Archive pour la catégorie 'Ecrivains africains'

Aimé Césaire :Un coup de gueule !

21 novembre, 2018

Aime Césaire quand il écrivit « son discours sur la colonisation »  semble  assez calme

A le lire on pourrait croire qu’il fait un cours à des étudiants 

comme un professeur 

mais certainement pas comme  un tribun

et puis subitement

 il ne se retient plus

il éclate

il explose

il ne sait plus quel mot inventer pour dire son indignation

 

« Donc, camarade, te seront ennemis

- non seulement gouverneurs sadiques et préfets tortionnaires,

non seulement colons flagellants et banquiers goulus,

non seulement macrotteurs politiciens lèche-chèques et magistrats aux ordres,

 

mais pareillement et au même titre,

journalistes fielleux, académiciens goîtreux

endollardés de sottises, ethnographes métaphysiciens

et dogonneux, théologiens farfelus et belges, intellectuels jaspineux,

sortis tout puants de la cuisse de Nietzsche

ou chutés calenders-fils-de-Roi d’on ne sait quelle Pléiade,

 

les paternalistes, les embrasseurs, les corrupteurs, les donneurs de tapes dans le dos,

les amateurs d’exotisme, les diviseurs, les sociologues agrariens,

les endormeurs, les mystificateurs, les haveurs, les matagraboliseurs,

 

tous suppôts du capitalisme, tous tenants déclarés ou honteux du colonialisme pillard,

tous responsables, tous haïssables, tous négriers,

tous redevables désormais de l’agressivité révolutionnaire. »

 

 

Aimé Césaire :La colonisation et l’empire romain

20 novembre, 2018

Aimé Césaire  termine son « discours sur le colonisation » en constatant que L’entreprise coloniale est, au monde moderne, ce que l’impérialisme romain fut au monde antique : préparateur du Désastre et fourrier de la Catastrophe  

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Eh Quoi ? 

Les Indiens massacrés, le monde musulman vidé de lui-même,

le monde chinois pendant un bon siècle souillé et dénaturé ;

le monde nègre disqualifié ;

d’immenses voix à tout jamais éteintes ;

vous croyez que tout cela ne se paie pas ?

 

Aimé Césaire  cite pour le prouver un texte de Edgar Quinet 

Texte de Quinet

 « Le système de la civilisation antique se composait d’un certain nombre de nationalités, de patries, qui, bien qu’elles semblassent ennemies, ou même qu’elles s’ignorassent, se protégeaient, se soutenaient, se gardaient l’une l’autre.

 Quand l’empire romain, en grandissant, entreprit de conquérir et de détruire ces corps de nations, les sophistes éblouis crurent voir, au bout de ce chemin, l’humanité triomphante dans Rome. On parla de l’unité de l’esprit humain ; ce ne fut qu’un rêve. Il se trouva que ces nationalités étaient autant de boulevards qui protégeaient Rome elle-même…

 Lors donc que Rome, dans cette prétendue marche triomphale vers la civilisation unique, eut détruit, l’une après l’autre, Carthage, l’Egypte, la Grèce, la Judée, la Perse, la Dacie, les Gaules, il arriva qu’elle avait dévoré elle-même les digues qui la protégeaient contre l’océan humain sous lequel elle devait périr.

 Le magnanime César, en écrasant les Gaules, ne fît qu’ouvrir la route aux Germains. …

Tant de sociétés, tant de langues éteintes, de cités, de droits, de foyers anéantis, firent le vide autour de Rome, et là où les barbares n’arrivaient pas, la barbarie naissait d’elle-même »

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Et alors, je le demande : qu’a-t-elle fait d’autre, l’Europe bourgeoise ? Elle a sapé les civilisations, détruit les patries, ruiné les nationalités, extirpé « la racine de diversité ».

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 Plus de digue. Plus de boulevard.

 L’heure est arrivée du Barbare.

Du Barbare moderne.

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En sorte que, si l’Europe occidentale ne prend d’elle-même, en Afrique, en Océanie, à Madagascar, c’est-à-dire aux portes de l’Afrique du Sud,

aux Antilles, c’est-à-dire aux portes de l’Amérique,

l’initiative d’une politique des nationalités,

 l’initiative d’une politique nouvelle fondée sur le respect des peuples et des cultures ; que dis-je ?

Si l’Europe ne galvanise  pas les cultures moribondes ou ne suscite pas  des cultures nouvelles ; si elle ne se fait pas réveilleuse de patries et de civilisations,

l’Europe se sera enlevé à elle-même son ultime chance et, de ses propres mains, tiré sur elle-même le drap des mortelles ténèbres.

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NB :l’Europe envahi

Césaire est il un prophète ?

Pouvez  t il imaginer  l’invasion de l’Europe depuis 2015  par des milliers de refugiés africains   

plus de digue

plus de boulevard

plus de frontière

l’Europe est envahi

inexorablement

 

V.Y. Mudimbe :Le bel immonde

19 novembre, 2018

Mudimbe avait publié en 1973 un roman  « entre les eaux » qui avait reçu le «  grand prix catholique de la littérature »

Il y racontait l’histoire d’un prêtre qui se rendait chez les rebelles

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Certains avaient comparé ce roman à celui  de Cesbron « les Saints vont en enfer »

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c’était un roman à « l’ancienne »

du classique ,.. ; en quelque sorte

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Le  bel immonde

Mudimbe publie en 1976 « le bel Immonde »    

cette fois ci ,

c’est du « nouveau roman  »

dont le maître était  à cette époque  « Robbe Grillet »

qui enseignait dans les universités américaines ,comme Mudimbe lui même

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Le récit

2 personnages  s’aiment

Elle et lui  

une prostituée et un jeune ministre

sans nom

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Elle est la fille d’un chef rebelle à l’époque des  rebellions qui eurent lieu au Zaïre en  1965

Elle est  soupçonnée  d’avoir espionné le ministre

mais s’en tire à bon compte !

Lui  fréquente  les sorciers pour garder son pouvoir

mais il meurt sans doute à la  suite à un attentat

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Le style

Peu importe l’histoire

mais quel style !  

pas flamboyant ,pas époustouflant

beau

la piste  de danse était  petite …sourie aux lèvres ,vous vous penchiez et remontiez avanciez et reculiez ,tentant  un pas à gauche ,un déhanchement à droite ,l’insertion dans les résonance du tambour et les creux d’un jeu savant de la gutare .Dansant , éperdue ,sur le rythme du sang ….

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Quel art pour organiser le récit !

étonnant, déconcertant

On va de surprise en surprise

 L’auteur se joue du lecteur

Qui parle ?

A qui ?

Elle ou Lui ?

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Puis  on comprend

On relit  

on y voit plus clair 

c’est un jeu

lire …relire …on poursuit

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Un beau livre

de la bonne littérature

un bon moment à passer

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Peu de politique ,peu de morale

parfois par ci, par là des petites remarques qui paraissent anodines

mais qui peuvent être des flèches empoisonnées

du Vitriol !

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Ton chef de père ,Seigneur d’un autre temps ,vieillard anachronique  mais sage ,juste ; Il incarnait un passé qui dès ton enfance te paraissait insignifiant comparé à l’efficience des blancs …mais tu l’aimais ton petit bonhomme de père  (p54)

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Des religieuses empesées, des femmes de Dieu  disait-on  t’avaient prise en main . Venues de l’au-delà des mers ,ces vierges t’avaient enseigné que Dieu était démocrate et que les blancs t’apportait leur civilisation…,grandiose (p56)

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 Maintenant nos ennemis sont noirs comme nous …ce que nous voulons c’est la justice ,l’égalité  ,notre indépendance ...(p59).

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Toutes ces p … ,elles m’écœurent moi ,c’est ça ,la civilisation …dans les villages, c’est simplement impensable ….c’est çà le capitalisme ,un de ses aspects essentiels :la corruption des mœurs (p66)

la civilisation des blancs  nous a désappris à vivre à même la joie (p 69)

Henri Lopez (né en 1937): Je suis un homme sans identité fixe

18 novembre, 2018

Henri Lopes né en 1937 à  Léopoldville est un  « écrivain et homme politique de la république populaire  du Congo où il a été le premier ministre de de 1973 à 1975.

De 1998 à 2015 il a été ambassadeur en France

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En 2003 il publie le livre « ma grand mère bantoue et mes ancêtre les gaulois  

où il dévoile ce qu’il est

et ce qu’il veut être 

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Un métis

je suis fier d’être un SIF « sans identité fixe » ( p11)

car il a 3 identités

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L’identité originelle

la première est mon identité originelle qui me rattache à mes ancêtres…Que l’on soit un pur sang ou un sang mêlé,,  notre identité ne nous est pas offerte au berceau…Nous devons la construire

Nos civilisations étaient riches de sagesse ,mais elles possédaient comme toutes les cultures  des zones de barbarie. il faut le reconnaître…sans la complicité de certains de nos ancêtres ,la traite négriére n’aurait jamais fait d’aussi gros profits (p13)

le culte prononcé de cette identité culturelle  originelle ou religieuse induit l’obscurantisme ,le fondamentalisme et les politiques d’exclusion

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L’identité internationale

celle-ci constitue un acte volontaire  par lequel je passe de la communauté familiale à la communauté des esprits(p 15)

pour éviter l’obscurantisme, le fondamentalisme ….

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L’identité de l’écrivain

Ma 3é identité est celle de l’écrivain  (p18)

il n’y a pas d’écriture d’Afrique centrale….Aucun d’entre nous n’a subi l’influence de l’autre ; Je ne suis même pas sûr que nous ayons lu les ouvrages de nos confrères

Chacun d’entre nous tente dans son travail de  créer quelque chose d’irréductible .Ce ne sont pas seulement des histoires que nous inventons… c’est une manière de dire ,un style ….L’écrivain n’est pas un élément d’un équipe, il est un coureur solitaire

Comme l’amour, un livre  ne se fait pas en groupe mais dans la solitude et en cachette …l’écriture est une aventure intellectuelle et émotionnel de nature artisanale ( p 69)

Les écrivains  se situent  au-delà des traditions  et des valeurs d’un groupe ,d’une communauté ou d’une nation …  .Ils disent  leur temps ,non pour les célébrer mais pour remettre en cause les règles et valeurs vénérables   …  quand un écrivain a atteint son but il n’appartient plus a aucun pays a aucune époque

En lisant Shakespeare , Cervantès ..je n’apprends rien de l’âme britannique , espagnole …j’apprend les ressorts de l’âme humaine.. J’apprends sur moi même  (p94)   

….C’est en ce sens que le togolais Kossi Efoui écrit qu’il n’existe pas d’écrivain africain  (p 92)

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Lors d’un interview en 2018 sur son nouveau  livre « Il est déjà demain » (JC Lattès) Henri Lopez insiste de nouveau sur ces 3 identités

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Dans la suite de son livre

Henri Lopez parle de sa jeunesse

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Henri Lopez : Ma grand mère bantoue et mes ancêtres les gaulois

17 novembre, 2018

Dans son livre  « Ma grand mère  bantoue et mes ancêtres les gaulois » Henri Lopez nous parle de ce qu’il a ressenti dans sa jeunesse

en apprenant l’histoire de son pays

en constatant  les turpitudes  au sein des pays nouvellement indépendants

en lisant les « pères de la négritude »  

en constatant les bienfaits de l’exil

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L’histoire 

Depuis le départ des colons ,les africains redécouvrent leur histoire avec émerveillement

les grands royaumes et empire du Mali, du Benin, de Songhaï, de Gao ,d’Axoum  de Méroé  de Kongo …nous évoquions les bronzes d’Ife et du Bénin , les pyramides d’Egypte et les ruines de Zimbabwe…(p 33)

Nombreux étaient les ouvrages sur l’impérialisme européens. Le plus enflammé de ces plaidoiries  fut sans conteste le discours su le colonialisme d’Aime Césaire  …(p34)

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mais  révoltés ,les jeunes qui n’ont pas connu les colons , s’aperçoivent aussi avec stupeur la perversion de leurs nouveaux gouvernants

Bien plus percutant que la chute du mur de Berlin et le discours de la Baule  fut la sortie de  prison de Mandela qui bénéficia d’une  remarquable couverture médiatique

Stupéfaite ,la jeunesse du continent découvrait sur le petit écran qu’un homme de haute taille ,vouté par 30 ans de prison en franchissait les portes ,vivant ,tandis que chez nous les prisonniers politiques  en ressortaient brisés, diminués lorsqu’ils n’avaient pas disparus … p35)

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Tous  les régimes africains apparurent alors à leurs enfants comme autant de goulag. Les yeux se dessillèrent p36)

l Afrique du » pleurer- rire »  avec des bouffon sanglants comme  Bokassa ou Amin Dada  …

Quel écrivain africain ,quel cinéaste ,quel Goya aurait pu imaginer le quotidien burundais  rwandais ou Sierra Léonais (p39)

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Qu’ont donc fait les africains  pour agir contre cela ?

j’ai conscience ,ce disant, de lever le voile sur ces tabous gênants mais aucune civilisation ne progresse sans se remettre en question (p42)

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Les pères de la négritudes

le mouvement de la négritude initié par Senghor ,Aimé Césaire ,Dumas … est un courant contestataire  au verbe violent …« je déchirerai les rires « banania » sur tous les murs de France (Senghor ) p 86

Henri Lopes  n’est pas un violent  !

Il s’oppose à cette forme de violence lors du premier festival culturel pan afriain qui eut lieu à Alger en 1969 (p 73)

puis  il le rejoint car  

Césaire aussi bien que Senghor avaient pris soin de souligner que le concept qu’il forgeaient  n’était pas un racisme à rebours

« , mon cœur, préservez-moi de toute haine
ne faites point de moi cet homme de haine pour qui je n’ai que haine
car pour me cantonner en cette unique race
vous savez pourtant mon amour tyrannique
vous savez que ce n’est point par haine des autres races
que je m’exige bêcheur de cette unique race »

 (Césaire  )(p 91)

L’exil   

Après avoir étudié à Brazzaville

le jeune Henri Lopez obtient une bourse pour la France

« autant dire, à l’époque, pour un voyage sur la lune

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Plus que l’étude ,plus que le livre ,le voyage et l’exil loin d’être douloureux ,nous auront été  salutaires ; Ce ne fut pas en Ulysse mais en Prométhée que nous  revînmes auprès des nôtres ,Le voyage nous a permis d’aller voler le feu ; Il a été  à l’origine des idées de dignité et de libération que nous avons ensuite semées dans l’esprit de nos parents et de nos congénères

…L’exil est quelquefois  salutaire .Il nous aide à nous découvrir,  nous rapproche du pays et nous enseigne qu’ailleurs est aussi en nous et que son lait nous est aussi nécessaire à notre santé que notre manioc local (p108)

Amadou Hampata ba (1901-91)

16 novembre, 2018

Amadou Hampâté Bâ  est né en 1901 à Bandiagara,Il est un écrivain et ethnologue malien, défenseur de la tradition orale, notamment peule.

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il raconte son enfance

dans le livre  « Amkoullel ,l’enfant peul »

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Il connaît bien l’administration coloniale puisqu’il a travaillé avec les colons pendant 10 ans

de 1922 à 1932  dans l’actuel Burkina Faso

Il connaît bien les musulmans, puisque en 1933 il  se retire un certain temps  auprès de Tierno Bokar, son maître spirituel.

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En 1942, il travaille à Dakar avec le professeur Theodore Monod.

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En 1951 il rencontre Marcel Griaule à Paris bien connu pour son voyage en Ethiopie

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célèbre pour avoir dit

 « En Afrique, chaque fois qu’un vieillard traditionaliste meurt, c’est une bibliothèque inexploitée qui brûle ».

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Grâce à une telle expérience en présence des colons

Grâce à sa formation auprès d’excellents ethnologues

grâce à son grand talent il a écrit un chef d’œuvre

« L’étrange destin de Wangrin »  

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Le sage du fleuve Niger

 Il se veut citoyen du monde

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 et en même temps il veut faire connaître la culture de son pays et publie  

les contes initiatiques peuls

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Il meurt à Abidjan en mai 1991

 

Amadou Hampaté Bâ : L’étrange destin de Wangrin

15 novembre, 2018

Un grand roman publié en 1973 

c’est histoire d’un interprète peul qui au temps de la colonisation

profitent de sa situation

pour s’enrichir  frauduleusement  

à la barbe des colons mystifiés qui lui font confiance

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Hampaté Bâ

On découvre dans ce livre non seulement Wangrin dont l’histoire serait en parti historique  

mais aussi l’auteur Hampaté Bâ qui se révèle être un grand homme

un grand humaniste  

un vrai africain qui sait rire

 se moquer gentiment autant des tirailleurs Sénégalais que des commandants de la colonie

oui ! On rit en le lisant   !

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Un homme ,au regard perçant ,qui connait la duplicité des marabouts

et des interprètes qui tout en étant  au service des colons en profitent  pour s’enrichir

Un peul qui connait bien son peuple , ses griots , ses proverbes , le langage imagé et souvent très poetqiue des villageois

un grand romancier qui a sur merveilleusement construire son intrigue

oui ! On palpite ..on a envie de continuer , de connaitre la suite !

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Plein d’humour

il fallait pas moins de 10 ans pour apprendre les gestes supports  du parler français : tendre de temps à autre le cou en avant ,tantôt écarquiller les yeux, hausser les épaules, froncer des sourcils ; tantôt tenir les bras en équerre paumes ouvertes ; croiser les bras sur la poitrine et fixer son interlocuteur ,imprimer à ses lèvres des moues diverses, se pincer le nez ou se tenir le menton .. ;Ignorez  comment  ces gestes se combinent  pour souligner les mots que la bouche égrène, c’est tomber dans le ridicule dit du ‘vieux tirailleur » ( p29)

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Le parler  « des tirailleurs »

Moussé lekkole (maitre d’école)  poser toi ici,  attendre commandant peler toi ,du froid dans  ton cœur,  commandant  lui pas pressé  jamais( p32)….

la fête du kattos souliyé (14 Juillet)

L’officier qui se comportait comme un grand Seigneur portait un monocle ;C’ était d’après son boy un chausse-œil  réservé aux seuls fils uniques des familles princières de France (p74)

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Le marabout

Il se pencha sur les signes qu’il avait tracés   et s’abimant dans une profonde méditation ,il resta pratiquement  absent pendant une demi heure .Il transpirait comme un canari rempli d’eau. Enfin il releva la tête et expira bruyamment l’air de ses poumons ,tout comme un plongeur qui remonte à la surface  (p70)

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L’inspecteur  

Son arrivée inattendue produisit l’effet d’un caillou lancé dan une mare ou coassent des grenouilles gavées ;Chaque bete se tait, tremble  plonge dans l’eau de toute la longueur de ses pattes pour se faire oublier p85

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Le chant du griot

 qui fait l’éloge de la France   

Bordeaux et Marseille  ports d’attache des « bateaux à fumée » et points terminus de 2 étroites  routes métalliques ,étendues comme 2 boas démesurés ,sur lesquels glissent des pirogues terrestres  à la vitesse de l’épervier qui fonce sur sa proie ! (p140)

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L’heure  

le matin  quand : le soleil plaquait sur l’horizon oriental son immense rond jaune d’or

Vers 10 heures quand :le soleil sera dans le ciel à la hauteur d’une hampe de lance

A Midi : quand le soleil surplombait  les têtes et les houppiers des arbres

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Le noir blanc

Wangrin tira de sa poche un morceau de toile blanche de forme carrée .il s’en moucha …il était vraiment un « noir blanc » vraiment réussi (p 198 )

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il exulta avec la joie d’un égaré mourant de soif dans le désert et tombant inopinément  sur une oasis  inespérée 

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le fétiche

Wangrin l’interprète devenu commerçant

et un homme très riche grâce à son fétiche et à ses ancêtres  

mais le malheureux néglige ce fétiche et oublie d’honorer ses ancêtres

Il termine sa vie dans la misère

amen !

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philosophie

La vie est une vieille neurasthénique .Elle frappera bons et mauvais ,pieux et incrédules  du même bâton : la mort

L’homme c’est l’être  qui s’aime si bien qu’il ne sent pas sa propre mauvaise odeur  alors qu’il répugne à la moindre odeur chez les autres  p 414 

La Vie ici bas est un champ de lutte .Des rivaux s’y affrontent parfois férocement  ..Or quand on a plus en face de soi un partenaire de taille ,le combat perd ses attraits et cesse d’être viril

Le jour de la mort de son rival , il faut savoir pardonner (p 425)

 

Merci mon Dieu de m’avoir créé noir (B Dadié)

13 novembre, 2018

Les  « noirs » ont connu

l’esclavage, la colonisation ,les humiliations

et maintenant peu à peu ,

 ils découvrent  avec rage

tout ce que les occidentaux ont écrit sur eux

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On comprend leur colère ! 

Comment ne pas vouloir  comme Fanon  rejeter l’occident ?

mais ce n’est plus guère possible !

le monde a évolué top vite

il est impossible de l’ignorer

il faut faire  avec !

les « noirs » doivent s’adapter

accepter l’avance des occidentaux 

mais il doivent aussi  dorénavant apporter leurs contributions

leurs charismes

leurs richesses culturelles

que l’on a tant « dénigré »  

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Parmi ces richesses

les relations humaines

le sens de l’hospitalité  

le respect de la nature

les noirs ont été de tout temps les écologistes ua service de la nature  

et en plus

malgré tout leurs déboires

l’optimisme ,la  danse ,la musique  

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Des richesses qui ont déjà transformé notre monde si froid

parfois si inhumain 

le jazz , le gospel , les arts contemporains souvent inspirés par les arts africains

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La littérature africaine  

toujours ignorée

et pourtant féconde

le théâtre africain en recherche

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Fadaise ! dira t on

amusement, frivolité, enfantillage 

« de ceux qui n’ont rien inventé »

«  de ceux qui n’ont pas d’histoire » 

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Rien à voir avec la science des occidentaux

qui guérit , qui prolonge la vie

mais qui trop souvent nous déshumanise

nous robotise

nous pollue

nous tue  

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Les noirs seront peut être les sauveurs de l’humanité

Les derniers seront les premiers …

La pierre rejetée par les constructeur est devenue pierre d’angle…

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Bernard Dadié

Je te remercie  mon Dieu de m’avoir créé noir

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Les écrivains africains et la bible

12 novembre, 2018

 

Pius Ngandu Nkashama 

L’Afrique est le vrai peuple élu

Le «  black Christ »  devient une projection métaphorique de la souffrance des noirs considéré comme « le peuple de Dieu ,,le peuple élu » ce peuple qui assume toutes les douleurs de l’humanité afin de sauver le monde de son péché de racisme

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Philippe Masegabio Nzanzu

Israêl, le « peuple de Dieu »

délivré de l’esclavage par Moïse

ce peuple

n’est autre que le peuple noir  

Il y eut un vent qui vint

et soumit  Israël aux fers et à la férule

Israël le Pa-ïen incivilisé

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Senghor

un vrai chrétien qui prie pour les colons

Seigneur, au pied de cette croix – et ce n’est plus Toi l’arbre de douleur,

mais au-dessus de l’Ancien et du Nouveau Monde

l’Afrique crucifiée 

 

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Tchicaya-u-Tamsi

Pourquoi Dieu est il mort ?

J’avais mon sourire

j’avais mon front aussi large qu’un suaire

pour  le baiser de ses lèvres..

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Joachim  Paulin 

Jésus s’est incarné pour distribuer la grâce

mais où est donc cette  grâce en Afrique ?

J’appelle Anti-grâce

…La panoplie de l’homme pillé aux aurores

…son azur confisqué par des gens d’apostasie

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Béde Ukwuije  

peut inviter Joachim Paulin  à parler non plus de la théologie de la race mais  bien de la théologie de la grâce

il est vrai que Béde est avant tout un théologien  avant d’être  un écrivain  

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Williams Sassine

saint monsieur  Baly

un saint musulman qui ressemble à un saint Chrétien

le Dieu du Christ notre sauveur . je pensais qu’il me restait à souffrir comme le Christ sur le chemin du lieu du Crâne pour recevoir  enfin de Dieu ,comme lui ,le pouvoir de faire trembler la terre,  d’accomplir des miracles  en son nom …

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Valentin Yves Mundibe

entre 2 eaux

un prêtre noir assoiffé de Dieu

J’ai douloureusement besoin de Dieu

 au secours de ses frères de misère   

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Christian Etongo

Un performateur camerounais

il veut pardonner aux « blancs » mais il faut que ceux-ci demandent pardon

N’est ce pas un vrai Chrétien  ?

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Pius Ngandu Nkashama : La mort fait homme

11 novembre, 2018

Pius Ngandu nKashama, né en 1946  à Mbuji Mayi en RDC est  un poète et critique littéraire congolais

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Il est philosophe

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Il est critique littéraire 

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Il est romancier

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La mort fait homme

C’est ainsi que Pius Ngandu écrit son livre « La mort fait homme »(edt l’Harmattan)  qui est plutôt  une lamentation qu’un roman

Pius Ngandu  est profondément marqué par les manifestations  des étudiants qui furent durement réprimées le l4juin 1969

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« Nous, les enfants de la guerre totale, les enfants de la misère – de la miséricorde et de la souffrance. Les enfants de la mort, dans les cachots sombres des services de sécurité, sur les avenues des truandages et des rapines verticale. La mort a ponctué tous nos rêves, elle a traversé notre vie toute entière. Non, elle s’est installée en nous. A Mérode, à Mbjumayi. Puis à Kinshasa, à Lovanium. Cette aube saccagée du Quatre Juin. Nous étions sortis comme pour une marche joyeuse, aux limites d’un défilé d’anniversaire. Nous en étions revenus, la violence au cœur. Toutes les rues avaient été inondées de notre sang. Un ami qui vous tenait par la main le matin, un copain qui avait fait un beau rêve, qui avait partagé avec vous un morceau de pain, …

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Il se lit comme un livre de prière

Un étudiant en prison pour 15 ans se lamente

c’est bien long un mois ,quand il faut compter les heures qui s’allongent qui s’étirent  ( la mort fait Homme p23)

surtout pour un jeune  qui aimait

L’amour a été le cordon ombilical qui m’a nourri de sa vie…L’amour était devenu l’acte de mon existence ; Nous sommes condamnés à aimer…Le bonheur c’est d’aimer   aimer éperdument (p 33)   

l’amour est une vie  qui ne meurt pas  mais qui se vit intensément  ….. La religion a eu son temps et ses martyrs ; il faut à notre époque  des héros d’indépendance ,des martyrs de la liberté

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et maintenant

ma vie est repliée dans un coin perdu de l’humanité  ..claustré dans un cachot de pourriture … Quinze ans…me débiliter ainsi  atrophier ma jeunesse dans les complaintes de la nuit…Mon cachot qui me prive de l’éternité ..j’ai tout perdu .. néant, je crie ,je hurle, je me tords  (p48)

 Emmitouflés dans nos blousons de kaki déteints nous voici devenus des forçats, des bagnards, d’aveugles bagnards  numérotés au dos  immatriculés ,émasculés catalogués …faut il avoir les yeux rouges de haine à 25 ans ?

 L’humidité ,les respirations bruyantes  sur les pailles effilochées, où se jette la carcasse éreintée,  dans le coffrage de béton de sel.Et je mange les mites qui poissent  de ma tête  de termitière  (p70)

je n’ai plus la prière pieuse ,la prière fervente … plus de prière  de la ,miséricorde

 Dis leur..  dis leur que je me soumets …je voudrais tant de la sérénité de la lune savonnée de nuages

je suis a bout …j’endosserais la tenue ,l’uniforme kaki  et le treillis  je défendrai  l’ordre …leur ordre  (74)

..j’étais séduit par les merveilles d’un monde à construire différent du leur, d’un monde qui ne soit pas déchiré ! Quelle mystification !maintenant  j’acquiesce  à ma honte (p75)   

les mêmes chaines ,les mêmes boulets aux pieds,  la même impavide chicotte ; Et le même esclavage …Pour un sourire déplacé,  la traite  millénaire continue  Quinze ans (p 91)

On ne pense plus au ciel quand on a été condamné à perpétuité..  A l’éternité   comment penser encore aux félicités de la vie éternelle ( p 95)

 Est ce  une allusion à  la mort de Lumumba dont le corps fut jeté ,selon certains, dans de l’acide , quand il écrit

il avait décidé de fonder une nation , un peuple libre ; Eh bien ! Il fondera ou sinon c’est lui qui fondra comme dans le soufre et l’acide (p 96)

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