Archive pour la catégorie 'Le Carmel'

Jean de la Croix : Se purifier des impuretés présentes dans la mémoire

9 mai, 2014

Dans le troisième livre de la « montée du carmel »

Jean de la Croix nous parle des impuretés qui encombrent nos mémoires  

et qui troublent notre union à Dieu 

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Impuretés venant de nous-mêmes (Livre 3,2)

Des faussetés, des passions, des jugements, remplissent l’âme d’impuretés.

 Pour ce qui est des faussetés, il est clair que les idées qui restent dans la mémoire jettent l’âme, malgré elle, dans de fausses connaissances.

 En effet, elle prendra souvent le faux pour le vrai, et le douteux pour le certain, en sorte qu’elle ne connaîtra jamais à fond la vérité.

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Au souvenir de ses imperfections, la mémoire engagera l’âme dans les choses dont elle aura reçu les images par la vue, par l’ouïe, par le goût, par l’odorat, par l’attouchement:

Le souvenir de ces objets élèvera dans le cœur des mouvements, tantôt de douleur, tantôt de crainte, tantôt de haine, tantôt de vaine espérance, de vaine joie, de vaine gloire.

Toutes ces choses blessent la parfaite pureté de l’âme et rompent son union  avec Dieu.

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La pureté est surtout nécessaire à l’âme pour recevoir les dons de Dieu,

Il sera plus utile de retenir les facultés de l’âme dans le silence et dans le repos, afin que Dieu lui parle et qu’elle l’écoute,

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Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ( I Rois. III, 10).

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Impuretés venants du démon (Livre 3,3)

Le démon agit sur l’âme par les effets de la mémoire.

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Il souille l’âme des fantômes de l’orgueil, de l’avarice, de l’envie, de la colère, et des autres passions; il lui est possible même d’allumer en elle une haine injuste, un amour vain et profane, d’autres affections déréglées, et de la séduire de plusieurs autres manières.

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.Je voudrais bien que les personnes spirituelles  comprissent la tristesse, les afflictions, la vaine joie que ces mauvais génies lui impriment à l’égard, tant des pensées qu’elles ont de Dieu, que des sentiments qu’elles ont des choses de ce monde.

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 Impuretés provoquées par les troubles (Livre 3,4) 

Des pensées troubles l’empêchent de jouir de la tranquillité, du  repos et de  la paix de l’âme.

Lorsque l’âme est ainsi troublée ;elle en souffre

elle en sent de la tristesse ou elle en conçoit de la haine ;

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 Dieu ne verse ses grâces extraordinaires que dans les âmes paisibles

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La foi (Livre 3,6)

 Il est de la dernière nécessité que l’âme se vide de tout ce qui n’est pas Dieu pour aller à lui et pour y parvenir par la foi.

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La mémoire doit, pour cette raison, se dégager de toutes ses idées, afin de s’unir aussi à Dieu par l’espérance.

 En effet la possession est contraire à l’espérance, puisqu’on n’espère que ce qu’on ne possède pas.

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 Car la foi, dit saint Paul (Hebr. XI, 1), est le soutien des choses que nous espérons, et l’évidence de celles que nous ne voyons pas. Ainsi plus la mémoire se dépouille de ses espèces, plus elle a d’espérance, et conséquemment elle est unie plus étroitement au Seigneur.

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A l’égard de Dieu, plus l’âme espère, plus elle obtient: or elle espère plus quand elle se prive de toute possession; et lorsqu’elle s’en sera privée entièrement, elle possédera Dieu aussi parfaitement qu’on peut s’unir à lui en cette vie.

 

Jean de la Croix : La Purification de la Volonté ( montée du carmel livre 3,20 ss)

7 mai, 2014

Dans le troisième livre de la « montée du carmel »

Jean de la Croix nous explique comment purifier nos pensées

pour nous unir à Dieu

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Ne pas se vanter des dons que Dieu nous donne (Livre 3,20)

Dieu nous donne par pur bonté  la beauté, la bonne grâce, les autres qualités du corps,

avec l’esprit perçant, la discrétion, le bon sens, la raison droite, et les autres perfections de l’âme.

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Il est vain  de se vanter des dons reçus  

et de ne pas les rapporter à Dieu,

Dieu nous les donne pour nous aider à le connaître

à l’aimer et à lui rendre grâce .

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Orné ainsi de ces dons,

que l’homme spirituel élève son cœur vers Dieu,

 Sinon ,il risque de chuter dans plusieurs  pièges  (Livre 3,21)  

dont  la vaine gloire, la présomption, l’orgueil, le mépris du prochain.

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Retracez en votre mémoire combien il est vain, dangereux et préjudiciable de se réjouir d’autre chose que de l’honneur qu’on rend â Dieu.

 Considérez combien il a été funeste aux anges de se plaire en leur beauté,

 puisqu’ils sont tombés aussitôt dans une horrible laideur et dans les abîmes de l’enfer.

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S’oublier

L’âme tire de là un autre profit, car elle accomplit ce que notre Sauveur déclare en ces termes

Si quelqu’un veut me suivre, qu’il se renonce soi-même (Matth., XVI, 24) ;

Ce que l’âme ne pourrait faire si elle mettait sa joie dans les dons de la nature,

puisque celui qui s’estime soi-même et qui se plaît en ses qualités naturelles

ne se renonce pas et ne suit pas Jésus-Christ. (Livre 3,22 )

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Cet abandon de soi fera couler dans l’âme un fleuve de paix;

En ne se complaisant pas dans les dons reçus de la nature, l’âme restera pure   

et elle obtiendra le fruit le plus noble et plus précieux

c’est  à dire ,la liberté d’esprit si nécessaire

 pour vaincre les tentations,

 pour souffrir les afflictions patiemment,

pour augmenter les  vertus

et pour servir Dieu avec fidélité et avec constance.

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Se détacher des  biens sensibles (Livre 3,23) 
Nos  cinq sens, la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher

peuvent nous procurer des plaisirs tout à fait légitimes 

l’homme spirituel peut il s’y attacher ?

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Lorsque l’homme spirituel entendra de la musique ou quelque autre chant harmonieux,

 lorsqu’il flairera des odeurs douces,

 ou qu’il goûtera des saveurs délicieuses,

ou qu’il touchera ou verra quelque objet agréable,

il doit aussitôt se tourner vers Dieu  

de telle manière qu’il prennent plus de joie en en remercier Dieu

et à l’aimer davantage 

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Il doit rapporter à Dieu toute la joie de son âme,

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L’homme spirituel   (Livre 3,25)  

 Cette doctrine est fondée sur l’autorité de saint Paul. Il nous enseigne que l’homme qui n’occupe son cœur qu’à goûter les délectations sensuelles est tout charnel, et ne comprend point les choses qui viennent de l’esprit de Dieu;

et que celui qui attache sa volonté à Dieu est tout spirituel : il pénètre dans les secrets du Seigneur; il juge de toutes choses ( I Cor., II, 14, 15.).

Si bien que l’âme tire de là cet avantage, qu’elle est disposée, par  cette abnégation, à recevoir tous les biens spirituels et tous les dons divins que la bonté de son Créateur voudra lui faire.

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Lorsque vous aurez purifié vos yeux du plaisir qu’ils avaient à voir,

 vous sentirez une consolation spirituelle très-agréable,

parce qu’elle se rapportera uniquement à Dieu,

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. Vous serez pénétré de semblables délices, entendant parler des choses divines ou humaines,

lorsque vous aurez soustrait à vos oreilles la vaine satisfaction qu’elles reçoivent des entretiens du monde

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Les biens moraux (Livre 3,26)

Nous entendons par ces biens moraux les vertus morales  et les habitudes qu’on acquiert en  les pratiquait toutes les œuvres de  miséricorde, spirituelles et corporelles,  l’observation des lois divines et humaines, tous les exercices enfin qu’une personne de bon naturel et portée au bien peut faire suivant les règles de l’honnêteté.

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Le bien moral est de lui-même d’une excellence et d’une valeur si considérable,

 qu’il est juste d’en faire l’objet de nos délices.

Néanmoins, quoiqu’un chrétien puisse aimer ces biens

 il ne doit pas borner là son contentement de la même manière que les païens,

 qui ne portaient pas leur vue au-delà de cette vie mortelle;

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Tout pour Dieu

 Ainsi l’obéissance, le service et l’honneur qu’il rend à Dieu,

en cultivant les vertus morales et en sanctifiant ses mœurs,

 doivent être la cause unique de sa joie.

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Plusieurs anciens ont aussi été très-illustres pour leurs vertus et leurs bonnes actions, et plusieurs chrétiens le sont encore aujourd’hui pour les mêmes causes ; mais tout cela leur sera inutile pour la vie future, parce qu’ils n’ont pas envisagé et n’envisagent pas la gloire et l’amour de Dieu.

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Il faut donc se réjouir, non pas de ses bonnes mœurs et de ses œuvres saintes,

 mais du seul amour qu’on a pour son créateur.

 Plus les bonnes œuvres méritent de récompense et de gloire, lorsqu’on les fait pour le seul honneur de Dieu,

 plus elles doivent donner de confusion à ceux qui les font par des motifs humains et frivoles.

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Les œuvres de miséricorde, les jeûnes, les aumônes, les austérités, les oraisons et les autres actions saintes,

 fondent leur valeur,

non pas tant sur leur quantité et sur leur qualité,

que sur l’amour de Dieu qu’on se propose en les faisant,

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Plus cet amour sera pur, ardent et désintéressé pour cette vie et pour l’autre,

plus elles seront parfaites et éminentes.

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 Je conclus que l’homme spirituel

doit d’un côté sevrer son cœur de toutes les consolations que le bien moral lui présente,

et de l’autre, le nourrir des seules douceurs que l’amour divin et la recherche de la gloire du Seigneur lui offrent. C’est ainsi qu’il unira sa volonté à Dieu avec toute sa force et toute sa vigueur

Isabella Bellinzaga (1552-1624) et Bérulle

29 avril, 2014

Isabella Bellinzaga

Cette « dévote italienne discrète, mystique

aidait  Charles Borromée pour l’administration des hôpitaux et des monastères du diocèse de Milan 

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En même temps, elle fréquentait les jésuites et après avoir fait les exercices de saint Ignace avait rédigé un abrégé sur la perfection chrétienne »

La vie spirituelle n’est autre chose que la connaissance de la bonté ,grandeur et toute puissance de Dieu ,

en considérant que nous sommes rien et que ce que nous sommes est par sa seule grâce 

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Elle admirait Catherine de Gênes 

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Elle connaissait « l’oratoire du divin amour » qui avait été fondé à Génes par Ettore Vernazza

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A elle seule  Isabella Bellinzaga  condense donc

les spiritualités de son temps

les exercices d’Ignace de Loyola 

les enseignements de Catherine de Genes

les leçons de l’oratoire de l’amour divin

Et les mouvements de la réforme catholique  avec Charles Borromée

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Bérulle

On retrouve toutes ces influences

Dans le « le bref discours sur l’abnégation » que Bérulle écrivit à l’âge de 21 ans

en « plagiant »presque entièrement « l’abrégé » de Isabella

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A cette époque la propriété intellectuelle n’existait pas

Et puis Isabella  n’en aurait pas fait une histoire !

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Le bref discours sur l’abnégation de Bérulle

Le fondement de l’abnégation ,le point de départ de tout progrès spirituel

c’est la connaissance de soi et la connaissance de Dieu

Dieu c’est tout l’homme c’est rien

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le premier degré de l’ascension spirituelle

c’est l’indifférence aux choses extérieures et corporelles ,

aux dignités, aux honneurs  aux richesse

à la santé ,à la vie ,à la mort etc …

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Le deuxième degré est la pauvreté  spirituelle

La fine pointe de l’âme doit laisser Dieu agir en elle

ainsi l’âme parvient à la soumission et à la paix intérieure

 

Henri IV le père Coton et Bérulle

28 avril, 2014

Henri IV

Ce roi était un chrétien médiocre mais tolérant et sincère 

Il est né dans le calvinisme

Il s’est ensuite converti une première fois à la saint Barthélemy 

revient à sa foi primitive puis de nouveau à la foi catholique

« Paris vaut bien une messe »

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Mais son abjuration fut sincère et il protégea réellement les catholiques

Tout en étant tolérant et respectueux vis-à-vis des protestants

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La conférence de Fontainebleau (1600)

en 1598 Plessis_Mornay « le pape » des reformés en France avait publié un traité sur l’eucharistie 

en 1600 Henri IV défia donc Plessis Mornay  en lui demandant de défendre ses thèses  à Fontainebleau devant Du Perron évêque d’Evreux

Celui-ci fut brillant  et convainquit le roi qui dorénavant encouragea tous les gentilshommes de sa cour à devenir catholique

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Il rétablit en France les jésuites bien qu’il ne les aimait guère

Il protège les religieux 

Il pose la première pierre de l’église des Feuillants rue st Honoré à Paris

Il autorise l’établissement des clarisses capucines à Paris (Bvd des capucines)

Il favorise la réforme de Fontevrault …..

Le haut clergé devient une véritable aristocratie  au sein de la cour

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C’est sous Henri IV que germe vraiment le renouveau catholique qui va s’épanouir au cours du 17è s

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Le Père Coton

Ces mesures sont dues en grande partie grâce à l’influence du père Coton

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Grâce à son amabilité 

Il obtient à la fois la confiance de madame Acarie et de Henri IV

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Bérulle

Le père Coton eut aussi une grande influence sur Bérulle

Il a été pour lui un protecteur ,un confident et sans doute aussi un maître de vie intérieure

C’est le pére Coton qui présente  au roi « le discours des controverses » de Bérulle

Et en 1611, il assistera à la première  réunion des prêtres de l’oratoire

(Dagens :  Bérulle p 171 ss)

Bérulle et l’établissement des carmélites en France

27 avril, 2014

Sous l’impulsion de madame Acarie et du père Beaucousin, un chartreux de Vauvert ,

Bérulle part en Espagne chercher  des carmélites ,

ce qui ne se fit pas sans mal car les carmes s’opposaient à ce projet  

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La sœur Anne de Jésus

  est un espagnole qui fut la première fondatrice en France   

Puis il y eut Anne de saint Barthélemy  qui fonda Pontoise

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En quelques années furent ainsi fondées  plusieurs  carmels en France

Il est vrai que selon les constitutions, chaque carmel ne doit pas dépasser une vingtaine de religieuses

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Anne de Saint Barthélemy

fut une vraie conseillère spirituelle et un soutien pour Bérulle

Pourtant ils étaient bien différents

Bérulle est un homme de grande culture qui a participé à tous les courants intellectuels et spirituels de son siècle

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Anne ne sait presque rien et ce qu’elle sait,

elle le doit à sainte Thérèse qui lui a même appris à lire et à écrire …

Elle n’a pas le caractère bien trempé d’Anne de Jésus

Elle est toute soumise et toute offerte à l’action divine

C’est elle qui écrit sur Bérulle

« Son naturel est fort opposé au commandement » 

 et c’est ce naturel qui inspirera la constitution de l’oratoire

qui est sans doute une des congrégations où l’on commande le moins 

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Est-ce pour cela qu’Anne de st Barthélemy aurait tant voulu

que  la congrégation de Bérulle soit au service des carmélites 

(Voir :Jean Dagens : Bérulle edt Desclée.. p 216 ss)

Madame Acarie ou Marie de l’incarnation (1566-1618)

26 avril, 2014

Madame Acarie 

organisait des rencontres spirituelles

dans son hôtel particulier  situé  rue des juifs

(actuellement rue Ferdinand Duval dans le Marais métro saint Paul ).

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On y rencontre   Bérulle son cousin 

Benoit de Canfeld, un capucin 

André du Val docteur en théologie,

qui écrira la vie de Marie de L’incarnation 

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On y parle beaucoup des mystiques flamands

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Madame Acarie est aussi très active

et fondent diverses œuvres sociales

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Elle fréquente le  père Coton (+1626), jésuite et aumônier d’Henri IV

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  et Dom Beaucousin chartreux à Vauvert qui est son directeur de conscience

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Les carmélites

Madame Acarie  est surtout célèbre car avec son cousin Berulle ,

elle fit venir les carmélites de sainte Thérése d’Avila en France

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Madame Acarie et Thérèse d’Avila

En 1601  Jean de Bretigny ,un  prêtre d’origine espagnole, traduit les œuvres sainte Thérèse d’Avila

et tente d’ introduire  les carmélites en France  mais sans succès

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Acarie  tout d’abord n’apprécie pas les livres de Thérèse d’Avila 

Elle a trop de visions

C’est trop mystique ! 

et pourtant Madame Acarie a la réputation d’être un peu visionnairemais en fait elle s’est toujours méSé de ce qui sort de l’ordinaire

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Surprise !

elle a une vision de saint Thérése d’Avila qui lui demande de faire venir les carmélites en France

Ce qu’elle entreprend avec l’aide de son cousin Bérulle, du chartreux Beaucousin, de François  de Salle et de la princesse de Longuevile

Ce dernier  recours à  Catherine d’Orléans ,princesse de Longueville était important

 car cette princesse en tant que  cousine d’Henri IV pouvait obtenir l’accord du roi

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Les premières carmélites s’installèrent rue du faubourg saint Jacques à Paris en 1605

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Pontoise

Après la mort de son mari,

Madame Acarie entre au Carmel sous le nom de Marie de l’Incarnation.

et meurt chez les carmélites de Pontoise

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La chartreuse de Vauvert à Paris et Dom Beaucousin (1561-1610)

25 avril, 2014

Le chartreux Dom Beaucousin est né en 1561.

Il est donc contemporain de Henri IV et du père Coton

Il  a d’abord été avocat et entre à la chartreuse de Vauvert  à l’âge de 30 ans

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Le réformateur

De son temps

la chartreuse de Vauvert

situé dans l’actuel jardin du Luxembourg

devint un des foyers de la réforme catholique

C’est là que fut décidé la réforme de beaucoup d’abbayes dont celle de Fontevrault

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Dom Beaucousin a également favorisé avec Benoît de Canfeld,

la réforme de l’abbaye de Montmartre par Marie de Beauvilliers

celle de l’abbaye de Chelles par Marie de Lorraine

et enfin celle de l’abbaye de Charonne 

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Madame Acarie

Beaucousin ne vient pas chez Madame Acarie

Et beaucoup de réunions avaient lieu dans sa cellule à Vauvert

Et c’est en suivant ces conseils que madame Acarie et Berulle feront venir les carmélites en France

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La chartreuse de Cologne

Beaucousin  et les chartreux de Paris prolongèrent l’action de la chartreuse de Cologne en faisant connaître les Mystiques flamands

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L’abbaye fit aussi éditer

des œuvres de Cisneros

« Le miroir des moines » de Louis de Blois 

« L’étroit  chemin du salut » de Denys le chartreux

« L’index » d’Harphius

Bérulle et le « fiat de Marie »

23 avril, 2014

Vie de Jésus

Bérulle publie en 1628 une étonnante vie de Jésus qui se termine avant la naissance de Jésus 

C’est en fait une méditation sur l’incarnation

Bérulle ne sépare pas la dévotion à la vierge de la dévotion à l’incarnation

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L’incarnation dépend totalement de la volonté de Marie

Dieu attend l’humble parole

« Je suis la Servante du seigneur »

Et son « fiat »

Marie est ainsi à l’origine de la re-création de l’homme

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La maternité de Marie  contient 2 naissances

La naissance en la Vierge à Nazareth

La naissance  hors de la vierge à Bethléem

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En la première le père lui donne le fils

En la seconde elle donne le fils au monde

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En la première elle adhère au père au Verbe  et au saint esprit

En la deuxième elle adhère au vouloir du père de donner son fils au monde 

Elle adhère au vouloir du  fils qui veut  naître au monde

Voir :Jean Dagens : Bérulle edt Desclée.. p 358 ss

Bérulle : La vénération de « Jésus historique »

23 avril, 2014

 Saint Paul

dit dans une épître

Aussi bien on ne connaît plus le Christ selon la chair

Et au cours des siècles

des mystiques ont vraiment voulu estomper le « Jésus historique »  

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Saint Augustin

Saint Augustin s’attache plus au mystère de l’incarnation de Jésus qu’à la vie du Jésus historique

Le christ est objet de contemplation seulement en tant que fils de Dieu

La méditation de la vie du Christ doit être abandonnée au profit de la contemplation pure

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Saint Bernard

Au 12 é siècle

Saint Bernard réagit et affirme que l’âme doit avant tout imiter le Christ

 La sainteté c’est former le Christ en nous

« Pour moi vivre c’est le Christ »

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Le chartreux Guerric d’Igny est du même avis que Bernard

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François d’Assise et Bonaventure

Au 13é siècle

François reçoit les stigmates

Bonaventure médite sur la passion et déclare que  

«  même si le contemplatif a perdu de vue le Christ de l’histoire,

c’est quand même  l’humanité  déifié que l’âme contemple

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Maître Eckhart

Lui c’est autre chose !

Il met carrément  en question la dévotion envers l’humanité du Christ  car Jésus dit

« il est bon pour vous que je m’en aille » (Jn XVI,7)

Eckart commente

« Sa forme humaine est un obstacle dés qu’on s’y attarde avec dilection …il ne faut pas s’enliser dans le chemin de son humanité qui nous guide vers la voie de la déité

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Ste Thérèse d’Avila

Au 16é siècle Thérèse et bien d’autres réagissent

contre les disciples d’Eckart  qui visent à une contemplation pure et  excluent même l’image du Christ

En 1576 , on interdit même aux jésuites de lire Tauler , Ruysbroeck Suso et Harphius

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Benoit Canfeld

Il est  un des maîtres en spiritualité de Bérulle

 Tout en appréciant Harphius ,Benoît est aussi très attaché à la dévotion affective de la passion du Christ

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Il écrit  que la passion du Seigneur doit être perpétuellement tenue sous nos yeux et contemplée

Il suit ainsi de près, l’opinion de Bonaventure

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La passion :

C’est le livre

où l’extérieur est à l’intérieur

la faiblesse force ,la tristesse joie, le mépris majesté ,l’ignominie gloire ,la pauvreté opulence ,les tourments  délices

 Mais qui a foi simplement à ce qui a été dit

(voir Dagens Bérulle p 312)

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Bérulle

Comme Canfeld ,Bérulle insiste sur la dévotion aux mystères  de Jésus

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Le premier couvent des carmélites en France a été dédié à l’incarnation

« toutes nos maisons sont dédiées chacune à quelque état ,ou mystère ,comme à l’incarnation ,au repos de Jésus en Marie à la nativité ,à la vie souffrante … »  

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Bérulle et les «états » de Jésus

21 avril, 2014

 Les grandeurs de Jésus

Grand est son mystère

Jésus est Dieu fait homme

Il est enfant ,adulte crucifié, ressuscité,glorifié 

Ce sont autant de « mystères » que Bérulle appelle  les « états de Jésus » 

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A chacun de nous ,selon notre vocation ,de revivre ces divers  « états »dans notre vie

en communion avec Jésus Christ

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Il approprie aux uns sa vie, aux autres sa mort

Aux uns son enfance, aux autres sa puissance

Aux uns sa vie intérieure, aux autres sa vie extérieure …

Aux uns son abaissement, aux autres son autorité … 

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Cette incorporation n’est pas œuvre  humaine

C’est au fils de Dieu à donner ses grâces

Il nous appartient seulement de nous offrir pour les recevoir

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La grande nouveauté de Bérulle c’est donc  la considération de « l’intérieur de Jésus », de « ses états »

L’histoire de la vie de Jésus est celle de toutes vies humaines

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Interprétation  

Le Christ c’est Dieu incarné  dans l’humanité

Il est en tout homme

Il partage avec tous, ses divers états intérieurs

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Ainsi l’enfance a été vécue par Jésus 

C’est un état  de faiblesse ,de dépendance

Mais voici que Jésus s’est fait enfant

et désormais la faiblesse devient puissance ,

la dépendance devient liberté

Le néant de l’enfant Dieu devient plénitude de l’être

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Cette sagesse cachée de l’enfance n’est pas restée inaperçue de tous les hommes.

Les mages sont venus rendre hommage à la Sagesse éternelle, cachée dans l’enfance du Christ, à son impuissance, à sa pauvreté

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C’est l’évangile

« Les premiers seront les derniers .Ce qui est en bas est en haut »

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Les carmélites

Elles furent  introduites par Bérulle en France

et portent  toutes un nom en rapport avec les « états »  de Jésus 

Madame Acarie se nomme Marie  de l’incarnation

D’autres se noùùent Marie de Jésus ..Thérèse de l’enfant Jésus etc

Voir :Jean Dagens : Bérulle edt Desclée.. p 366ss )

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