Archive pour la catégorie 'Afrique'

Le cardinal Malula et Paul VI

24 avril, 2016

Joseph Malula estime Paul VI

et le pape le nomme cardinal

en Avril 1969 en même temps que le malgache Jérome Rakotomalala

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Paul VI à Kampala

Cet estime réciproque se comprend

car ils ont les mêmes regards sur l’église Africaine

et le même désir de voir surgir une église vraiment africaine   

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Paul VI le dit quand il se rend  à Kampala en Juillet 1969  pour  la clôture du Symposium des évêques d’Afrique 

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Paul VI dit alors

Un sentiment, Frères et Fils, est maintenant dans notre cœur: celui de respect, pour vos personnes, pour votre terre, pour votre culture. Nous sommes plein d’admiration et de dévotion pour vos Martyrs, que Nous sommes venu honorer et invoquer. Nous n’avons d’autre désir que de promouvoir ce que vous êtes: chrétiens et africains.

 ..Vous, Africains, vous êtes désormais vos propres missionnaires. ..

c’est dire que vous, Africains, vous devez poursuivre la construction de l’Eglise sur ce continent…. L’Eglise, par sa nature, demeure toujours missionnaire. Mais le jour viendra où Nous n’appellerons plus « missionnaire » au sens technique, votre apostolat, mais natif, indigène, vraiment vôtre.

 Une question qui demeure très vive et suscite beaucoup de discussions se présente à votre œuvre évangélisatrice, celle de l’adaptation de l’Evangile, de l’Eglise, à la culture africaine. L’Eglise doit-elle être européenne, latine, orientale … ou bien doit-elle être africaine? Le problème paraît difficile, et en pratique il peut l’être en effet. Mais la solution est prête, avec deux réponses. Votre Eglise doit être avant tout catholique.

Autrement dit, elle doit être entièrement fondée sur le patrimoine identique, essentiel, constitutionnel de la même doctrine du Christ, professée par la tradition authentique et autorisée de l’unique et véritable Eglise. C’est là une exigence fondamentale et indiscutable.

Vous savez à quel point l’Eglise est par-dessus tout tenace, disons conservatrice, sous ce rapport.

Mais cette première réponse étant donnée, il Nous faut passer à la seconde: l’expression, c’est-à-dire le langage, la façon de manifester l’unique foi peut être multiple et par conséquent originale, conforme à la langue, au style, au tempérament, au génie, à la culture de qui professe cette unique foi. Sous cet aspect, un pluralisme est légitime, même souhaitable. Une adaptation de la vie chrétienne dans les domaines pastoral, rituel, didactique et aussi spirituel, est non seulement possible, mais est favorisée par l’Eglise. C’est ce qu’exprime, par exemple, la réforme liturgique. En ce sens, vous pouvez et vous devez avoir un christianisme africain.

L’Eglise africaine a devant elle une tâche immense et originale à réaliser: elle doit s’adresser comme « mère et éducatrice »

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De retour à Rome, Paul VI ne peut s’empêcher  de dire sa joie en parlant de l’Eglise d’Afrique

lors de son  audience générale du  6 aout 1969

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Paul VI dit alors

Ici jaillit l’idée qui Nous est venue au cours de cette brève mais impressionnante expérience africaine

le Christianisme…, est universel.

 Il est pour tous. Il n’a ni limites géographiques, ni limites ethniques, ni limites culturelles

. Il est unique, rigoureusement unique dans son contenu essentiel  mais organique, c’est-à-dire différencié, dans sa composition communautaire.

 Il peut être adapté et s’exprimer dans toute forme de culture humaine saine.

 On parle beaucoup aujourd’hui de ce pluralisme dans l’expression de l’Evangile Il ne s’agit pas de fractionner l’Eglise, de dissocier sa communion intime, de libérer les Eglises locales de l’harmonie avec les Eglises sœurs et de la collégialité qui oblige les Pasteurs de l’Eglise à une solidarité fraternelle et hiérarchique.

Il s’agit d’admettre dans le concert des voix de la même unité la catholicité des voix différentes, différentes comme les a faites le Seigneur (1 Co 12, 16-21), la marque de la race, l’histoire locale, la nature particulière, la tradition culturelle.

Il est merveilleux de constater comme notre religion catholique est catholique, c’est-à-dire universelle…. Tous, hommes et peuples, peuvent être catholiques, sans renier les talents qu’ils ont reçus, mais en les développant, et en les portant à un degré supérieur de plénitude d’expression et de beauté humaine.

 Au contact de la jeune Eglise africaine nous avions vu  son humanité.

 Nous avons vu un Peuple.

 Et dans la lumière de son christianisme, un Peuple bon, un Peuple ouvert à la vision difficile et sublime de la paix;… Humanité très belle, simple, vivante, africaine et chrétienne.

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Cet amour du pape  pour l’Afrique et son estime pour Malula ne va jamais faiblir quand le cardinal  va entreprendre toutes les réformes nécessaires pour « africaniser son diocèse » en instituant les Bakambi ,les communautés de base ou la liturgie Zaïroise

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Le cardinal Malula donne le pouvoir aux bakambi

23 avril, 2016

Le motu proprio sur les ministères

En Aout 1972

Paul VI  avait supprimé les ordres mineurs pour ne plus garder que le diaconat

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Le pape envisage aussi pour l’avenir d’autres ministères non ordonnés

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La 8e semaine théologique de Kinshasa

En Juillet 1973 , la  semaine théologique de Kinshasa  a pour thème 

Les ministères  laïcs dans l’Eglise

Le cardinal Malula ,conforté par le motu proprio de Paul VI déclare

dans l’œuvre de l’évangélisation du monde que le Christ a confié à son église, nous devons travailler avec les laïcs dans une réelle coresponsabilité  

En 1974 au cours du  synode romain sur l’évangélisation Malula lui-même  rappelle que  

le concile vatican II a beaucoup insisté sur le rôle de plus en plus actif des laïcs  dans la vie de l’église

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Le Mokambi

En Mai 1975 ,Malula n’hésite plus .

Il fait le saut !

Malgré les oppositions de certains missionnaires

malgré les réticences de certains laïcs

il place à la tête des paroisses des bakambi  (guides de communauté) qui ne sont pas ordonnés

Beaucoup de choses que faisait le prêtre  ,c’est maintenant le mokambi qui le fera pour vous  …C’est lui votre premier  guide au nom de l’évêque .Le prêtre sera à côte de lui pour l’aider ,le soutenir et pour vous donner  les sacrements      (le cardinal Malula et Jean Paul II par Jean Mpisi edt l’harmattan p 198)

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Exhortation de Paul VI

en décembre 1975 Paul VI semble  approuver l’institution de tels ministères non ordonnés  dans son exhortation sur l’‘évangélisation dans le monde moderne »

De tels ministères, nouveaux en apparence mais très liés à des expériences vécues par l’Eglise tout au long de son existence   — par exemple ceux de catéchètes, d’animateurs de la prière et du chant, des chrétiens voués au service de la Parole de Dieu ou à l’assistance des frères dans le besoin, ceux enfin des chefs de petites communautés, des responsables de mouvements apostoliques ou autres responsables —, sont précieux pour l’implantation, la vie et la croissance de l’Eglise et pour sa capacité d’irradier autour d’elle et vers ceux qui sont au loin. Nous devons aussi notre estime particulière à tous les laïcs qui acceptent de consacrer une partie de leur temps, de leurs énergies, et parfois leur vie entière, au service des missions.

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Difficultés rencontrées

L’installation des mokambi ne fut pas toujours facile et le cardinal doit souvent intervenir pour calmer les esprits  

« il faut un étroite collaboration entre le mokambi et le prêtre animateur  chacun respectant le rôle spécifique de l’autre … Les abbés doivent apprendre à collaborer avec les laïcs ..ce qui exige de la part des prêtres une véritable conversion des mentalités excluant tout complexe de supériorité …une charité sans hypocrisie …une confiance qui accepte les risques …Nous croyons en la présence de  l’esprit saint dans ce peuple animant  et le clergé et les laïcs

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Les communautés ecclésiales  de base

C’est pas fini !

en 1977 le cardinal réorganise toutes les paroisses

L’unité de base n’est plus la paroisse, mais les quartiers

Dans chaque  quartier les chrétiens se rencontrent régulièrement

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Le centre paroissial  reste le centre culturel et notamment le lieu de l’eucharistie

les jeunes sont invités à devenir des « bilenge wa minda » c’est-à-dire des jeunes de la lumière

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Les liturgies en rite Zaïrois  s’organisent

La danse est  l’expression souveraine de l’art africain …Par l’intermédiaire de la chorale ,le peuple est associé étroitement à l’action du prêtre  

 Ainsi  en 1976 l’église  « au visage africain » est pour l’essentiel édifiée

et Malula en fait le bilan dans un petit livre

l’eglise de Dieu qui est à Kinshasa vous parle  

Le pape Paul VI et la théologie Africaine

22 avril, 2016

Adapter la liturgie en Afrique

c’est bien !

organiser la pastorale et créer des bakambi

c’est bien !

L’inculturation

c’est bien !

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Mais toucher à la théologie

parler d’une « théologie africaine »

c’est autre chose !

Il n’est pas question de toucher aux dogmes

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Paul  VI, qui jusque là acceptait avec joie les réformes du cardinal Malula à Kinshasa

commence à douter   

Faut il une théologie africaine ?

Malula et les théologiens de Kinshasa ne vont-ils pas trop loin ? 

Inculturer c’est insérer le message chrétien dans une culture ..L’Africain chrétien doit pouvoir se mettre à l’écoute de l’appel de Dieu en étant  fidele aux aspirations légitimes de sa tradition … Il le sera dans la mesure où il vivra l’évangile en harmonie avec la religion des ancêtres (Abbé Penoukou )

Voir  (le cardinal Malula et Jean Paul II par Jean Mpisi (edt l’harmattan p  252)

En 1974 ,Paul VI doute ,hésite ,met en garde contre « les théologies diversifiées selon les continents »

 

1975 :Message adressé à la SCEAM

En 1975 de nouveau, Paul VI encourage les évêques lors du symposium des évêques d’Afrique et da Madagascar (SCEAM)et leur dit

Certes, c’est une lourde responsabilité que vous avez reçue, vous, les membres de l’Episcopat africain, qui constituez pour la plupart la première génération de Pasteurs issus de vos peuples et de qui dépend pour une grande part la voie sur laquelle vont s’engager les générations futures.

C’est bien pour cela que, depuis des années et plus particulièrement pendant ce Symposium, vous vous posez de graves interrogations tandis que nous-mêmes nous vous encourageons vivement et avec sympathie dans cette entreprise.

Comment rendre accessibles et persuasives pour les peuples d’Afrique et de Madagascar la Parole de Dieu, la doctrine de l’Eglise, les exigences de la Foi?

 L’Eglise qui est en Afrique n’est-elle pas tributaire d’une forme de christianisme importée qui la rend comme étrangère à ses propres populations?

 N’y a-t-il pas à chercher des voies nouvelles et plus adaptées, dans le domaine théologique comme dans le domaine pastoral, pour intégrer en les perfectionnant les valeurs culturelles traditionnelles de vos peuples, avec prudence cependant et avec sagesse?

Ces graves interrogations, nous les avons comprises, nous les avons bien saisies, et nous y avons déjà répondu en partie lors du Symposium tenu à Kampala.

Tout d’abord, il ne doit y avoir sur ce point aucune hésitation ni aucune crainte. Le fait même que la foi implantée dans ces pays ait pu en quelques décades faire surgir un épiscopat autochtone, éveiller de nombreuses vocations sacerdotales, susciter des communautés de fidèles fervents et généreux, donner naissance à des vocations admirables de catéchistes et porter même jusqu’au témoignage du martyre d’humbles chrétiens, tout cela n’est-il pas la marque d’un christianisme authentique?

La voie n’en reste pas moins ouverte à l’approfondissement de la recherche en ce domaine, pourvu que soient sauvegardées toutes les garanties essentielles toucha

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1977 : Discours adressé aux évêque du Rwanda

Le 25 avril 77 Paul VI  dit aux évêques du Rwanda venus à Rome  ( p 264)

 Nous savons que votre tâche, pour implanter toujours davantage en terre d’Afrique le message de l’Evangile dans toute sa pureté, n’est pas une mission facile. Mais vous devez savoir aussi que non seulement le Saint-Siège, mais – on peut le dire – toute la communauté ecclésiale a le regard tourné vers les jeunes églises d’Afrique avec une immense espérance. On attend de vous la preuve qu’il est possible d’insérer profondément chez vous le message chrétien authentique, en respectant les lignes essentielles de la culture africaine: en d’autres termes, de donner un visage africain à l’éternel et immuable message de l’Evangile.

 Cela suppose un effort en deux directions qui, au premier abord, semblent presque impossibles à faire converger: l’adaptation et la fidélité. Il faut adapter, c’est indubitable: qu’il s’agisse de la présentation des vérités, de l’expression liturgique, etc.

 Mais le message à adapter est unique et ne peut être déguisé ni trahi: il n’y a qu’une seule Foi et qu’une seule Eglise!

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L’A.O.T.A

En Décembre 1977 des théologiens catholiques et protestants se réunissent à Accra, fonde « l’association œcuménique des théologiens d’Afrique et choisissent comme secrétaire le père  Mveng 

Ensemble ,ils cherchent une théologie africaine qui ne soit ni catholique, ni protestante ,mais qui convienne à la fois aux catholiques et aux protestants ( p 268)

Non plus un théologie de « l’oppression “ mais une théologie de la charité  

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Les théologiens citent à peine les pères de l’église qui se  nourrissent  des philosophies païennes grecques et non exclusivement des Ecritures

« Ce christianisme là fait parti de l’histoire occidentale et n’ a rien à voir avec les évangiles

la Théologie africaine préfère se tourner vers les religions traditionnelles qui sont comme une préparation à l’évangile

 Nous ne sommes plus à nous demander si une  théologie africaine est possible, nous sommes désormais  sur le chantier de cette théologie

La théologie pour nous en Afrique ,n’est pas un exercice scolaire ,à grand renfort de mots pédants et de formules énigmatiques .Pour nous la théologie appartient à la totalité de notre expérience religieuse ,à la globalité de notre vie  (père Mveng p 271)

La théologie  africaine à eu un « accouchement difficile ,mais l’enfant est nègre (Malula) 

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En Janvier 1978  le cardinal Malula déclare  lors d’un colloque qui a lieu au  Cera (centre d’études des religions Africaines)  fondé en 1966 par l’abbé Vincent Mulago )

Le CERA est appelé à jouer un rôle important….. .

Par son incarnation ,le Verbe est venu habité parmi nous ,peuples africains ,non pour détruire la religion de nos ancêtres  mais pour la porter à sa plénitude et sa perfection ( p 273)

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Paul VI meurt en aout 78

Le pape Jean Paul II et la théologie Africaine

21 avril, 2016

 

Paul VI encouragea vivement les évêques et les théologiens africains

à élaborer  une «  théologie africaine »

Ce ne fut pas le cas de Jean Paul II 

qui fut un frein

et quel frein !

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Discours  aux évêque du Zaire

La position de Jean Paul II est résumée dans son discours  aux evêques du Zaîre en visite « ad limina » à Rome  le 30 avril 1983

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Les bakombi

A propos des bakombi qui étaient des responsables laïcs que le cardinal Malula avait placé à la tête de certaines paroisses  le pape déclare   (le cardinal Malula et Jean Paul II par Jean Mpisi (edt l’harmattan p 357)

 Il est évident que tous les chrétiens d’Afrique ne participent pas de la même manière à l’élaboration d’une théologie. De même, il faut écarter vigoureusement l’idée que vis-à-vis des ministères et des sacrements, tous les membres des communautés chrétiennes ont les mêmes responsabilités et les mêmes pouvoirs. 

Quelques théologiens ont prétendu “remodeler” les ministères. Mais, qui ne le voit? Un ministre désigné par la communauté, ou comme on le dit parfois par la “base”, ne peut être le légitime collaborateur des évêques et des prêtres

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La théologie Africaine .

De leur côté, les théologiens se sont vu reconnaître une place importante dans l’Eglise. Ils sont les “coadjuteurs” formels du magistère, notamment dans l’approche des questions nouvelles, dans l’approfondissement technique de l’étude des sources de la foi. Il n’en reste pas moins vrai que seuls le Pape et le Collège épiscopal sont les organes du magistère et que ce magistère ne se délègue pas

Dans le jaillissement de la vie, dans le bouillonnement de la recherche intellectuelle comme dans les réflexions sociologiques sur l’inculturation de la foi, bien des idées peuvent s’exprimer, bien des expériences peuvent être tentées. Mais n’oubliez pas que c’est à vous, les évêques, en union avec le successeur de Pierre, qu’il revient de juger en dernier ressort de l’authenticité chrétienne des idées et des expériences.

Vous êtes certainement conscients d’un danger: celui de laisser se constituer une philosophie et une théologie de l’“africanité” qui seraient uniquement autochtones et dépourvues de lien réel et profond avec le Christ; 

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La tradition et les pères de l’Eglise 

Dans cette tâche, l’œuvre théologique réalisée en Afrique peut assurément rendre bien des services, à condition qu’à la base de la lecture qu’elle entreprend, il y ait la Bible, les Conciles, les documents du Magistère connus dans leur authenticité et leur intégralité.

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Le rite Zaïrois

Jean Paul II ne veut pas de ce rite 

pas même   lors de son premier  voyage à Kinshasa ou lors de la béatification de la sœur d’Anwarite

mais pressé par Malula et son clergé, il finit par céder et approuve le rite zaïrois le 30 avril 1988

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Les soutiens du pape

Jean Paul II  est approuvé chaleureusement par  le cardinal Gantin(Bénin) qui déclara

 il fut un temps où l’on s’interrogeait sur la possibilité d’une théologie africaine .Le débat était alors passionné à Kinshasa ,l’on s’en souvient ….depuis un consensus a été atteint et ce temps devrait être révolu …(p 363)

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 Ratzinger,  alors préfet de la congrégation de la foi déclare

 la théologie africaine est davantage un programme qu’une réalité …. quand on regarde les choses de plus près ,on ne peut manquer de constater que bien des points de vues que l’on préesente comme africains sont en réalité d’importation européenne … »

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un théologien  camerounais Nazaire Abeng écrit

En 1983 le débat sur la théologie africaine est il clos ?…. c’est l’avenir de la théologie  africaine  elle même qui en décidera

 

Le cardinal Malula et la mariage coutumier

20 avril, 2016

 

Congrès à Yaoundé

 En Avril 1984 « l’association œcuménique des théologiens d’Afrique  « (A.O.T.A)

organise à Yaoundé un congrès qui réunit 60 théologiens africains et 25 théologiens européens 

sur le thème « Mission de l’église aujourd’hui »

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Le cardinal Malula en profite pour aborder avec son énergie habituelle

et ses convictions bien ancrées, le  problème du mariage et de la famille en Afrique

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 Nous insistons sur notre droit à la différence ..pour tous ceux qui seraient tentés d’universaliser et d’implanter partout un modèle unique du mariage dit « Chrétien » et de la famille dite « Chrétienne » 

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…Chez nous le mariage qui engendre la famille apparaît  comme un acte éminemment personnel et réellement communautaire …Une alliance entre deux familles… une alliance …par étapes successives….C’est ce que les européens n’ont pas compris

…disons  le tout net la mariage « chrétien » fonctionne mal en Afrique

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Dieu nous a établi  responsable de l’évangélisation de ce continent.C’est à nous qu’il appartient d’éclairer les chrétiens ,de libérer   leur conscience en ce domaine comme ailleurs

Héritiers de la tradition africaine  dans ce quelle a de meilleur ,nous devons respecter le mariage coutumier ,,le prendre pour un mariage valide et non pour un concubinat

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On nous a dit que le mariage chrétien fonctionne mal en Afrique ,mais existe-t-il  un modèle unique de mariage dit « chrétien »

Peut-on légitimement imposer la manière de se marier et de consommer le mariage d’un peuple aux autres peuples qui ont leur propre manière multiséculaire tout aussi valable de se marier

 « le cardinal Malula et jean Paul II par Jean Mpisi (edt l’harmattan) p 369

Noel 2O13 et la guerre

27 décembre, 2013

Voilà 2 mots qui ne vont vraiment pas ensemble

Noel et  la guerre !

Noel c’est la paix de Dieu qui vient à nous

Ce jour là, les anges chantent

Paix sur terre aux hommes qu’il aime

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Le pape François

François  si souriant d’habitude avait pour sa première bénédiction

« urbi et orbi » le jour de Noël 

un air grave ,triste

en parlant des peuples en guerre   

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La guerre partout

La Syrie depuis 3 ans

pendant qu’en Irak cela continue

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En Afrique centrale

Le Soudan ,la Centrafrique ,le Mali ,la RDC ,les Boko haram au Nigeria

Le printemps arabe est devenu un cauchemar 

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En Asie l’Afghanistan  le Pakistan ,la Thaïlande, la Corée du nord  

En Europe l’Ukraine  

En Amérique les trafiquants de drogue du Mexique ,les Farc de Colombie  

mais Où donc est la paix ?

« paix aux hommes qu’il aime »

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Les enfants

Noël la fête des enfants

qui immigrent par millions avec leurs parents

les enfants soldats

«  à qui ont a volé leur enfance »(le pape)

les enfants exploités

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Kalachnikov

Kalachnikov est mort le 23 decembre 2013

à l’âge de 94 ans

Longue vie !

et que de morts avec son fusil d’assaut

que l’on trouve partout

y compris à Marseille !

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Ce fusil qui chasse les migrants  partout

par millions

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Les bourreaux

Les horreurs de la guerre :tortures ,viols ,génocides , haines   

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Y aurait il comme un espoir de justice 

une petite étoile qui brillerait dans notre nuit ?

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Aliou Mahamar Touré, le bourreau de Goa qui coupait les mains des voleurs et semait la terreur

est arrêté l’avant veille de Noel , le 23 décembre

De même que le chef Maï-maï Schetani (Satan) en RDC  

Paix sur la terre aux hommes qu’il aime  

Les terroristes du Mali et le Silence de Dieu

18 janvier, 2013

Une fois de plus des milliers  de réfugiés se  retrouvent  sur les routes

Cette  fois ci

c’est au Mali

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Une fois de plus

on entend les pleurs  des enfants affamés,

le cri  des mères effondrées et des hommes désemparés

Une fois de plus des souffrances inouïes

sont  endurées par des innocents  

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Ou donc est Dieu ?

Le silence de Dieu  

est étrange 

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Le silence de Dieu  

Depuis 15 milliards d’année

Dieu reste silencieux

Combien de catastrophes naturelles

De cataclysmes  ,de cyclones ,de tsunamis ?

Et Dieu reste silencieux !

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Des guerres de religions au nom de Dieu !  

des massacres, des viols,des enfants soldats !

L’exploitation de l’homme par l’homme !

Les injustices !

La pollution et les expropriations  pour le bonheur des riches !

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La terre polluée

saccagée

violentée

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Et Dieu reste silencieux

Silence étrange

Parfois insupportable

 

Dieu est il vraiment silencieux ?

 

Oui ! Dieu est il vraiment silencieux

Ou sommes nous sourds ?

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Saint Paul dans son épître aux Romains écrit  

« Ce qu’il y a d’invisible depuis la création du monde 

se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres  (Rm 1,20)

Ou bien méprises tu ses richesses de bonté ,de patience de longanimité

,sans reconnaître cette bonté de Dieu (Rm 2,4)

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Cette bonté qui se révèle d’abord à travers sa création

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Cette création qui est

non seulement un signe de puissance

mais aussi un  signe d’amour

Dieu nous a tout donné

« J’ai vu Dieu dans une fleur » dit Linné

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La grandeur de l’homme

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Mais et surtout ce qui est tout prés de nous et qu’on ne voit plus

la générosité des humbles

malgré leur misère

la tendresse et le dévouements des mères

la bonté de tant d’hommes et de femmes

ouverts à la détresse des ,

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La virtuosité des musiciens

La sensibilité des artistes  

Le rêve des poètes

La science des chercheurs

autant de signes de l’amour de Dieu

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Car Dieu malgré ce silence qui nous écrase

Quand on ne sait pas écouter

 est avant tout amour

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C’est le message de l’évangile

Dieu est un père toujours prêt à accueillir l’enfant prodigue ou la femme adultère

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Il faut y  croire

malgré tout !  

 

Emmanuel Dongala : Johnny Chien méchant

18 janvier, 2013

En ces jours où recommence une guerre au Mali

il serait peut être instructif

de relire le roman d’Emmanuel  Dongala

« Johnny chien méchant »

pour mieux comprendre

la détresse de tous ceux qui vont de nouveau errer sur les routes  

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Dans ce roman poignant

Emmanuel Dongala

comme déjà l’avait fait Kourouma

 parle des enfants soldats

manipulés par des intellectuels inconscients   

Un intellectuel est un homme très intelligent  et qui a lu beaucoup de livres .

même quand il dort

,son cerveau fonctionne et trouve des solutions à des problèmes qui n’existent pas encore ..

Là où il n’y a pas de problèmes , il en crée, ensuite il trouve la solution

Il crée des faux problèmes pour trouver de fausses solutions (P110)

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Ce qui frappe davantage dans son livre

c’est la description insoutenable 

de la vie  des réfugiés

qui fuient sur les routes

poursuivis jusque dans les camps

ou ils pensent trouver refuge 

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Les meurtres ,les pleurs ,les cris

les vols ,les viols

la détresse immense

indescriptible

d’une population absolument innocente

coupable de rien

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Comment se fait il que je me souvienne en détail de toutes les scènes de cruauté

dont j’avais été témoin , même témoin éloigné

,alors que rien ne me restait d’un acte d’humanité qui me touchait directement ?

Est  ce à dire que le mal laissait plus  de trace dans nos mémoires que le bien ? (p 159)

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Une telle souffrance

complètement ignorée

par un monde honteusement insensible

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J’apprenais beaucoup de choses que je ne soupçonnais pas

,par exemple que pour  le monde occidental nos gorilles ou notre pétrole

 comptaient plus que nous les humains …(p 169)

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On retrouve souvent cette allusion aux gorilles

chez ces écrivains africains

comme chez Scolastique Mukasonga

qui raconte la haine grandissante entre les tutsis et les hutus

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Les mass media essayent bien de signaler cette détresse

 mais leur reportage est trop en dessous de la réalité

et ressemble parfois à un vrai viol du malheur des autres

 Lorsque j’ai vu l’oeil de la camera pointé sur moi ,j’ai été saisi d’une grande lassitude

,j’avais l’impression d’avoir déjà raconté mon histoire dix fois vingt  fois et j’en avais assez :

Je ne voulais pas transformer ma souffrance en fond de commerce (P341)

 

Scholastique Mukasonga :Notre Dame du Nil

17 janvier, 2013

Scholastique Mukasonga a  eu le prix Renaudot 2012

pour son livre :Notre Dame du Nil

Elle a eu aussi

le prix « Ahmadou Kourouma » 

 beaucoup  plus prestigieux

pour les africains

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Le roman se passe dans un  lycée de jeunes filles

dans le pays des milles collines

tout la haut

prés des sources du Nil

où se trouve la statue de Notre Dame

qui ressemble à une tutsi

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Le début du récit est assez fastidieux

pas passionnant

On confond les prénoms des filles

On a du mal a les reconnaître

Qui est Hutu ? Qui est Tutsi ?  

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Puis tout se précise

la fierté des Tutsis , belles intelligentes

le complexe des hutus ,pourtant dominantes

et un profond mépris réciproque 

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Les rêves des blancs ,qui prennent les tutsis

pour les descendantes d’Isis

ou de la reine de Saba

Pour eux ,les Tutsi seraient des juifs noirs

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Le rêve des guérisseurs et des voyants de la campagne

qui respectent les ancêtres et protégent leur tombes

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La culpabilité des missionnaires

qui ont privilégié les Hutus

au dépend des tutsi

attisant ainsi la haine entre les 2 ethnies

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Idéologie, religion, superstitions, racisme ,politique  

un mélange détonant 

qui annonce le drame

le génocide

 

Ahmadou Kourouma : « Allah n’est pas obligé » …de faire la guerre au Mali !

17 janvier, 2013

En ces jours ou recommence un guerre au Mali

Il serait peut être bon

pour mieux évaluer humainement la situation

de se replonger dans l’œuvre de’ Ahmadou Kourouma 

depuis « les soleil des indépendances »

jusqu’au « Quand on refuse de dire non »

en passant « par Allah n’est pas obligé »

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Cette œuvre est rassemblée en un volume

 par les éditions du seuil

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C’est l’histoire actuelle de l’Afrique

racontée crûment

par un Africain révolté

déchiré,profondément blessé

qui souffre pour son continent trop malmené 

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Allah n’est pas obligé

L’auteur veut être compris par tous

A l’aide de  dictionnaires il explique les termes qu’il emploie

mais il se sert aussi des mots ,des jurons des expressions

des autochtones  pour nous baigner

dans l’ambiance délétère,

nauséabonde des carnages qu’il décrit

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La manipulation

Le lavage des cerveaux des enfants soldats 

La foi dans les fétiches

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On est stupéfait quand il raconte la « grande histoire »  et l’attitude des dirigeants

On connaît  certes de renom

Charles Taylor le prince Johnson  et bien d’autres

Mais on ne réalise pas toujours leur folie 

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On sait que Samuel Doe fut torturé avant d’être assassiné

 mais le récit de Kourouma est tellement réaliste (p 828)

qu’on a du mal à y croire

et on se sent obligé d’aller vérifier sur wikipedia

Cliquez ICI

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La vie de  Fonday Sankok

qui coupait les mains

est délirante (P 849 )

cliquez ICI

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Invraisemblable

Ces chefs étaient des fous

Comment l’ONU ,les casques bleu et tout le tralala

ont pu laisser faire ça ?

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D’où aussi le mépris de Kourouma pour les dirigeants des divers pays

Pour chaque dictateur renversé  il répète comme un leitmotiv

« Il est chassé du pouvoir par un coup d’état

et part dare-dare avec le pognon comme un voleur » (p851)

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Il  n’épargne pas les plus grands,les plus respectés,

les plus adulés par l’Occident

comme Houphouët-Boigny

C’est un dictateur ,un respectable vieillard

 blanchi et roussi d’abord par la corruption ,

ensuite par l’âge (p 852)

 

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