théologie prophétique. Lecture thématique de la théologie de Karl Rahner

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Il fut surtout un des professeurs les plus prestigieux de l’université de Kinshasa

« une figure de proue pour la vie consacrée en Afrique » 

un théologien « sous l’étendard de la croix dans la lutte décisive de notre époque  qui est la lutte pour la foi et la lutte pour la justice qu’elle implique  (S Decloux)

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Il fut assassiné en 2005  par 2 truands qui voulaient seulement le voler 

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La théologie de la présence

René de Haes est ordonné prêtre en 1964 pendant le concile Vatican II qui se termine en 1965

et jeune  étudiant ,il a parfaitement adhéré aux orientations du concile  qui  invitait tous les chrétiens et particulièrement les théologiens  à dialoguer avec le monde

Il faut s’ouvrir au monde

Dialoguer avec le monde  

Etre  présent au monde

comme le Christ lui-même est toujours présent parmi nous

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En 2007 la faculté catholique de Kinshasa publie un ouvrage collectif  en l’honneur du père de Haes

Dans la préface de ect ouvrage ,le professeur André Kabasele insiste bien sur cette « théologie de la présence » qui fut celle du père de Haes

Il écrit

En Afrique ,la théologie doit continuer à se situer elle même au sein des combats historiques et culturels des peuples africains .Pour le dire autrement ,elle ne doit pas cesser d’être une « théologie de la présence » .Présence  à l’homme concret qui chemine au milieu des épreuves immenses ; Présence  à une histoire qu’il faut nécessairement assumer pour inventer un avenir crédible au nom de l’évangile .N’est ce pas cette présence à l’homme qui a caractérisé le vie même de Jésus ,,le logos de Dieu ? N’avons nous pas perçu quelque chose de cette présence à l’homme ,à la suite du Christ ,dans les nombreux engagements  de René de Haes  (André Kasabele)

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C’est ainsi que non seulement le père de Haes enseigne 

mais encore , il est à l’écoute du monde

Présent au monde ,il intervient régulièrement lors « des semaines théologiques » qui ont lieu à Kinshasa et  nous a laissé pour notre bonheur des nombreux articles en diverse revues

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Les écrits du Père René de Haes ,professeur à Kinshasa

1 décembre, 2016

Le père René de Haes 

professeur à la faculté catholique de Kinshasa

était un homme de «  dialogue »

Il voulait être « présent au monde »

« ouvert au monde » comme  les évêques du concile de Vatican II

Il ne cesse de dialoguer avec ses contemporains

en publiant des articles en diverses revues

ou en intervenant lors des semaines théologiques de Kinshasa  

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Semaine Théologique de Kinshasa en 1976

le thème de cette semaine  était

« Pastorale et Epanouissement des vocations dans l’Afrique aujourd’hui » 

le père René de Haes se demande s’il est bien judicieux d’introduire en Afrique dess Congrégations  religeuses venus d’occident

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Semaine Théologique de Kinshasa en 1982

R de Haes invite les intellectuels Chrétiens africains à dialoguer avec les incroyants 

Signalons la nécessité pour les intellectuels  de créer une opinion publique d’inspiration chrétienne aussi bien dans la société que dans l’église

Les intellectuels chrétiens sont les premiers responsables en tant que chrétiens  engagés dans le monde ,non seulement de la formation mais aussi de l’éducation de l’opinion publique (p 172)

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L’intellectuel chrétien participera ainsi à sa place en tant que intellectuel à la construction de l’église  et de l’humanité …avec la conviction et le discernement de sa conscience  chrétienne  

…cela suppose que le laïc reconnaît comme un devoir de se procurer  une solide formation religieuse  et théologique  en rapport avec son niveau intellectuel (Les actes du colloque ( p 173)

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Semaine théologique  de Kinshasa en 1989

il invite les théologiens africains à expliquer les sacrements à partir de leur propre culture

Les sacrements sont à la fois commémoration ,actualisation et anticipation

La théologie moderne et la théologie africaine  part du caractère symbolique du sacrement pour expliquer  son efficacité réelle  Le sacrement est l’expression de la célébration humaine de la foi. C’est la rencontre de Dieu et de l’homme dans le Christ par l’église  

il n’y a pas manipulation magique  de Dieu par l’homme. Les sacrements concrétisent  la présence de Dieu parmi nous

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Autrefois la scolastique analysait ce que les sacrements opèrent  en nous

Aujourd’hui nous prenons conscience de ce que les sacrements nous font faire dans le monde

Célébrer  les sacrements c’est célébrer le mémorial dangereux du Christ  pascal pour réaliser le salut intégral

Célébrer les sacrements c’est renouveler sans cesse notre conscience prophétique et critique au sein de nos communautés

(actes du colloque p 227ss)

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La semaine de théologie de Kinshasa en 1993

Il dialogue avec les hommes politiques

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La réincarnation

le pére de Haes est aussi  à l’écoute des interrogations des intellectuels africains de plus en plus attirés par la croyance en la réincarnation que véhicule les Rose croix ,ou l’église  de scientologie

Certes en Afrique, il ya le culte des ancêtres

mais ce culte n’a rien à voir avec la réincarnation

Les africains désirent affirmer le triomphe de la vie sur la mort et l’accomplissement des morts dans l’état d’ancêtres .Il n’y a  pas une véritable réincarnation de toute la personne mais uniquement de certaines caractéristiques de la personne défunte dans ses descendants ….Le défunt reste dans le règne des morts  (telema no 55en 1988 p 52)

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Son dernier écrit dans la revue Telema

ce dernier article écrit un an avant sa mort

montre toute sa passion pour l’église  d’Afrique

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