Archive pour la catégorie 'école Francaise de spiritualité'

L’Oratoire de France au cours du 17è siècle

12 février, 2015

La congrégation de l’oratoire

après un début très prometteur

eut  une  histoire très mouvementée

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Le cardinal de Bérulle(1575-1629)

L’oratoire fut fondée par Bérulle en 1611

par l’homme qui fit venir les carmélites en France

par le théologien du « Verbe incarné « 

et de l’école française de spiritualité 

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Son but était  de revaloriser  la dignité du sacerdoce

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Condren

succéda à Bérulle de 1629à 1641

Il était le disciple préféré et le confesseur  de Bérulle  

Saint Vincent de Paul  proclamait

« qu’il ne s’était point trouvé un homme semblable à lui »

Sainte Jeanne de Chantal estimait

  que si Dieu avait donné à l’église saint François de Sales pour instruire les hommes ,

il avait rendu le père de Condren capable d’instruire les anges

Olier le déclarait sans contredit

 la plus belle lumière de son siècle et même de plusieurs autres

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Berulle avait choisi  Condren  un an après son arrivée a  l’oratoire

  pour organiser le premier séminaire de France dans le faubourg  Saint Jacques

(à l’emplacement actuellement occupé  par l’institution des sourds et muets  252 bis rue saint Jacques )

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Devenu supérieur général

Condren réunit une assemblée en 1631

pour rédiger les constitutions de l’oratoire

à peine ébauchées par Berulle

Cela était devenu une nécessité urgente

car à cette époque le congrégation comptait déjà plus de 500 membres

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Condren en fait est le véritable maître de l’école française de spiritualité

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Le Père Bourgoing

succède à Condren de 1641 à1662)

Dés1641 il organise une assemblée

au cours de laquelle se précise la vocation de l’oratoire

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L’oratoire est une congrégation de prêtres séculiers qui ne prononcent pas de voeux

et qui se met d’abord au service du clergé

en donnant des instructions pour les cérémonies de l’église ,

en organisant des retraites  pour les ordinants

et  des conférences  spirituelles pour les prêtres

en ouvrant des séminaires

à l’époque même où Olier  fondait le séminaire  saint Sulpice

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A la fin du XVIe siècles les oratoriens dirigeaient une quinzaine de vrais séminaires

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Le Pére de Sainte Marthe et les jansénistes

fut supérieur de 1672 à 1696

C’était un brave

mais il ne s’est pas trouvé au bon moment

c’était le temps de la lutte contre les jansénistes

On accusa le pauvre Sainte Marthe d’en être

et le roi louis XIV exigea qu’il fut éloigné  de Paris

et qu’il donna ensuite sa démission

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Il y aurait beaucoup à dire sur la « jansénisation » de l’Oratoire

 En 1657, sur 425 prêtres qui composent l’Oratoire,

 près de 400 souscrivent le formulaire,

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Un petit nombre, le P. Quesnel par exemple, a passé à l’ennemi;

une fraction, beaucoup plus importante a pactisé avec lui,

et, ce faisant, les uns et les autres,

ont cédé beaucoup moins à l’attrait du schisme ou de la révolte

qu’aux mauvais sentiments qu’ils nourrissaient contre les jésuites’ (Bremond).  

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IL y eut aussi la lamentable  histoire du

père du Breuil poursuivi par le haine de Mgr Harlays archevêque de Paris

… un incapable !

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Maladie du père Jean Jacques Olier (1608-1657)

4 février, 2015

Sa jeunesse

Ses parents  ont fait  de Jean-Jacques Olier un homme d’Eglise,

Il devient Prieur de Bazainville (diocèse de Chartres) à douze ans;

Prieur de Clisson (Nantes)

et abbé de Pébrac (Saint-Flour) à dix-sept ans

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De Vincent de Paul à Condren

Quoi qu’il en soit, la grâce le talonne;

il cesse bientôt de lui résister;

Il se met sous la direction de M. Vincent,

qui le prépare à l’ordination sacerdotale (1633)

et qui, presque aussitôt, le voudrait évêque.

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Olier se confie ensuite  à Condren qui l’enchante et l’éblouit.

Il sait que la direction de Condren sera pour lui moins indulgente,

plus exigeante que celle de Vincent de Paul.

Cependant il n’hésite pas à quitter le second pour le premier.

Il veut aller à la perfection, et à la plus haute, et par le plus court chemin.

Il restera donc  sous la direction de Condren, de 1635 à 1641

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Lorsque le P. de Condren l’associa à sa compagnie Olier était entouré de l’estime et de la vénération universelles.

 Le bruit de ses travaux apostoliques, la sainteté de sa vie, le refus qu’il fit  de la coadjutorerie de Châlons,

sa naissance même, lui avaient attiré une estime si grande,.

Sans cesse il avait à combattre la vanité et toutes les saillies de l’orgueil,

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Sa Crise  Physique

La crise, d’abord toute morale,

aurait donc commencé par des tentations d’orgueil extrêmement violentes.

mais par la suite il se sentit diminué comme hébété

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 Sa parole, auparavant si vive et si franche d’allure, hésitait incohérente et mourait sur ses lèvres. 

« Même en chaire, écrit-il, cela m’arrivait : la pensée se présentait, et puis se retirait, sitôt que je commençais à l’exprimer : les mots et la voix me manquant tout d’un coup, et ne sachant plus où j’en étais, je servais de jouet à tout le monde. » (H. Bremond « sentiment religieux en France tome 3 )

 Ainsi, dans ses relations ordinaires avec les hommes.

 «… je ne pouvais dire un mot. J’étais tout interdit, et l’esprit suspendu, tellement que ma mère disait : « Vous diriez qu’il soit devenu hébété. »

 

 Pour lui faire sentir sa dépendance, Dieu lui retira donc son concours,

Cette épreuve me laissait dans des langueurs, des stupidités et des hébétements,

 qui ne peuvent se comprendre que par ceux qui les ont éprouvés…

 Mon esprit était … enveloppé d’une telle obscurité que je ne me ressouvenais de rien ;

 je ne pouvais rien apprendre… ; je ne savais même ce que je disais ,

… Je me souviens encore que j’étais réduit à une telle extrémité que je ne pouvais écrire ;

Cependant, il continuait sa vie de missionnaire, comme si de rien n’était.

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La crainte du jugement de Dieu

 Quand on parlait de Dieu,

je n’en concevais rien que comme d’un être fâcheux, rigoureux, très cruel…

 Je me complaisais dans la pensée de l’enfer,

Quoique je fusse assidu à l’oraison durant ce temps, je n’y recevais rien,

 pas un sentiment, pas le moindre rayon de lumière…

 Ce qui me faisait le plus de peine, était de voir intérieurement mon Dieu, qui me rebutait et me dédaignait…

 Cette vue du dédain de Dieu se présentait à moi sous l’image d’une personne qui dirait avec mépris à un homme de néant, en remuant la main… : allez, allez !…(Bremond  p442 )

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Objet de mépris

« A toutes ces peines intérieures, se joignaient encore le rebut des gens de bien,

le mépris universel de tout le monde, parents, amis, serviteurs, grands et petits.

Ce fut surtout vers la fin des fêtes de Noël 164o, que je reçus plus d’affronts.

 Je fus alors la fable de tout Paris  p 443

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 « La compagnie à laquelle j’étais attaché, prévenue alors contre moi, augmenta encore cette tempête…

(Dieu) ôta de l’esprit de nos Messieurs toute l’estime qu’ils avaient conçue de moi…

Ils prirent la résolution de m’interdire tous les emplois extérieurs…,

…. « D’ailleurs ils croyaient que mes grandes tristesses venaient de ce que je n’étais plus dans les grandeurs du monde ni dans le faste…

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Condren lui-même désespère de M. Olier .

 Ce dernier trait, le plus douloureux de tous,

nous en dit long sur la gravité de cette crise mystérieuse. p 445

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La guérison

Condren meurt en 1641

., il y avait deux années que l’épreuve d’Olier durait

, deux années, pendant lesquelles Dieu avait voulu,

que je sentisse ensemble quasi toutes les peines intérieures,

 peines de sa réprobation et de son dédain,

 privation de toute élévation vers lui,

 continuel ressentiment de la superbe et de l’amour-propre,

 obscurité d’esprit, embrouillement de l’âme et environnement du démon. p446

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Une première fois

à Chartres

Dieu fit luire à son esprit la « première lumière »qui commença à le délivrer de ses peines,

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puis une 2é fois 

C’était en 1641 dans Chartres, au jour de la petite Fête-Dieu,

 jour de l’octave du très saint Sacrement.

Vous m’éveillâtes, ô mon Dieu, le matin, une heure ou deux plus tôt qu’il ne fallait se lever; et, entendant ce doux bruit et ce célèbre résonnement des cloches de Notre-Dame, vous me faisiez voir en esprit la grande gloire qu’on vous rendait partout en ce jour-là, et les grandes louanges que vous rendait votre Fils, cette sainte hostie, par tout le monde.

Car il vous loue dans le saint Sacrement comme dedans le ciel,…; et cela remplissait mon esprit de grande joie.

Mais ce qui le comblait, c’est qu’il me semblait que mon coeur avait part à tout cela,

louant Dieu partout et étant répandu partout.

 Et plût à Dieu que cela fût comme j’en avais le sentiment,

un sentiment qui me faisait répandre des larmes…

Et je passai cette heure avec grande vitesse. p450

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Son nouveau ministère

Son ministère ne tarda pas à s’en ressentir.

Traversant une ville des environs de Chartres…, et étant pressé, un peu à l’improviste, d’y monter en chaire, c’est le récit de l’enfant prodigue, dont l’histoire vient de se renouveler en sa personne, qu’il développe à la foule accourue pour l’entendre, et il le fait avec tant de force e t d’émotion, que ses auditeurs, sans tenir compte de la distance, le suivent à Chartres, et assiègent la résidence des missionnaires pour y faire des confessions générales

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La crise était bien finie et pour ne plus recommencer jamais

Dès la fin de 1641, il est le chef incontesté de la petite compagnie qui, la veille encore, rougissait de lui. De six qu’ils étaient au début, deux seulement resteront auprès de lui, M. de Foix, M. du Ferrier; mais de précieuses recrues leur étaient déjà venues, d’autres leur viendront bientôt. En décembre 1641, ils fondent leur premier séminaire dans une maison de Vaugirard ; un an après, ils s’installent dans le quartier Saint-Sulpice,

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Le bienfait de son affreuse crise

qui ne se dénouera qu’après la mort de Condren,

et qui, en achevant de le dépouiller de lui-même,

l’initiera plus efficacement, plus réellement à la doctrine du maître

que n’eût fait la parole même d’un ange

 Voir H. Bremond « le sentiment religieux en France » Tome 3 p 428 ss)

La guérison du père Olier ,disciple du Père Condren

3 février, 2015

Le père Jean Jacques Olier

après avoir suivi sa retraite d’ordination avec saint  Vincent de Paul

puis après avoir eu comme directeur spirituel le père Condren

fut comme privé de toutes ses facultés

et devint comme hébété

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Cela dura 2 ans

jusqu’à la mort du père Condren

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C’est alors qu’il fut guéri

et qu’il commença à comprendre et à appliquer la doctrine du Père Condren

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M. Olier a décrit lui-même,  cette merveilleuse métamorphose

« Les lumières, que le Père de Condren a si souvent exposées à… ses disciples

 ont fait en tous les mêmes effets depuis sa mort.

Au moins pour moi, je sais bien que j’ai connu un grand nombre de choses qu’il m’avait proposées

et que je n’avais pu comprendre en ce temps…

Alors, ces lumières n’avaient point fait d’impression sur mon esprit, bouché aux choses saintes ;

 depuis sa mort, elles y sont entrées vivement…,

et me font maintenant concevoir sans peine ce que je ne croyais être que fables et inventions de l’esprit humain

H. Bremond « sentiment religieux en France tome 3 (p 452)

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Se laisser faire

Olier comprend désormais  la doctrine essentielle de Condren

 sur le devoir où nous sommes de nous effacer,

de nous sacrifier et de nous anéantir nous-mêmes,

pour faire place en nous à l’esprit de Dieu.

**;

Depuis mes grandes désolations, écrit-il, je ne puis douter que l’esprit de mon maître (Notre-Seigneur)

 n’habite en moi…

J’expérimente sa conduite dans l’usage de mes facultés naturelles,

Je sens maintenant cet esprit qui me compose et me dirige dans mon port, ma démarche et même mes paroles…

**

Lorsque je veux m’occuper à écrire, je sens que ce divin Esprit veut conduire

et régler tous les mouvements de ma main .

Je me prête et me donne à lui comme un instrument qui n’a point d’action propre et personnelle…

 Il est répandu par tout moi-même, comme s’il y tenait la place de mon âme.

Je le sens comme une seconde âme qui m’anime et me porte, et qui se sert de tout mon être ( Bremond  p453)

**

  Ce que je possède maintenant

 n’est point un bien personnel, et qui soit attaché à mon âme

 c’est une grâce, une miséricorde…

J’étais alors délaissé de tout conseil intérieur ..;

 maintenant la bonté de Dieu me donne.., tous les conseils que je puis souhaiter.

… Intérieurement je suis guidé comme un enfant, qui en tout serait conduit par un père très sage et d’une bonté parfaite.

**

 Cela se fait dans le fond de l’âme, par une opération divine extrêmement délicate, et que le démon ne peut contrefaire.

 c’est  un sentiment sans parole, qui se fait entendre bien plus distinctement que la parole.

 Car Dieu, qui est parole, se rend bien plus sensible à nos âmes que les hommes par la parole articulée

**

 Une foi vive, obscure, nourrissante en pureté, soutenante en simplicité,

 C’est Dieu même répandu dedans nous,

 et qui ne souffre plus, par la jalousie qu’il a pour nous,

 que nous aimions et embrassions quoi que ce soit hors de lui-même.

Il est jaloux jusqu’au point de l’être de ses propres dons, et, craignant qu’on ne les aime et qu’on s’y attache,

 il les retire de nous et nous en prive,

 pour nous obliger d’avoir recours à lui unique, à lui pur et simple,

sans autre vue, autre détour, et autre amour que lui seul  (Bremond p 456). 

La vocation du père Condren (1588-1641)

1 février, 2015

La Volonté de Dieu

Condren toute sa vie cherchera 

à s’anéantir pour ne faire que la Volonté de Dieu

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Il ne se pressait pas

il prenait son temps

il attendait 

pour être sûr de faire la Volonté de Dieu

« Il ne prenait jamais de résolution absolue,

 mais se tenait toujours prêt à changer de dessein,

et il disait que Dieu ne permettait point qu’il suivît ses inclinations »

**

D’où ses hésitations  au moment de choisir sa vocation

H. Bremond dans son livre « le sentiment religieux en France » Tome 3 p 321ss

 écrit :

 

Serait il Chartreux ?

S’il n’eût consulté que son goût et ses dispositions personnelles, son choix eût été bientôt fait.

« Son esprit de retraite et d’oraison lui faisait aimer très particulièrement l’ordre des chartreux ; il les visitait souvent. (De la Sorbonne au jardin actuel du Luxembourg, la route n’était pas longue.) Quand il entrait dans leur maison, il était incontinent épris d’un désir d’y demeurer. Il lui venait dans l’âme une lumière qui lui découvrait l’esprit de cette communauté.

Il n’y a point de beautés approchantes de celles que Dieu » lui faisait alors paraître. …il s’offrait donc à Dieu de toutes ses forces pour entrer en cet Eden…, mais il ne recevait autre réponse que des sentiments intérieurs de son indignité… ;

si bien qu’il se retirait avec autant d’humilité et de mépris de soi-même qu’il avait eu d’estime de cette admirable communauté…

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Serait il capucin ? 

« Après qu’il eut connu que Dieu ne le voulait pas chartreux, il n’y osa jamais plus penser ; il se tint en repos et continua ses exercices.

 Quelque temps après, considérant saint François, qu’il honorait particulièrement…, et le regardant comme le vrai portrait de Jésus-Christ…, il était charmé de la sainteté de son ordre.

Il s’en allait incontinent à l’église des capucins, il s’offrait au Fils de Dieu pour porter sa croix parmi eux…,

 et après…, il s’en revenait encore avec même réponse dans l’âme, qu’il n’était pas ligne de cette bénédiction.

….Il aurait pu continuer de la sorte, et sans plus de hâte, pendant vingt ans :

**

Oratorien ?

C’est alors que Condren alla faire une retraite sous sa conduite de Berulle

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Berulle,  paisible et têtu,

 tendu de tout son être massif et passionné sur la plus belle des proies,

 aura répondu sans fin aux silences, et  aux difficultés de son retraitant

**.

 Pour Condren, il ne s’agissait pas de faire un choix, de peser les pour et les contre.

 Il eût vraisemblablement cédé au chartreux ou au capucin qui l’eussent pressé de les joindre ;

 mais justement, et Dieu sans doute disposant ainsi les choses,

 ni le chartreux ni le capucin n’avaient insisté auprès de lui.

**

 Malgré son désir assez manifeste de le gagner, Bérulle, à proprement parler, n’a pas agi sur Condren :

 mais, docile à la volonté divine,

 Condren aura reconnu cette volonté dans l’insistance de Bérulle.

 C’était le signe attendu.

**

Il fut admis à l’oratoire le 17 juin 1617, âgé de vingt-neuf ans » p 324 

Le Père Condren : Les seules louanges dignes de Dieu sont celles de son fils

31 janvier, 2015

H. Bremond dans son livre « le sentiment religieux en France » Tome 3 écrit

La doctrine de Condren, comme celle de saint Ignace, repose, en dernière analyse,

 non pas sur le dogme de la chute,

mais sur le fait de la création.( p 362)

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Dieu est grand !

La création est grandiose

La vie est merveilleuse

mais nous sommes bien incapables de louer dignement notre créateur qui est un père 

Seul  est valable l’offrande du Christ

car il est lui même le fils de Dieu 

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Jésus rend gloire à Dieu

en s’offrant lui même sur la croix

**

Condren n’a rien publié de son vivant 

mais il nous a laissé beaucoup de lettres où il reprend souvent ce thème de la grandeur de Dieu et du « néant » de l’homme

**

Ce nous est un grand sujet de joie, de penser à cette infinité de Dieu notre père,

et de voir que le sacrifice de tout l’être créé n’est pas suffisant pour en exprimer les louanges.

 Il lui faut donc présenter une personne qui surpasse toute créature.

Et encore, après qu’elle a été trente-quatre ans à l’adorer et à l’aimer,

 ce n’est point trop qu’elle soit à la fin détruite, et qu’elle meure plus que d’amour.

**

Il n’y a qu’un Dieu qui puisse être de soi, digne de Dieu ;

il n’y a que la personne du Verbe et de la Sagesse,

qui le connaisse assez pour lui rendre les respects qui lui sont dus  ( p 367)

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Adhérer au Christ

Si a notre tour nous voulons louer Dieu

il faut donc  que nous soyons  nous-mêmes

totalement en communion avec jésus  

comme le dit Olier ,disciple de Condren   

le chef-d’oeuvre de notre perfection et de notre religion,

c’est d’entrer en la communion de Jésus-Christ,

 qui fait de son intérieur et de notre âme m   ême chose par participation (Olier)

Perdant pour vous tout désir de vivre et d’être… que toute votre disposition soit que Dieu soit en vous p 368

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L’holocauste .

Le sacrifice de la nouvelle alliance

et  la louange que l’on réserve à Dieu

consiste donc désormais à se laisser brulé par l’amour divin

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Condren écrit 

Le Fils de Dieu s’est offert à son Père, pour être consommé en Dieu.

Selon l’ancienne loi, les holocaustes étaient  brûlés et consommés dans le feu,

 en sorte qu’il n’en restait rien

Or les holocaustes tout consommés n’étaient que la figure de Jésus-Christ,

le fils s’est vraiment offert à Dieu dans la fournaise ardente de la divinité

Ainsi 

Que Dieu nous consomme tout à fait en lui,

 et avec dessein de perdre tout ce que nous sommes,

…Ce doit être aussi Dieu même qui réduise et consomme tout ce que nous sommes, nos vies, nos qualités, nos esprits…

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C’est pourquoi ,le célébrant dit pendant la messe en mélangeant l’eau avec le vin

Puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité

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Jésus s’est aussi offert à son père pour être consommé en nous,

c’est-à-dire pour être tout en nous comme un autre nous-mêmes,

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Avec le Christ nous nous offrons

C’est à cela que nous devons tendre encore avec lui ;

 car nous devons lui céder de bon cœur tout ce que nous sommes,

…Nous devons, dis-je, porter ces dépouillements opérés par le Fils de Dieu,

 jusqu’à ce qu’il soit tout seul vivant et régnant en nous,

et occupant la place que nous tenons en nous-mêmes,

et qu’en un mot il soit tout en toutes choses selon la parole de saint Paul

omnia in omnibus .

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le Christ est notre prêtre, et « c’est par la vertu de son sacerdoce, qu’il nous sacrifie tous à son Père, dans la sainteté même de son sacrifice »,

nous dépouillant par là de notre vie à nous, insignifiante ou mauvaise, vie de néant,

 pour « insinuer en nous sa vie propre, laquelle, consommée en Dieu par le sacrifice de l’Incarnation et du Calvaire,

 est la vie même de Dieu  

Le Père Condren : Qu’est ce que l’anéantissement ?

30 janvier, 2015

Le père Condren n’a rien publié de son vivant 

mais il nous a laissé beaucoup de lettres où il insiste souvent sur la nécessité de « s’anéantir »

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H. Bremond dans son livre « le sentiment religieux en France » Tome 3 p 372ss

 accumule les exemples

«Sortant de nous-mêmes et de tout ce qui est nôtre »

« Ayez intention de vous démettre de tout ce que vous êtes … « de vous déposséder de votre nature »

Perdant pour vous tout désir de vivre et d’être»

« Sans vous regarder et sans écouter vos dispositions ni votre état,

….sans désir d’être ou d’avoir »

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S’anéantir

Mais que veut donc dire Condren

De quoi parle t il ?

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L’anéantissement n’est pas la mort

il faut s’anéantir

 pour le vide en nous soit remplacé par la plénitude 

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Condren écrit

A cet effort d’anéantissement Dieu répond, par une infusion de sa plénitude;

le vide se trouve aussitôt comblé;

cette mort… laisse vivre Dieu en nous…

 ce néant…, donne lieu en nous à son être »

**

S’anéantir ce n’est pas  se détruire, pour recevoir ensuite un être nouveau.

Non, s’anéantir

c’est se « soumettre à la puissance »

c’est  s’« assujettir » à l’esprit de l’Homme-Dieu ;

c’est adhérer à son état

c’est le laisser « s’approprier» ,tout ce que nous sommes,

c’est se perdre pour se retrouver en lui.

**

 Que l’âme ne doit rien être, afin que Jésus-Christ soit tout en elle (Lettre 21).

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Avec l’aide du Saint  Esprit

Aussi bien, cet anéantissement, nous devons y travailler sans doute,

 mais c’est, beaucoup plus activement que nous, Dieu lui-même qui l’opère.

**

le Saint-Esprit, « en s’appliquant aux  hommes, les anéantit »

dans la mesure où les hommes se prêtent à cette application et cessent de lui faire obstacle.

 Et le Saint-Esprit tout de même, qui, « sans contrainte » de sa part et «sans effort de la nôtre, opère toujours» en nous ( p 375)

**

Il est peut être préférable pour mieux comprendre le père Condren d’employer le mot « abandon » plutôt que le mot «  anéantissement »

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Le père Condren et la communion

30 janvier, 2015

S’anéantir

S’abandonner

« Se laisser faire par Jésus »

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ce sont les leitmotivs du pére Condren

en particulier quand il parle de la communion

Bremond dans son livre « le sentiment religieux en France » Tome 3 p 404ss

 nous en donne des citations  

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La communion

Nous devons aller à la sainte communion

 pour que Jésus-Christ soit en nous tout ce qu’il y doit être,

… nous perdre en lui,

nous priver de nous-mêmes.

**

Qu’il vienne y détruire tout ce qui est contraire à Dieu…,

crucifiant le vieil homme, et y établissant le règne de Dieu.

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qu’il plaise à Notre-Seigneur de venir en nous  pour prendre possession de ses dons.et grâce qu’il nous donne .

**

Nous devons aller à la communion

car Jésus-Christ désire nous recevoir en lui, dans sa vie et dans son être,

détruire en nous  la vie présente,

et nous faisant être ce qu’il est,  à savoir : vie, amour, vérité,

**

 Par la communion, Jésus-Christ se remplit de nous,

et nous lui faisons tort quand nous ne communions pas,

**

 Le Fils de Dieu ne se contente pas d’être offert à son Père en un lieu,

 mais son désir est de lui être offert en plusieurs;

l’âme, qui l’a reçu par la communion, est vraiment un autel, qui contient Jésus-Christ,

et l’offre à Dieu continuellement, non seulement d’intention ou de pensée,

 comme on peut l’offrir sans le recevoir, mais réellement et en vérité… p 405

**

Le prêtre à l’autel

Nous devons nous ANEANTIR  en cette action,

 et y être de purs membres de Jésus-Christ ;

 offrant et faisant ce qu’il offre et ce qu’il fait

, COMME SI NOUS N’ÉTIONS PAS NOUS-MÉMES.

 Nous ne saurions nous oublier assez en ce saint ministère,

 Ni dire assez simplement en Jésus Christ : HOC est corpus MEUM…

**

Vous devez vous souvenir que le sacrifice que vous offrez

 n’est pas seulement le sacrifice du Fils de Dieu,

 mais du chef et des membres, de Jésus-Christ accompli, qui contient son Eglise,

à laquelle il communique sa prêtrise,

et elle l’offre avec lui,

et lui s’offre avec elle.

Vous n’êtes donc pas à l’autel membre de Jésus-Christ seulement,

mais aussi de la sainte Vierge, de tous les saints et saintes qui sont au ciel,

 et de tous les fidèles qui sont en la terre.

Vous devez donc vous oublier vous-même, pour être ce qu’ils sont,

 et offrir en leur nom et en leur personne,

aussi bien qu’en leur intention et en esprit;

 et être à l’autel en esprit ce qu’ils sont,

 et CESSER D’Y ÊTRE VOUS-MÊME (p.406)

Le père Condren : Ne rien faire …Se laisser faire par Dieu

29 janvier, 2015

Bremond dans « le sentiment religieux en France » Tome 3 cite

Condren qui dans « ses lettres spirituelles »  emploie souvent le mot « anéantissement

Condren est plus sympathique et plus compréhensible quand il parle d’abandon

*

Laisser faire Dieu

… si nous nous donnons en vérité à Jésus-Christ, le fils de Dieu opérera  en nous  des  merveilles

…quand nous demeurerons comme simples instruments entre ses mains.

nous servirons à la sanctification de nos prochains

 ….A nous seulement de ne pas le gêner,

de le laisser faire,

de nous laisser à son action comme nous nous sommes laissés à son être;

 

C’est Pourquoi Condren a souvent donné l’impression d’être un homme indécis

en particulier quand il a dû choisir a vocation

car il ne voulait faire que la volonté de Dieu

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**

Qu’il soit question pour nous d’être, ou d’agir, Jésus-Christ, « suffit à tout »

il ne s’agit ici ni de sentir, ni de comprendre : il suffit de croire, « d’entrer dans la foi et d’y vivre. »( p379)

** 

la foi seule

Laissez-vous à Jésus-Christ et à ses conduites saintes, dans un esprit de foi,

 et détaché de toute adhérence à vos sentiments et à vos pensées,

 sans vous arrêter à rien de ce qui se passe en vous…

 

Si nous sommes faciles à croire ce que nous voyons ou sentons en nous, nous croirons facilement être remplis de Dieu et de sa grâce, lorsque nous serons en vérité remplis de nous-mêmes et de nos propres lumières…Ce que nous devons éviter, en ne cherchant point, par aucune expérience intérieure  les mouvements de la vie de la grâce dans nos âmes

Nous devons tâcher de vivre de la seule vie de la foi.

 Faisons au contraire  abnégation de toute notre vertu et de notre esprit,

 pour entrer en celui de Jésus, et pour faire son œuvre

 par son esprit, et par sa vertu même, qui seule en est capable.

Et cela, nous le devons faire avec une grande foi, qui nous assure que Dieu nous la veut donner (cette vertu), et que Jésus-Christ est continuellement appliqué à nous, pour nous rendre vivants et agissants dans cette vertu.

 … Et nous ne nous devons pas étonner de ne la pas ressentir, puisqu’elle est divine et incompréhensible, et que la foi seule la peut comprendre ou discerner .

 

Condren ne voulait pas « que l’on fit état des sentiments de joie et des goûts de dévotion ;

 il voulait qu’on les reçût avec humilité. »

 

« Ce sont (disait-il), les marques d’une petite vertu et le soutien de notre faiblesse.

 C’est du miel que Dieu donne à notre enfance, et c’est une délicatesse de s’y amuser.

Il est dangereux de s’appliquer à l’oraison hors des heures ordinaires, sous prétexte de ces douceurs ;

l’on y prodigue ses forces, et cet exercice devient ennuyeux.

 C’est donc par le principe du devoir, et sur le fondement immuable de la foi, qu’il faut faire oraison,

 et non par mouvement et sous ombre du plaisir que nous y prenons. »

**

La présence de Dieu

Encore que nous ne sentions pas en nous cette vertu (et présence de Dieu),

 nous ne devons pas laisser d’en être assurés, puisque la foi nous en assure.

 Plus la vertu de Dieu est pure dans les âmes et moins elles la sentent; car Dieu, et tout ce qui est vrai

La dévotion ne consiste pas en la joie que nous donnent les belles pensées;

 elle consiste à s’abandonner humblement à l’ordre de Dieu. 

**

Que nous le sachions ou non,

le surnaturel nous baigne de toutes parts,

 nous pénètre dans nos plus intimes profondeurs,

un surnaturel, qui échappe fatalement à la conscience,

Contentons-nous donc de marcher par la voie de la foi, la plus facile et la plus douce.

 

la prédication

 

La parole de Dieu, est toujours sainte, même en la bouche d’un pécheur,

et elle n’y doit pas perdre son efficacité.

 Elle doit néanmoins produire de plus grands effets,

quand ceux qui la portent aux autres s’anéantissent en eux-mêmes, et ne parlent qu’en lui et en son esprit.

Malheur à l’ouvrier évangélique qui veut être écouté lui-même !

La couronne et la gloire de l’Evangile ne sont que pour ceux

 qui veulent que Jésus-Christ soit écouté en sa parole, et qui s’anéantissent eux-mêmes dans leur mission

 

 Jésus a conduit ainsi ses plus chers disciples,

il les a laissés  Saint-Esprit,

pour apprendre de lui ses principales instructions, après les y avoir disposés…

Je crois que vous devez à son exemple lui laisser pour un temps les âmes qui vous écoutent,

 après leur avoir ouvert l’esprit, afin qu’elles s’accoutument à trouver en Dieu ce que vous

 leur avez enseigné.

 Celui qui plante ou qui arrose n’est pas considérable en l’oeuvre de Dieu, mais Dieu même qui donne l’avancement et la perfection p 408 

Le père Condren et la volonté

28 janvier, 2015

On ne peut comprendre Dieu

Dieu c’est le mystère

« mysterium tremendum et fascinans »

Que pouvons nous dire de Dieu ?

Rien !

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Mais on peut désirer Dieu

« mon âme n’est pas satisfaite tant qu’elle n’a pas trouvé Dieu » (St Augustin)

on peut vouloir Dieu

et c’est ainsi que Condren dans ses « lettres spirituelles » donne le pas à la volonté sur l’intelligence

**

 La volonté

Selon Bremond dans son livre « le sentiment religieux en France » Tome 3 p 388ss

Condren donne le pas à la volonté sur l’intelligence,

et ne demande à celle-ci que d’exciter et que de guider celle-là.

**

Dans la prière, Condren ne s’arrêtait ni à sa science, ni à son raisonnement.

Il adorait Dieu et ses mystères comme ils étaient en eux mêmes

et non pas comme il les comprenait

**

Vouloir ….mais vouloir que ce que Dieu veut

Laissez le Fils de Dieu  être en vous ».

ainsi la substance du pain et du vin eucharistiques n’oppose aucune résistance à l’être divin qui se substitue à elle,

 **

Vouloir être une victime spirituelle et libre,  consumé aux flammes du sacrifice,

vouloir que Dieu soit ce qu’il est ;

vouloir l’adoration et le sacrifice du souverain prêtre,

et les vouloir pour nous; 

vouloir enfin que le travail anéantissant de la grâce se poursuive en nous.

 **

Pour faire cette volonté de Dieu

laisser faire Dieu

car c’est lui qui veut

Ce n’est plus : aide-toi, comme si tu étais seul.

 Que tu y penses ou non, tu n’es pas seul.

 L’Homme-Dieu a devancé, il prolonge et multiplie, il divinise,

il achève tes propres efforts.(p 394)

**

 L’examen de conscience

 Condren  veut bien d’un examen de conscience, mais non d’un examen particulier :

 …Condren n’approuve pas que l’on s’absorbât dans la contemplation de soi-même,

 spectacle morne, toujours désolant pour les âmes bien faites,

 plein d’illusions pour les autres,

et qui paraît aussi propre à paralyser ou à vicier l’action qu’à la stimuler.

**

Tout de même trop de contrainte lui paraît stérile, dangereux,

 opposé à la liberté et à l’allégresse des enfants de Dieu.

« Ne faites rien avec effort de vos sens ou de votre esprit,

 mais avec une vraie foi que vous pouvez avec Jésus-Christ,

 en la vertu de son Esprit,

tout ce qui est utile à la gloire de Dieu, et au bien de votre âme»

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Tu veux devenir patient ?

 Offre-toi au Christ patient, soumets-toi au rayonnement de sa patience,

accepte qu’il fasse de toi une vive image de sa propre patience.

« Faire usage de Jésus-Christ

**

Fuyez toute inquiétude d’esprit, et toute contrainte dans les choses spirituelles…

.. Quand vous vous confesserez, dites simplement et peu :

car les longues expressions et la mémoire de telles fautes servent de disposition mauvaise à l’esprit pour les recevoir une autre fois…

 Soyez sincère et simple en la confession. et quand elle est faite,

 ne pensez plus comment elle a été faite. » 

Richard Simon (1638-1712) : Une lecture critique de la la bible

12 décembre, 2014

Chez les Oratoriens

Richard est le fils d’une forgeron de Dieppe  

En 1658 ,il rentre  chez les oratoriens quelques mois

mais il les trouve  trop coincé  

trop mystique !

pas assez ouvert !

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A la Sorbonne

Il les quitte pour étudier à la Sorbonne  

dont le  grand maitre est alors Chamillard 

qui avait passé son doctorat

en même temps que Bossuet et Rancé

Il les trouve  coincé !

« Il s’est dégouté des élévations bérulliennes

et y voit un manteau cachant la pureté des maximes évangéliques » (J. Steinman : « Richard Simon »p 21 

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Richard Simon  veut être libre

ouvert à tout

à la recherche de la vérité

et pour mieux connaître la bible

il apprend l’hébreu

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Retour à l’Oratoire

En 1662 il retourne chez les oratoriens

de la rue saint Honoré

où il trouve une bibliothèque à son goût

et devient prêtre

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Il fréquente Malebranche qui lui aussi est oratorien

et qui lui aussi recherche la vérité en philosophie

et écrit « A la recherche de la Vérité »

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Spinoza

Simon et Malebranche  sont  tous les deux influencés

par  Spinoza ,le cartésien juif

qui en 1670 écrit

le traite theologico_politique

où il déclare que les prophètes n’ont eu aucune révélation transcendante

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Les prophètes  sont des écrivains à resituer dans leur temps

Ce sont des philosophes ou des historiens au même titre que les grecs

 avec leur langage propre

Ce livre de Spinoza est à la source de la critique biblique

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en 1678

Simon publie: «l’ Histoire critique  du Vieux testament »

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Il est alors exclus de l’oratoire

 se retire prés de Dieppe

et continue en solitaire

à écrire  une  

« histoire critique de la créance et des coutumes des nations du levant »  

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En 1689

une «  Histoire critique du texte du Nouveau Testament »

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En 1692

une «  Histoire critique des principaux commentateurs du Nouveau Testament

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En 1702

il publie le nouveau testament de Trévoux

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Son travail de critique n’ébranle en rien sa foi .

Au contraire ! 

et c’est en bon prêtre qu’il décède en  1712

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