Archive pour la catégorie 'litterature africaine'

Relations entre les écrivains africains en France et les écrivains afro-américains

4 avril, 2017

  Selon Dominic Thomas dan son livre ‘Noirs d’encre » publié en 2013, la première  génération des écrivains africains se trouvant en France ont été très influencés   par les afro-américains  comme Claude Mc Kaymav Cay  Richard Wright et Chester Himes 

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Cette influence est nette chez Sembene Ousmane

quand on le compare avec Mc Cay et Richard Wright

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Claude Mc Cay : Banjo

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Dans ce roman » Banjo »  écrit en 1929, Mc Cay  raconte la vie d’une communauté noire qui vit à Marseille

une   communauté noire  strictement  hiérarchisé  qui place les antillais en haut et les Sénégalais  en bas .Le mot terme Sénégalais  désignant d’une façon méprisante tous les negro africains 

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Ousmane Sembéne : Le docker noir

Il écrit ce roman en 1956

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On lui reproche d’avoir  plagier le «  banjo » de Claude Mc Kay

mais  Ousmane  a été lui-même  docker à Marseille où il a reçu une formation syndicale.

Il  réagit contre les intellectuels de Paris qu’il juge trop bourgeois

 (Noirs d’encre  par Dominic Thomas p 106 )

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On y apprend que le quartier africain de Marseille est surnommé « Le petit Harlem marseillais »

De tous les côtés  affluaient  des hommes de couleur,  poussés par les vicissitudes de la vie et de la navigation …unis par un esprit de communauté ,de solidarité ,ils formèrent ce village ( p 113)

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Richard Wright

« le docker noir » ressemble aussi étonnamment à « l’ enfant du pays » de  Richard Wright

Ils ont la même histoire

Tous les 2 ,  « le docker » et « l’enfant » sont condamnés pour avoir commis un meurtre

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Pourtant les auteurs se différentiaient nettement

Ce qui distingue l’écrivain africain et l’écrivain afro américain c’est que ce premier fut élevé dans une culture noire qui malgré les bouleversements de la traite  et de la colonisation continue à exprimer une identité  culturelle africaine ;;; en revanche l’écrivain afro américain sevré des terres et de sa culture ancestrale par la traite se trouve tiraillé entre une culture africaine à laquelle il n’appartient plus et une culture américaine  qui le rejette ( P 99)

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Ds échanges interculturelles plus cordiales  commencèrent avec «   présence africaine » à partir de 1947

le comité de patronage de la 1é édition comprenait en effet  des personnalités comme Camus  ,Aimé Césaire ,Gide,Paul Hazoumé  Senghor …Richard Wright  (p 102) 

2 romans sur l’ esclavage écrits par des africains Ousméne Sembéne et Henriette Akofa

2 avril, 2017

Ousmane Sembéne : La noire de …

En 1962   Ousmane  avait  abordé ce problème de l’esclavage  moderne dans son roman  ‘la noire de… »

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Henriette Akofa : « l’esclave moderne en 2000

Henriette Akofa est une togolaise qui elle même s’est retrouvée en France victime de cet esclavage moderne

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La « noire de » Sembène  était une  victime de l’idéologie coloniale  française t andis que « l’esclave » moderne de Akofa  est la victime de structures oppressives  autant dans l’Afrique postcoloniale qu’ au sein de la diaspora en France

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  Ce nouvel esclavage conduit des milliers d’enfants et de femmes des pays pauvres pourvoyeurs vers les pays riches du continent « employeur »  de main d’œuvre ,où ils sont soumis au travail forcé sur des plantations ,à la servitude économique  ,à la servitude et à l’exploitation sexuelle ( Dominic Thomas : Noirs d’encre   p 132)

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Ce livre est préfacé par Robert Badinter  qui souligne

l’adolescente quitte son Togo natal pour ce qu’elle croit être Paris  et ses lumières …que d’illusions    

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A peine  arrivée à Paris, elle est employée par un couple africain qui l’accable de travaux ménagers et l’empêche de sortir  

je suis allé regarder la France par le fenêtre .Dans mes rêves,je ne la voyais  pas comme cela J’avais imaginé un pays avec beaucoup  d’arbres et de couleurs .Là sur le boulevard gris ,c’était le même goudron ,le même ciment qu’à Lomé .Et puis je n’avais pas l’habitude de voir des barreaux aux fenêtres (p 136)

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Akofa  fustige les autorités Françaises qui, par leur silence complice,  tolèrent l’oppression en refusant de parler d’esclavage 

Deux « féministes » africaines Fatou Keita et Calixthe Beyala

1 avril, 2017

Fatou Keïta : « rebelle «  en 1998

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Fatou  Keïta est une ivoirienne rebelle

Oui !

Elle ose aborder des problèmes qui font mal

les regarder en face

tel que l’excision 

Les femmes africaines sont doublement victimes  d’abord de l’intérieur, au sein même de leur culture, et ensuite de l’extérieure (leurs sauveteurs )…Si l’impact du féminisme  occidental a été bénéfique aux femmes africaines ,les effets positifs on y été constamment amoindris par le rôle des militantes occidentales  qui tiennent à parler  pour les femmes africaines ,,les faisant ainsi se taire( Dominic Thomas : Noirs d’encre  p 154)

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Maintenir la pratique de l’excision permet aux immigrés d’éviter la marginalisation et donc la rupture avec la société d’origine ,et peut être  et c’est le plus important ,de lier des liens avec la  communauté africaine résidente en France  (p 157)

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Son Roman: “Rebelle”

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On apprend que grâce à l’excision les jeunes femmes allaient enfin devenir des femmes  digne d’être respectée  ..le village entier les admirerait  mais la narratrice pose alors la question

N’étaient elles pas née femmes ?

Fatou Ké¨ta ,pense t elle à la déclaration de Simone de Beauvoir qui dans un autre registre avait déclaré « .on ne nait pas femme on le devient » en affirment que la féminité  ne peut être acquise que par une  émancipation consciente et en assumant sa responsabilité personnelle  (Dominic Thomas : Noirs d’encre  p 166

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Calixthe Beyala

Calixthe est bien connue en France

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C’est une militante

Elle attaque

et on l’attaque

Elle défend sa culture mais avec un esprit critique

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En 1995 elle s’adresse aux françaises  

lettre d’une africaine à ses soeurs occidentales

Elle parle de l’excision et la polygamie

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En 2000 elle écrit aux siens

lettre d’une afro Française à ses compatriotes  (2000)

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Certes elle est féministe

Mais  avec les africains il lui faut prendre des gants

Elle négocie !  

C’est le féminisme de la négociation  

dans de nombreuses cultures africaines ,le fondement des valeurs partagées sont les principes de négociation ,d’arrangement, de compromis ,d’équilibre …le féminisme  africain combat avec les armes de la négociation et du compromis

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L’arrogance des occidentaux

François Lionnet déclare  

Condamner l’excision en tant que violation des droits de L’homme  c’est présupposer arbitrairement qu’une telle pratique est la seule forme  de violence  sanctionnée culturellement et qui mérite d’être dénoncée alors que nous savons que de nombreuses autres formes de violence  ne sont pas réprimée par la loi dans le contexte occidentale ,et que certaines de ces pratiques sont répréhensibles et choquantes pour les africains ( p 164)

L’immigration vu par Bernard Dadié dans le ‘nègre de Paris’

31 mars, 2017

Fatou Diome dans son roman « le ventre de Paris » s’adresse aux jeunes africains et leur déconseille d’immigrer

La France n’est pas un  paradis 

Ne venez pas !

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Le nègre de Paris

En 1956

il y a plus d’un demi siècle

avant même les indépendances

Bernard Dadié  était aussi venu en France

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Comme l’homme de Barbès de Fatou Diome

Il décrit aussi Paris  dans son roman  « le nègre à paris »

mais de son temps  venir en France

ce n’était pas encore la galère pour un africain

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Bernard Dadié décrit donc la vie à Paris avec beaucoup d’humour

Il se moque

Il rit

Il éclate de rire

le rire contagieux ,bruyant de l’Africain joyeux

  Il s’étonne devant l’utilisation intensive des mouchoirs

Les casques dont se servent les coiffeurs pour les indéfrisables deviennent des «marmites blanches »

A Paris ce sont les hommes qui coiffent les femmes

la jupe que portent les femmes ressemblent à une « espèce de pantalon qui se passe par la tête (p172)

les amoureux s’embrassent sur la bouche au vu et au su de tout el monde (p 82) 

On nomme les soutiens gorges « petit pirate ,Ecrin d’Amour …Nid de fauvette (p 183)

la robe est  portée par les prêtres ,les avocats ,les magistrats  mais celles qui la porte le mieux se sont les femmes

 

Ici comme chez nous ,les femmes mènent discrètement leur jeu (p 131)

il ya des gens qui sont pour le gouvernement ce que sont les pique bœufs chez nous ,ils ,ne l’abandonnent jamais ….On les appelle les politiques ;des hommes si habiles qu’avec eux ,on ne sait jamais sur quel pied  danser

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L’immigration : Une blessure incurable selon Fatou Diome

29 mars, 2017

Dans son roman

« le ventre de l’Atlantique »  

Fatou Diome  déconseille  aux jeunes d’émigrer  

la France ce n’est pas le paradis

L’homme de Barbès en se vantant trompe les jeunes 

Partir en France c’est aussi perdre ses racines

et l’amitié de ceux qui ne sont pas partis

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Nostalgie

Loin de son pays ,Fatou étouffe

Respirer ..,Soudain, JE me sentis isolée .Avec qui parler ? Les amitiés  d’enfance résiste parfois au temps, jamais à la distance ;la différence des itinéraires nous séparé  …j’étais nostalgique de l’ailleurs  où l’Autre est mien autrement( p 209)

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Revenu en congé dans son île ,elle écrit  

L’Atlantique grondait ,les vagues mordaient les flancs de l’île  …l’atmosphère du village devenant  irrespirable je m’éclipsais  (p 220)

Ne suis-je pas pour eux, la veinarde qui s’envole pour la Farce ?Même dans ma famille peu de gens étaient sensibles à ma mélancolie (p 239)

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Le tam-tam

Une vague d’émotion déferla en moi  aucune fille d’Afrique ,même après de longues années d’absences ,ne peut rester froide   au son du tam-tam .Il s’infiltre en vous, tel du beurre de karité dans un bol de riz chaud ,et vous fait vibrer de l’intérieur .La danse devient alors un reflexe qui ne s’apprend pas ,car elle est sensation ,expression de bien être ,réveil à soi même, manifestation de la vie ,énergie spontanée  (p225)

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Les pieds nus

Les pieds enfoncés dans le sable froid des soirs côtiers ,on ne saurait mieux s’imbiber de la sève de l’Afrique ..c’est comme une communion venue du plus profond des âges  …On peut remplacer nos pagnes par des pantalons ,trafiquer nos dialectes ,voler nos masques ,défriser nos cheveux  ou décolorer notre peau ,mais aucun savoir faire technique ….ne saura jamais extirper de notre âme la veine rythmique qui bondit dès la première résonance  du djembé (225) 

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Etrangère

étrangère partout

partir c’est devenir un tombeau ambulant remplis d’ombres …partir c’es mourir d’absence …On revient certes mais on revient autre …qui sont ces gens que j’appelle mon frère,  ma sœur…l’étranger qui débarque ? …la sœur qui part  ?(p 262)

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mais quand même

Le départ est le seul horizon offert à ceux qui cherchent les milles écrins où le destin cache les solutions de ses milles erreurs

partir ,vivre libre et mourir  comme une algue de l’Atlantique ( p 296 )

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Merci Fouta Diome ! 

L’immigration: « le ventre de l’Atlantique » par Fatou Diome

28 mars, 2017

Le ventre de l’Atlantique 

en 2001  Fatou Diome publie un  recueil de nouvelles intitulé « la préférence nationale » 

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En 2003 elle publie son roman «  le ventre de l’atlantique »

pour les jeunes qui sont tentés d’immigrer en rêvant à un monde meilleur   

pour  des jeunes coincés entre l’Afrique soumise à des dictatures et une Europe aureolée de legende (Dominic Thomas )

 

Souvenir nostalgique du village

Les enfants regardent  sur l’écran de l‘unique télévision du village les réclames entre 2 émissions et voient  

un énorme cône de glace ,aux couleurs chatoyantes …  puis un enfant bien potelé apparaît ,en léchant goulument la  glace démesurée …les glaces , les enfants n’en connaissent que l’image  …pourtant, ils y tiennent à cette glace…tandis qu’un vieux pécheur  qui regarde aussi la télévision dégage une odeur fétide … ,mais les enfants ne  le disent pas …le respect ça vous cloue le bec ( p 22)

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Au loin le soir on entend le bruit des pilons

Ces coups de pilon  résonnent  Ils précédent toujours l’appel du muezzin  et les chant des hiboux. Ils sont devenus pour  les insulaires la musique annonciatrice de la nuit  .mais dans cet univers de superstitions ,ils sonnent aussi l’heure de rites  maléfiques et le glissement dans les ténèbres des peurs ancestrales( p 26)

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La Télé vu de France

On y voyait des starlettes issues d’un casting commercial ,une bande de demeurées qui ignorent tout des combats menés pour la dignité des femmes …qui dansaient sur des notes volée à divers compositeurs des 5 continents .  Elles exhibent leur corps d’anorexiques en hurlant des vers de mirlitons ;Bon Dieu, rendes moi Piaf ,Brel ,Brassens, Barbara et Gainsbourg ( p 42) 

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Les africains en France

les gens de « la bas » en Afrique ne savent pas ce que souffrent les africains en France

le tiers monde ne peut pas voir les plaies de l’Europe ,les siennes l’aveuglent ;il ne peut entendre son cri ,le sien l’assourdit ( p51)

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L’homme de Barbès

les rares africains qui reviennent en Afique en s’étant  enrichis mentent et se vantent comme l’homme de Barbès qui ment en oubliant sa misère et qui par son témoignage pousse les autres à immigrer  

Lorsque l’homme de Barbès  a l’occasion de raconter son expérience,  son public  plein  d’admiration en raffole ….«C’était comme tu pourras jamais l’imaginer ….Comme a la télé ,mais en mieux ,car tu vois tout pour de vrai ..Tu vas pas me croire …

Rien que leur aéroport est plus grand que notre village… La tour Eifel et l’obélisque ,on dirait qu’ils touchent le ciel .les champs Elysées ,il faut une journée pour les parcourir tellement  les boutiques de luxe …regorgent de marchandises  ..

L’arc de triomphe ..car les blancs  sont orgueilleux  …Ils érigent  un monument au moindre de leurs exploits t

Pour les grands hommes ils ont un cimetière  de luxe le pantheon :un prince pourrait y vivre ,…dire qu’il y mettent des morts ( p95)

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La vie en France

La bas, pas besoin de payer une dot pour se marier .les femmes  te font tout ce que tu veux

le samedi ils font les  courses en voiture  dans des supermarchés  ou on trouve tout ce qu’on peut imaginer  ,même  de la nourriture toute cuite

Il n’y a pas de pauvres car même  à ceux qui n’ont pas de travaille ,on paie un salaire :Ils appellent ça le RMI

L’état donne de l’argent aux familles en fonction du nombre d’enfants

Alors plus ils procréent ,plus ils  ramassent .La bas on gagne  beaucoup d’argent .même  ceux qui ramassent des crottes de chiens  dans la rue, la mairie de Paris  les paie (p 99)

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La misère  

Comment l’homme de Barbès aurait il pu raconter qu’il avait d’abord hanté les bouches de métro ,chaparder pour calmer sa faim,  faire la manche ,survécu à l’hiver grâce à l’armée du salut…perpétuel clandestin munis d’un afflux titre de séjour…..Il avait  pratiqué le marteau piqueur, de chantier en chantier par tous les temps ( p 102)

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Fatou raconte l’histoire d’un autre truand qui avait mieux réussi… et du jeune Moussa venu en France pour jouer au foot dans un club où il mène une vie d’enfer .Expulsé ,étant sans papiers, il retourne au village et se suicide en se noyant dans l’atlantique

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L’instituteur du village

Il essaie de dissuader les jeunes de partir à leur tour

mais en vain !

l’homme de Barbès les a séduit ! 

Yambo Ouologuem : Le devoir de violence

17 décembre, 2016

Selon Yambo Ouologuem ,le monde des africains,le monde des ancêtres était un monde violent 

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Les chefs étaient des tyrans

le peuple n’avait  qu’à se soumettre 

Ils étaient tous des esclaves

bien avant l’arrivée des blancs

qui furent accueillis en sauveur

la négraille ,sauvée de l’esclavage ,accueillit ,heureuse ,l’homme blanc ,qui, souhaitait elle ,lui ferait oublier la cruauté de Saif aussi puissant que redoutablement organisé (p 41)

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Mais si par la suite, les blancs ont pu acheter des esclaves à leur tour, c’est parce qu’ils y avaient des esclavagistes africains

Saïf ,le bon roi des rois nègres intensifia la traite des esclaves ..et le nègre ,abattu ,stocké ,marchandé,disputé, adjugé fouetté ,attaché  fut  livré ..aux portugais  aux espagnols, aux arabes , aux français … aux 4 vents (  p 18 )

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Est-ce de la hargne, de la rancœur ,du dégoût , Ouologuem se moque de la vision irénique des ethnologues blancs dont Shrobénius, un idéaliste, qui vante la culture africaine

 Il considérait que la vie africaine  était art pur, symbolisme effroyablement religieux ,civilisation jadis grandiose,-hélas victime des vicissitudes  de l’homme blanc (p 102)

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Pas si naif quand même le Shrobénius !

De retour en son pays il en tira double profit :D’une part ,il mystifia son pays ,qui enchanté ,le jucha sur une haute chaire Sorbonicale  et d’autre part il exploita la sentimentalité négrillarde  par trop heureuse de s’entendre dire par un blanc que l’Afrique  était le ventre du monde et berceau de la civilisation (p 111)

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Ouologuem a eu le  prix Renaudot pour ce livre en 1968 ?

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Est ce pour l’histoire ?

Est ce pour la forme ?

car il faut le reconnaître

il a du style

Est ce pour la violence ?

Une femme est enceinte .on la pousse on la bouscule à coup de genoux ;Elle accouche debout en marchant, .A peine coupée le cordon et jeté , d’un coup de pied ,hors de la route ,l’enfant ,l’on avance ,sans s’inquiéter de la mère hagarde qui boitille ,délire ,titube vagissant puis tombant  cent mètres plus loin, écrasée par la foule (p 37)

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Est ce  pour les descriptions  pornographiques ? 

On sait que Yambo Ouloguem a publié en 1969 une encyclopédie pornographique sous le pseudonyme d’Utto Rodolph, « Les Mille et une bibles du sexe »

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Chinua Achebe :Le monde s’effondre

13 septembre, 2016

Okonkwo ,est le héros du «  monde s’effondre »

écrit par Chinua Achebe en 1958

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Okonkwo est un homme estimé par tous les gens de son village

Il est courageux ,travailleur

Il respecte les ancêtres

il défend son clan et les coutumes

même quand l’oracle du village lui demande de tuer Ikemefuma un jeune garçon qu’il a accueilli dans sa maison

et qui était devenu le grand ami de son fils ainé  Okoye

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et voici que le blancs arrivent

Okoye devient chrétien à la grande fureur de Okonkwo

Une furie soudaine se leva en lui et il éprouva un violent désir de saisir sa machette ,d’aller à l’église et de balayer toute cette méprisable bande de mécréant … comment pouvait il avoir donné naissance à un fils tel que Nwoye ,dégénéré et efféminé (p 178)

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Okoye n’est pas le seul à devenir chrétien

de plus en plus  de gens du village se convertissent

tandis que les blancs emprisonnent et  humilient les récalcitrants 

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Okonkwo désemparé se suicide

Que reste t il de ses croyances de la tradition

de sa culture ?

le chi ,Chukwu …le culte des ancêtres ,la force du clan 

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Le chi   

est le double de chaque individu

un Dieu personnel

mais ce chi n’est pas toujours bienveillant

Ainsi

Unoka était marqué par un destin mauvais  .Son Chi ou dieu personnel était mauvais et la mauvaise fortune le suivit jusqu’à la tombe …(p 28)

ce n’est pas le cas de Iplus  

Iplus on pouvait dire que son « chi » ou  dieu personnel  était bon (p 38)

Okonkwo pensait  avoir un bon « Chi » mais il eut tant de déboire qu’il finit par en douter et se suicider

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Chukwu

Les Igbo croient ils en un seul Dieu ?

Chinua Achebe  nous donne un dialogue très révélateur entre un ancien du village et le père Brown ,un missionnaire

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L’ancien dit

Vous dites qu’il y a un Dieu suprême  unique qui a fait le ciel et la terre  «  Nous croyons aussi en lui et nous l’appelons Chukwu ..il a fait le monde entier  et les autres dieux …

Le père répondit

il n’y a pas d’autre Dieu ..  Vous sculptez des morceaux  de bois et vous l’appelez Dieu

l’ancien dit

 Oui  c’est un morceaux de bois .L’arbre dont il provient a été créé par Chukwu de même en effet que tous les dieux inferieurs Mia il est créé pour être ce messager….( p209)

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Le culte des ancêtres

parmi ces messagers du Dieu suprême ,unique se trouvent les ancêtres qu’il faut respecter

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Le clan

Chinua Achebe insiste aussi  sur la force du clan 

Lors d’une assemblée du village, un vieux s’adresse aux jeunes qui veulent quitter père et mère pour suivre le Christ

J’ai peur pour vous les jeunes parce que vous ne comprenez pas quelles force ont les liens de famille .Vous ne savez pas ce qu’est que de parler d’une seule  voix  et quel est ce résultat ? Une religion abominable s’est installée parmi vous …un homme peut maintenant abandonner son père et ses frères…Il peut maudire le dieux de ses pères et ses ancêtres …j’ai peur pour vous… j’ai peur pour le clan ( p 194)

 « Le monde s’effondre » par Chinua Achebe edt présence africaine 1966

Emmanuel Dongala : Johnny Chien méchant

18 janvier, 2013

En ces jours où recommence une guerre au Mali

il serait peut être instructif

de relire le roman d’Emmanuel  Dongala

« Johnny chien méchant »

pour mieux comprendre

la détresse de tous ceux qui vont de nouveau errer sur les routes  

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Dans ce roman poignant

Emmanuel Dongala

comme déjà l’avait fait Kourouma

 parle des enfants soldats

manipulés par des intellectuels inconscients   

Un intellectuel est un homme très intelligent  et qui a lu beaucoup de livres .

même quand il dort

,son cerveau fonctionne et trouve des solutions à des problèmes qui n’existent pas encore ..

Là où il n’y a pas de problèmes , il en crée, ensuite il trouve la solution

Il crée des faux problèmes pour trouver de fausses solutions (P110)

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Ce qui frappe davantage dans son livre

c’est la description insoutenable 

de la vie  des réfugiés

qui fuient sur les routes

poursuivis jusque dans les camps

ou ils pensent trouver refuge 

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Les meurtres ,les pleurs ,les cris

les vols ,les viols

la détresse immense

indescriptible

d’une population absolument innocente

coupable de rien

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Comment se fait il que je me souvienne en détail de toutes les scènes de cruauté

dont j’avais été témoin , même témoin éloigné

,alors que rien ne me restait d’un acte d’humanité qui me touchait directement ?

Est  ce à dire que le mal laissait plus  de trace dans nos mémoires que le bien ? (p 159)

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Une telle souffrance

complètement ignorée

par un monde honteusement insensible

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J’apprenais beaucoup de choses que je ne soupçonnais pas

,par exemple que pour  le monde occidental nos gorilles ou notre pétrole

 comptaient plus que nous les humains …(p 169)

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On retrouve souvent cette allusion aux gorilles

chez ces écrivains africains

comme chez Scolastique Mukasonga

qui raconte la haine grandissante entre les tutsis et les hutus

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Les mass media essayent bien de signaler cette détresse

 mais leur reportage est trop en dessous de la réalité

et ressemble parfois à un vrai viol du malheur des autres

 Lorsque j’ai vu l’oeil de la camera pointé sur moi ,j’ai été saisi d’une grande lassitude

,j’avais l’impression d’avoir déjà raconté mon histoire dix fois vingt  fois et j’en avais assez :

Je ne voulais pas transformer ma souffrance en fond de commerce (P341)

 

Scholastique Mukasonga :Notre Dame du Nil

17 janvier, 2013

Scholastique Mukasonga a  eu le prix Renaudot 2012

pour son livre :Notre Dame du Nil

Elle a eu aussi

le prix « Ahmadou Kourouma » 

 beaucoup  plus prestigieux

pour les africains

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Le roman se passe dans un  lycée de jeunes filles

dans le pays des milles collines

tout la haut

prés des sources du Nil

où se trouve la statue de Notre Dame

qui ressemble à une tutsi

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Le début du récit est assez fastidieux

pas passionnant

On confond les prénoms des filles

On a du mal a les reconnaître

Qui est Hutu ? Qui est Tutsi ?  

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Puis tout se précise

la fierté des Tutsis , belles intelligentes

le complexe des hutus ,pourtant dominantes

et un profond mépris réciproque 

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Les rêves des blancs ,qui prennent les tutsis

pour les descendantes d’Isis

ou de la reine de Saba

Pour eux ,les Tutsi seraient des juifs noirs

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Le rêve des guérisseurs et des voyants de la campagne

qui respectent les ancêtres et protégent leur tombes

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La culpabilité des missionnaires

qui ont privilégié les Hutus

au dépend des tutsi

attisant ainsi la haine entre les 2 ethnies

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Idéologie, religion, superstitions, racisme ,politique  

un mélange détonant 

qui annonce le drame

le génocide

 

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