Archive pour la catégorie 'Berulle'

« L’abandon à Dieu » de Bérulle et « la garde du cœur » de Louis Lallemant

18 février, 2015

La vie spirituelle du 17è siècle est dominée par 2 mouvements majeurs

Les oratoriens et les Jésuites 

Ce sont deux frères ennemis

qui se combattent

et qui pourtant sont si proches

**

Car ce que dit Bérulle aux oratoriens

Louis Lallemant le dit aux jésuites

et réciproquement

**

Bérulle et Louis Lallemant

Bérulle  dit

« il faut adhérer à  Jésus »

Nous devons regarder Jésus comme notre accomplissement; car il l’est et le veut être,

ainsi nous sommes en la main du Saint-Esprit

qui nous tire du péché, nous lie à Jésus

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**

 Condren son disciple

dit « il faut s’abandonner »

… si nous nous donnons en vérité à Jésus-Christ,

le fils de Dieu opérera  en nous  des  merveilles

…quand nous demeurerons comme simples instruments entre ses mains.

nous servirons à la sanctification de nos prochains

.A nous seulement de ne pas le gêner,

de le laisser faire,

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Louis Lallemant

 parle de la garde du coeur

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pour se laisser mener par l’esprit

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Les jansénistes

Entre les deux

Entre Bérulle et Lallemant

on rencontre les jansénistes

bien innocents

qui sèmeront le trouble bien malgré eux

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Ils sont défendus par les uns ,plutôt oratoriens

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et rejetés par les autres ,plutôt jésuites

**

Si les querelles entre oratoriens et jésuites furent  parfois virulentes  ce fut au  sujet des écoles

et comme les jésuites n’aimaient pas les jansénistes

 On  en a conclu que les oratoriens ne pouvaient qu’être jansénistes

**

Les Trois mouvements vont influencer l’histoire religieuse de la France

jusqu’à nos jours

**

Quant à Rancé

quant aux prédicateurs du roi

comme le jésuite  Bourdaloue  et l’oratorien Masillon

quant à Bossuet ou ,Fénelon,

c’est de l’histoire ancienne

 

ah  oui ! Il y a Vincent de Paul … mais c’est un disciple de Bérulle 

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Saint Vincent de Paul, disciple de Bérulle

15 février, 2015

Au niveau  de la spiritualité

Vincent de Paul est le disciple de François de Sales, mais plus encore de Bérulle ;

Quelle gloire pour ce dernier d’avoir façonné la vie intérieure d’un si grand homme,

et,  quelle gloire pour l’école française, de compter Vincent de Paul parmi ses représentants les plus authentiques !

**

H. Bremond écrit 

« Bérulle s’est très certainement façonné, du mieux qu’il a pu, sur François de Sales,

qu’il a connu de près, qu’il a compris aussi bien que personne,

 et que Mme de Chantal acheva de lui révéler.

Mais, de tous ses modèles spirituels, c’est bien, je crois,

M. de Bérulle qui a fait sur lui l’impression la plus profonde.

« Un des plus saints hommes que j’ai connus, disait-il, c’est M. le cardinal de Bérulle »

**

L’ oraison

Vincent disait

 Il y a deux manières de prier

soit  par simple élévation à Dieu;

soit  par raisonnement.

mais pas trop de raisonnement

 car alors tout s’ embrouille

 M. de Bérulle, entre ses résolutions, avait celle de chercher la lumière… par élévation à Dieu.

Autrement, on perd beaucoup de temps

..

On retrouve chez Vincent ,les 2 grands thèmes de la spiritualité Bérullienne 

la théocentrisme et l’adhérence

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Théocentrisme

Vincent disait

Avoir toujours une grande estime et un grand amour pour Dieu…

 Cette estime doit nous faire anéantir en sa présence,

 et nous faire parler de sa suprême majesté avec de grands sentiments d’humilité,

de respect et de soumission ;

et à mesure que nous l’estimerons, nous l’aimerons

**

 

L’adhérence 

.Vincent disait

Adhérer à Jésus pour qu’il agisse par nous

Ma fille ,le dessein de Dieu sur vous est grand,

 tendant à vous faire exercer, l’office de Jésus-Christ sur la terre

 Lors donc que vous allez visiter un malade, ce doit être en union,

et pour honorer semblable action que Notre-Seigneur a faite sur la terre .

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Laisser faire Dieu   

Vincent disait

Ne jamais se presser  à agir

Prendre son temps

par crainte de ne pas faire la volonté de Dieu

…Cela c’est du Condren, le grand disciple de Bérulle

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et Vincent de  dire à ses filles de la charité

Eh! qui eût jamais pensé qu’il y eût des Filles de la Charité,

 lorsque les premières vinrent pour servir les pauvres dans quelques paroisses de Paris ?

 O mes filles, je n’y pensais pas ;

 votre sœur servante (Mlle Legras) n’y pensait pas non plus, ni M. Portail

. C’est donc Dieu qui y pensait pour vous .

 **

Les choses de Dieu, disait-il se font peu à peu et quasi-imperceptiblement……..

Dieu s’honore beaucoup du temps qu’on prend pour considérer mûrement les choses qui regardent son service …

 Qui s’empresse, recule aux choses de Dieu ….

…Vous ne devez aller si vite;

Les œuvres de Dieu ne marchent pas de la sorte :

 elles se font d’elles-mêmes…

** 

Il faut la vie intérieure ; il faut tendre là. Si on y manque, on manque à tout .

(H.Brémond :sentiment religieux en France tome 3 p 246 ss ) 

L’oratoire de France et la dignité du sacerdoce

10 février, 2015

La fondation de l’Oratoire et des filiales oratoriennes

Saint-Sulpice (Olier) ; la Mission (Vincent de Paul ) ; les Eudistes

à l’exemple ou sous l’inspiration directe de M. de Bérulle,

 travailleront à « relever l’état de prêtrise » (H.Bremond)

**

Mépris du sacerdoce  

H. Bremond dans son « sentiment religieux en France tome 3 P166 ss » 

nous montre qu’au  début du 17è siècle

il n’y avait bien souvent que du  mépris  pour le sacerdoce 

Les prêtres n’étaient pas considérés

Il étaient presque honteux !

et les « grands » mettaient plutôt en avant leur nom d’abbé ou de prieur plutôt que de se dire prêtre

 **

. Les grands tenaient leurs prêtres parmi leurs plus petits serviteurs.

 C’étaient les valets de leurs maisons;

et ceux qui rendaient les hommes participant de la table de Dieu

n’étaient pas dignes d’être conviés à la leur.

Ce n’étaient plus les pères et les gouverneurs des princes et des magistrats,

c’étaient leurs solliciteurs ou leurs jardiniers.

L’on tenait leur conversation à déshonneur,

on ne les voyait que dans les boutiques de leurs voisins,

ils ne savaient ce que c’était que la propreté,

ils étaient les exemples de toutes les incivilités.

Leurs couronnes étaient effacées,

 ils craignaient de porter leurs habits (p166 )

**

La dignité du sacerdoce

 l’Oratoire a relevé la prêtrise de la boue et de la poussière.

Grâce à l’oratoire

…le Clergé s’est réveillé de son assoupissement,

 il a commencé d’ouvrir les yeux et de reconnaître la pourpre du ciel dont il était revêtu.

…. Le siècle a commencé de voir les gens de considération à l’autel.

Le nom de prêtre ne s’est plus caché sous le titre d’abbé, de prieur, de chanoine.

**

Que de produire le corps de Jésus-Christ,

 et d’en faire à Dieu un véritable présent pour la paix des consciences…,

….Que de pouvoir donner aux hommes le Dieu vivant…,

c’est le chef-d’œuvre des miracles de l’Eglise…,

c’est le sujet du ravissement des chrétiens.

… L’Oratoire des prêtres de Jésus n’a pas seulement prêché ces vérités,

 il a eu la grâce de les imprimer dans les coeurs p167

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Bérulle : La grandeur du Sacerdoce

7 février, 2015

Au cours du 17è siècle

le bas clergé n’était guère estimé

et parfois  même méprisé

**

Bérulle voulut y remédier  

et dans ce but ,il fonda la congrégation de l’Oratoire 

et ne cessa de rendre au sacerdoce ses lettres de noblesse

**

La grandeur du sacerdoce 

Bérulle écrivait

Que si notre ministère 

a une fin si excellente, 

a une puissance si céleste, 

a un effet si divin: 

quel est donc ce ministère?
**

Quelle doit être notre communication, 

quel doit être notre soin, notre pureté, notre piété, 

notre charité, notre humilité; 

et quel art et quelle industrie faut-il

pour une chose si grande, 

si nouvelle en la terre,

si rare au ciel,

**

Que le Fils de Dieu est descendu en terre 

et s’est fait homme en la terre,

 pour le salut de la terre,

 pour le bien du ciel,

 et pour la gloire de Dieu son Père

 Certes, cela passe  nos pensées et la pensée des anges, 

et vaudrait mieux demeurer dans le silence 

et dans la révérence profonde. 

**

« La science » du sacerdoce …

Cet art est une science 

non d’étude, mais d’oraison 

non de discours, mais de pratique 

non de contention, mais d’humilité; 

non de spéculation, mais d’amour,

 et d’amour de Jésus  

qui s’est livré et s’est abandonné, 

s’est oublié et s’est épuisé pour le salut des âmes. 

**

Cette science fait partie de la science des saints, 

science spirituel émanée du Père des esprits, 

du Père des lumières 

… non la lumière de la nature, soit humaine, soit angélique, 

mais la lumière de vie; 

**

Il ne la donne qu’à ceux qui sont adhérents a lui-même et à son esprit,

qui est esprit d’amour et d’humilité:

esprit bien éloigné

 de l’esprit froid et sec, orgueilleux et terrestre ,

de ceux qui étudient,

 non en l’école du ciel. 

mais en l’école de la terre.

**
Cette science s’apprend,

 non dans les  livres et dans les académies,

mais au pied de la croix,

Cette science confond les philosophes et les théologiens mêmes s’ils

sont vains et arrogants, 

**

…. Soyons tous amateurs 

de cette science vraiment spirituelle, 

de  cette science qui a Jésus pour sa fin, 

de cette science que l’on apprend de Jésus, 

de cette  science qui a pour ses principes 

l’humilité d’esprit, la pureté de cœur,

l’abnégation de soi-même, l’adhérence de Jésus 

 **
Aspirons donc à cette science sainte

Elle a cela de propre, 

que celui qu’on pense être maître  est disciple lui-meme, 

et s’instruit en instruisant les autres

Il se fait saint en faisant saints les autres 

**

La science apostolique

C’est la science de Jésus,

 le sujet et le docteur de cette science. 

C’est la science qui enseigne les mystères, 

les grandeurs et les voies de Jésus, 

et qui fait les ouvriers en la vigne de Jésus. 

 (Berulle « œuvres complètes » p 817ss )  . 

Bérulle : Sa doctrine sur le théocentrisme et l’adhérence au Christ

6 février, 2015

Bremond dans son livre « le sentiment religieux en France » Tome 3 p 30 et ss

s’étend longuement sur la doctrine de Bérulle

qui est parfois

il faut le reconnaître un peu nébuleux

et très « mystique « 

**

Bérulle et  Copernic 

Copernic a rendu sa place au soleil

au centre de notre système solaire

De même Bérulle veut remettre Dieu

 au centre de nos méditations 

**

L’ anthropocentrisme :

 « , la pensée chrétienne s’est placée longtemps au point de vue anthropocentrique :

 Dieu est pour nous, .

 Que l’on prenne, par exemple, saint Augustin ;

l’on verra tout aussitôt que les textes de lui, qui nous viennent spontanément à la mémoire, ne sont pas théocentriques.

 Il dit bien : Seigneur, vous nous avez faits pour vous,  Fecisti nos ad te,

 mais il entend par là : Vous nous avez faits pour que nous trouvions en vous notre béatitude.

 Vous êtes notre souverain bien.

 Il ajoute que notre cœur reste en détresse, aussi longtemps qu’il ne se repose pas en vous.

**

Le théocentrisme

Bérulle réagit

Il faut premièrement regarder Dieu et non pas soi-même,

 et ne point opérer par ce regard et recherche de soi-même,

mais par le regard pur de Dieu

**

et les disciples de Bérulle écrivent 

Il faut, donner et rapporter toute notre oraison,

non à notre profit et utilité spirituelle,

 mais à la seule gloire de Dieu,

sans aucune considération de notre intérêt  ou satisfaction particulière;(P. Bourgoing p 30 )  

 

il est certain qu’en ce siècle, où il paraît tant de sainteté,

nous voyons dans les âmes plus de familiarité avec Dieu que de révérence,

et il se trouve beaucoup de chrétiens qui aiment Dieu, mais il y en a peu qui le respectent (Le père Amelote p 38)

 

De tous les attributs de Dieu, c’est encore la grandeur qui impressionne le plus Bérulle.

 Le fruit principal de ces pensées, est d’avouer et reconnaître que le Dieu des chrétiens est grand

…. Confesser joyeusement, lyriquement, éperdument, la grandeur de l’Etre des Etres,

 toute la vie intérieure de Bérulle, toute sa direction se ramène là.

 

Adhérer

Voilà le grand verbe de Bérulle

« Il faut adhérer à Jésus  » 

Ce n’est plus moi qui vis, c’est le christ qui vit en moi (Ga 2,20)

**

Bérulle écrit

Jésus est l’accomplissement de notre être, qui ne subsiste qu’en lui, et n’a sa perfection qu’en lui,

nous faisons partie de Jésus, et il est notre tout.

Et notre bien est d’être en lui, d’être à lui, d’être, vivre et agir par lui,

comme le cep est et tire vie et fruit de la vigne.

 

Nous devons regarder notre être comme un être manqué et imparfait, comme un vide, qui a besoin d’être rempli

, comme une partie, qui a besoin d’être accomplie,

 

nous devons regarder Jésus comme notre accomplissement; car il l’est et le veut être,

cette nature, considérée en son origine, est en la main du Saint-Esprit, qui la tire du néant,

ainsi nous sommes en la main du Saint-Esprit qui nous tire du péché, nous lie à Jésus

 

Jésus seul est notre accomplissement, et il nous faut lier à Jésus,

comme à celui qui est le fond de notre être par sa divinité;

le lien de notre être à Dieu, par son humanité ;

l’esprit de notre esprit, la vie de notre vie, la plénitude de notre capacité.

 

Notre première connaissance, doit être de notre condition manquée et imparfaite,

et notre premier mouvement, doit être à Jésus, comme à notre accomplissement;

et en cette recherche de Jésus,

en cette adhérence à Jésus,

en cette profonde et continuelle dépendance de Jésus,

est notre vie, notre repos, notre force, et toute notre puissance à opérer;

 et jamais nous ne devons agir que comme unis à lui,

dirigés par lui et tirant esprit de lui,

pour penser, pour porter et pour opérer,

faisant état que, sans lui, nous ne pouvons, ni être, ni agir pour le salut 

  ( cité par Bremond p 85)

 

On retrouve dans ce texte l’essentiel de la doctrine de l’école française de spiritualité

Dieu c’est tout ,l’homme est rien sans Dieu

voir  Condren 

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voir Libermann

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Bérulle et la Vierge Marie

5 février, 2015

Bérulle est un intellectuel

un théologien

Ses écrits  sur la « grandeur de Jésus »

sont bourrés de participes présents

de nuances , de subtilité

à en devenir parfois illisible

**

Bérulle est aussi un poète

et un mystique

Quand il écrit avec son cœur et non plus avec sa tête 

Quand il écrit d’un premier jet sans se corriger

il devient sublime

Ainsi quand il parle de Marie

 

Marie et l’annonciation

Quand Marie prononça son FIAT 

 

elle entre en un ÉTAT NOUVEAU opéré en elle,

 et non par elle…

(Elle) est alors… non en un mouvement,

mais en un repos, car elle est tranquille;

non en un repos, mais en un mouvement, car elle tend à Dieu,

et y tend par une vigueur et vivacité admirables.

Elle est en un mouvement céleste, en un repos divin :

en un mouvement qui est repos, et en un repos qui est mouvement…

**

Je dis qu’elle est, non en une action, mais en un état :

car son occupation est permanente et non passagère.

Elle est, non en un état, mais en une action :

car ce qui se passe en elle,

 est vif et pénétrant jusqu’aux moelles de son âme.

Elle est non en une action, non en un état, mais en un nouvel être :

car ce qui est en elle est vif,

 comme la vie même, et est chose substantielle, intime et profonde comme l’être.

Elle est donc en un nouvel être, mais en un être qui porte être et non-être tout ensemble.

**

elle n’est pas, elle ne vit pas, elle n’opère pas :

Dieu est, Dieu vit, Dieu opère en elle.

**

Et ce qui est plus, il est, il vit, il opère,

pour prendre lui-même un nouvel être, une nouvelle vie,

 

Mère de Dieu « par état » 

Portant ses opérations saintes,

 par une sorte d’impression douce, élevée, puissante, et ravissante

la Mère en son Fils, la Vierge en Jésus…

 Et le propre de la Vierge

(parfait modèle en cela de la spiritualité bérullienne)

est d’être attentive à la vie intérieure et spirituelle de son Fils,

et d’être UNE PURE CAPACITÉ DE JÉSUS REMPLIE DE JÉSUS

Visite à Elisabeth

 

Elle va, elle vient,

elle parle, et parle plus qu’en aucun lieu de l’Écriture,

et en aucun état de sa vie

et la Parole éternelle du Père qui veut être sans parole, comme enfant, la fait parler…

Jésus donc est en la Vierge, et la Vierge est en Jésus,

et cette parole de la Vierge me semble être la parole de Jésus et de la Vierge tout ensemble ;

et c’est pourquoi cette parole tire et ravit à Jésus et à la Vierge conjointement 

(H.Brémond :sentiment religieux en France tome 3 p 95 ss )

Bérulle et Marie Madeleine

5 février, 2015

Bérulle est un intellectuel

un théologien

Ses écrits  sur la « grandeur de Jésus »

sont bourrés de participes présents

de nuances , de subtilité

à en devenir parfois illisible

**

Bérulle est aussi un poète

et un mystique

Quand il écrit avec son cœur et non plus avec sa tête 

Quand il écrit d’un premier jet sans se corriger

il devient sublime

**

Marie Madeleine

Ainsi quand il parle de Marie Madeleine il écrit   

**

Lorsque vous cheminiez sur la terre, opérant vos merveilles,

vous avez, ô Seigneur, regardé plusieurs âmes ;

mais vos regards plus doux, ô soleil de justice,

et vos rayons plus puissants, ont été sur (Madeleine).

**

Amour singulier et nouveau;

amour qui commence en la terre, et non au ciel…

Amour qui se forme à vos pieds,

et fait désormais une nouvelle différence dans l’ordre de la grâce,

et dans l’ordre de l’amour,

**

…Vous voulez lui donner principauté en cet ordre et en cet amour,

qui « n’est point encore dans le ciel », et déjà « est en la terre ».

 

Il n’est point dans les séraphins,

Il est dans le coeur de cette humble et prosternée pénitente.

Elle est à vos pieds, et ces pieds sont plus dignes que le plus haut des cieux

. **

O que cette âme me semble grande,

 Que je souhaiterais savoir quelque chose de sa vie !

Que je trouve petit ce qui en est rapporté,

hors son amour et son adhérence à Jésus !

**

Chez Simon le pharisien

Marie-MadelleineDreux


Partout nous la voyons aux pieds sacrés de Jésus.

C’est son séjour et son partage,

 c’est son amour et sa conversation ;

 c’est sa marque et sa différence dans la grâce.

Et c’est elle aussi qui recueille à ces pieds sacrés

la rosée céleste et le divin amour perdu dedans le ciel,

Ce fut là un des « moments » les plus mémorables dans l’histoire de Jésus,

 et, par suite, dans l’histoire universelle de l’humanité.

 Jamais le Verbe incarné n’opéra, « en aucune âme particulière »

choses plus grandes, plus dignes de ses propres grandeurs

Jamais « aucune âme particulière » ne se livra plus docilement,

plus entièrement aux « opérations » du Verbe incarné.

**

Heureux moment de votre vie…, vous opérez en Madeleine,

 Vous la considérez

 vous la navrez,

 vous l’attirez,

 vous la ravissez au monde et à elle-même.

 En cet excès et fureur sainte d’un amour saint,

 je la contemple et la suis pas à pas,

 observant ses actions, admirant ses mouvements.

Elle sort  hors d’elle-même ;

elle vous cherche en votre maison, et ne vous y trouve pas ;

 mais elle vous porte et possède en son coeur sans le connaître

. Vous n’êtes pas chez vous, et vous êtes chez elle,

c’est-à-dire en son coeur et en son esprit;

**

Elle ne fait que d’arriver aux pieds de Jésus;

 « c’est la première heure de sa vie en la grâce »,

et toutefois, ô Jésus…

 vous ne dites pas qu’elle aime,

mais qu’elle a aimé

 et qu’elle a beaucoup aimé,

 comme si déjà elle y avait employé plusieurs jours,

plusieurs mois, et plusieurs années.

 Mais c’est qu’un moment de cette âme vaut un siècle,

 tant elle a de vie et de vigueur en la grâce, et de ferveur en l’amour…

 

Au calvaire

Elle est collée et attachée à Jésus en sa croix,

 et ce sang ruisselant de Jésus est le ciment qui joint le coeur de Jésus et de Madeleine ensemble…

Jésus donc voit Madeleine à ses pieds,

et Madeleine contemple Jésus en sa croix.

 Ces regards sont mutuels et réciproques…

 Qui verrait le cœur de Jésus y verrait Madeleine empreinte;

qui verrait le cœur de Madeleine y verrait Jésus,

 et Jésus souffrant, vivement imprimé

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Uniquement par amour

Durant le cours de votre vie voyagère et publique en Judée,

elle est la première qui vous a cherché par amour.

Vous avez cherché les uns,

 et les autres vous cherchaient, pour leurs besoins particuliers, pour leurs nécessités extrêmes,

 recherchant plus vos miracles que vous-même.

**

 Mais Madeleine ne cherche que vous,

 elle ne cherche que le miracle de votre amour…

 Les disciples et apôtres vous ont fidèlement suivi, mais ayant été appelés, et appelés sans qu’ils pensassent à vous.

 Celle-ci vous cherche,

 vous suit, vous court,

sans être appelée de vous,

 par aucune parole qui l’attire et s’adresse à elle…

**

La résurrection

 Et maintenant, (ressuscité) vous voulez qu’elle soit la première qui entende votre voix

 Vous ne permettez à cette divine amante d’être à vos pieds qu’un seul moment,

 vous ne lui permettez qu’une seule parole : Rabboni.

 Et au même instant,

 vous la séparez, vous l’envoyez,

 vous rentrez dans le secret de votre lumière inaccessible…

 Et elle ne vous voit plus,

 ne vous trouve plus,

 ne vous possède plus, ce semble.

 Vous êtes la vie, laissez-la vivre en Vous

(H.Bremond :sentiment religieux en France tome 3 p 101 ss) 

Bérulle et les dévotions du XVII é siécle

4 février, 2015

Bérulle ne serait il pas

sans le savoir et sans le vouloir

à l’origine de certaines dévotions

qui se sont développées au cours du 17 és avec Jean Eudes ou Marguerite Marie ?

**

Dévotion au sacré coeur 

Bérulle écrit   (œuvres complètes p 1040 ss )

Jésus  est pris et conduit comme un voleur, 

 It est battu, outragé et souffleté par un à qui il avait guéri l’oreille la même nuit, 

et par les autres valets, comme s’il était un homme de néant.

 Et en dérision de sa qualité de prophète, il a sa face couverte de crachats et vilenies,

 lui qui est le Roi de gloire, la beauté du ciel et la splendeur des anges. 

II est condamné comme blasphémateur par le grand prêtre,

 lui qui est le grand jnge de l’univers et le grand zélateur de la gloire du grand Dieu. 

Il est moqué comme un fou en la cour d’Hérode, 

lui qui est la sagesse du Père éternel, 

et enfin mis par Pilate aux mains des bourreaux 

**

Ces sentiments de la croix, 

ont occupé le coeur, l’âme et l’esprit de Jésus  toute sa vie

Tout en a été pénétré, 

Son cœur n’a pas attendu jusqu’à être percé de la lance 

pour être percé de cette douleur;

Cette douleur l’a navré vivant et la lance l’a percé mort.
**

Saint Jean seul, comme- bien-aimé disciple,

 fait mention de la blessure

dont le côté et le coeur de Jésus ont été ouverts.

D’autant que c’est une blessure d’amour,

 il était convenable qu’elle fût rapportée par

!e disciple du cœur et de l’amour de Jésus.
**

Remarquons que le cœur vivant de Jésus 

est assez navré d’amour, 

et c’est pourquoi ,cette navrure de la lance est réservée à son cœur mort,

 comme si avant la mort 

ce fer ne l’eût pu navrer davantage,

 tant il était navré d’amour. ·

**
Son cœur est éternellement ouvert,

éternellement navré

sa gloire n’ôte point cette plaie,

car c’est une plaie d’amour;

cette navrure de la lance n’est que marque

de la vraie et intérieure navrure de son cœur.

Cette navrure du côté-est propre a Jésus.

non commune ni, à son supplice ni aux autres crucifiés,

navrure d’éternité.

**

C’est un supplice ou une plaie de mort, mais qui durera dans là vie éternelle

 plaie commencée en la mort, mais pour durer en la vie

pour nous loger en son cœur pour l’eternite

 

Le premier vendredi du mois

Quand Dieu a créé le monde, il l’a fait sans labeur

par un souffle de son Esprit, 

par une parole de sa bouche

mais quand il a voulu sauver te monde,

il a dit, il a fait plusieurs choses

il y a employé plusieurs jours,

plusieurs mois, plusieurs années

Il y a eu plusieurs labeurs

et nous te voyons au milieu du monde,

souffrant languissant et mourant pour le monde,

et mourant en une croix

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et si nous considérons l’ouvrier en son ouvrage,

 il mérite de nous un plus grand amour 

en sauvant qu’en créant !e monde.

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 C’est pourquoi l’Eglise de Dieu dit et fait tant de choses 

pour nous imprimer la mémoire de Jésus-Christ crucifié,

 et fait un jour signalé en la semaine 

pour nous le faire honorer, qui est le vendredi.( p 1049)

Isabella Bellinzaga (1552-1624) et Bérulle

29 avril, 2014

Isabella Bellinzaga

Cette « dévote italienne discrète, mystique

aidait  Charles Borromée pour l’administration des hôpitaux et des monastères du diocèse de Milan 

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En même temps, elle fréquentait les jésuites et après avoir fait les exercices de saint Ignace avait rédigé un abrégé sur la perfection chrétienne »

La vie spirituelle n’est autre chose que la connaissance de la bonté ,grandeur et toute puissance de Dieu ,

en considérant que nous sommes rien et que ce que nous sommes est par sa seule grâce 

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Elle admirait Catherine de Gênes 

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Elle connaissait « l’oratoire du divin amour » qui avait été fondé à Génes par Ettore Vernazza

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A elle seule  Isabella Bellinzaga  condense donc

les spiritualités de son temps

les exercices d’Ignace de Loyola 

les enseignements de Catherine de Genes

les leçons de l’oratoire de l’amour divin

Et les mouvements de la réforme catholique  avec Charles Borromée

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Bérulle

On retrouve toutes ces influences

Dans le « le bref discours sur l’abnégation » que Bérulle écrivit à l’âge de 21 ans

en « plagiant »presque entièrement « l’abrégé » de Isabella

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A cette époque la propriété intellectuelle n’existait pas

Et puis Isabella  n’en aurait pas fait une histoire !

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Le bref discours sur l’abnégation de Bérulle

Le fondement de l’abnégation ,le point de départ de tout progrès spirituel

c’est la connaissance de soi et la connaissance de Dieu

Dieu c’est tout l’homme c’est rien

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le premier degré de l’ascension spirituelle

c’est l’indifférence aux choses extérieures et corporelles ,

aux dignités, aux honneurs  aux richesse

à la santé ,à la vie ,à la mort etc …

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Le deuxième degré est la pauvreté  spirituelle

La fine pointe de l’âme doit laisser Dieu agir en elle

ainsi l’âme parvient à la soumission et à la paix intérieure

 

Henri IV le père Coton et Bérulle

28 avril, 2014

Henri IV

Ce roi était un chrétien médiocre mais tolérant et sincère 

Il est né dans le calvinisme

Il s’est ensuite converti une première fois à la saint Barthélemy 

revient à sa foi primitive puis de nouveau à la foi catholique

« Paris vaut bien une messe »

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Mais son abjuration fut sincère et il protégea réellement les catholiques

Tout en étant tolérant et respectueux vis-à-vis des protestants

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La conférence de Fontainebleau (1600)

en 1598 Plessis_Mornay « le pape » des reformés en France avait publié un traité sur l’eucharistie 

en 1600 Henri IV défia donc Plessis Mornay  en lui demandant de défendre ses thèses  à Fontainebleau devant Du Perron évêque d’Evreux

Celui-ci fut brillant  et convainquit le roi qui dorénavant encouragea tous les gentilshommes de sa cour à devenir catholique

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Il rétablit en France les jésuites bien qu’il ne les aimait guère

Il protège les religieux 

Il pose la première pierre de l’église des Feuillants rue st Honoré à Paris

Il autorise l’établissement des clarisses capucines à Paris (Bvd des capucines)

Il favorise la réforme de Fontevrault …..

Le haut clergé devient une véritable aristocratie  au sein de la cour

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C’est sous Henri IV que germe vraiment le renouveau catholique qui va s’épanouir au cours du 17è s

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Le Père Coton

Ces mesures sont dues en grande partie grâce à l’influence du père Coton

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Grâce à son amabilité 

Il obtient à la fois la confiance de madame Acarie et de Henri IV

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Bérulle

Le père Coton eut aussi une grande influence sur Bérulle

Il a été pour lui un protecteur ,un confident et sans doute aussi un maître de vie intérieure

C’est le pére Coton qui présente  au roi « le discours des controverses » de Bérulle

Et en 1611, il assistera à la première  réunion des prêtres de l’oratoire

(Dagens :  Bérulle p 171 ss)

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