Archive pour la catégorie 'Histoire de l’eglise'

Léon Bloy : Le sang du pauvre

2 mars, 2016

Il suffit de citer un passage de ce livre pour comprendre le sentiment de révolte qui taraude Léon Bloy ,un vrai pauvre 

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Son livre est un cri !

Le Sang du Pauvre; c’est l’argent.

On en vit et on en meurt depuis les siècles.

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Le système de la sueur

« En France il y a plus de six millions d’ouvrières d’usines sur moins de vingt millions  de femmes,

Statistique plus puissante qu’une tragédie de Shakespeare.

Cette multitude apocalyptique de créatures affamées travaillant, souffrant, mourant, pour assurer les délices de  quelques-uns ; sans lumière pour travailler, sans lumière pour souffrir, sans lumière pour mourir, et cela pendant les générations et pondant les siècles

On voit de ces pauvres enfants qu’un souffle renverserait, fournir un travail de plus de trente heures par semaine

Et ces travailleurs-là, ô’ Dieu vengeur ! se comptent par centaines de mille.

Pour, qu’il soit dit que la religion n’est pas oubliée, les ateliers de petites filles, ignorés du Dante, sont souvent dirigés par des .religieuses, vierges consacrées, aussi sèches que les sarments du Démon, et qui savent les bonnes méthodes pour le rendement…

La sueur du Christ

L’évangéliste saint Luc entendit tomber par terre,

goutte à goutte,

la Sueur du Sang de Jésus-Christ.

Ce bruit si faible, incapable de réveiller les disciples endormis,

dut être entendu des constellations les plus lointaines 

Léon Bloy :Dans les ténèbres

1 mars, 2016

« Dans les ténèbres »

fut le dernier livre de Léon Bloy

qu’il n’a pas terminé

c’est le livre d’un vieillard qui va bientôt mourir

d’un homme encore choqué par la bataille de Verdun

qui vient de bouleverser le monde

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Le vieux Léon Bloy médite

sur la vie la mort ,la douleur, le jugement

la vanité de toute choses

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Le mépris

« C’est l’état d’une âme douloureuse qui connaît Dieu  et qui sait qu’il n’existe rien sur terre où elle se puisse appuyer en nos effroyables jours.

On ne veut plus rien savoir ni rien désirer que la mort tandis que lorsque le prêtre élève le calice pour recevoir le Sang du Christ, on peut imaginer le silence énorme de toute la terre en présence de l’Acte indicible qui fait paraître comme rien tous les autres actes, »

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Les apparences

« C’est la plus banale des illusions de croire qu’on est réellement ce qu’on paraît être, et cette illusion universelle est corroborée, tout le long de la vie, par l’imposture tenace de tous nos sens. Il ne faudra pas moins que la mort pour nous apprendre que nous nous sommes toujours trompés. .

Les hommes, les choses, les événements nous seront enfin divulgués et chacun pourra vérifier l’affirmation de ce mystique disant qu’à partir de la Chute ,le genre humain tout entier s’est endormi profondément….

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La peur

La peur de ce qui nous attend .Cette peur de Jésus à gethsémani quand il commença à souffrir la peur face « au cœur de l’abime »

L’Absolu, l’Irréfragable demeure. c’est l’immense abîme à côté de nous, autour de nous, en nous. Pour le découvrir il est indispensable d’y être précipité» Pascal, dit-on, le voyait sans cesse, mais c’était l’abîme noir de son jansénisme, et pas du tout l’abîme de lumière dont le seul pressentiment est capable de tuer dès saints.

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La douleur

Une fois de plus Léon Bloy revient sur son obsession

« bienheureux ceux qui pleurent …comme la vierge qui pleure

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La Douleur! voilà donc le grand mot !

Voilà la solution de toute vie humaine sur la terre! le tremplin de toutes les supériorité , le crible de tous les mérites, le critérium infaillible de toutes les beautés morales ! On ne veut absolument pas comprendre que la douleur est nécessaire..

Nous ne comprenons pas que nous sommes les membres de l’ Homme de douleur, de l’Homme qui n’est Joie, Amour,Vérité, Beauté, Lumière et Vie suprêmes que parce qu’il est l’Amant éternellement éperdu de la suprême Douleur,

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La putréfaction

« C’est effrayant de penser qu’on subsiste au milieu d’une foule de morts qu’on croit des vivants ; que l’ami, le compagnon, le frère peut-être qu’on a vu ce matin et qu’on reverra ce soir, n’a qu’une vie organique, un semblant de vie, une caricature d’existence et qu’il est à peine distinct, en réalité, de ceux qui se liquéfient dans les tombeaux.

C’est intolérable de se dire, par exemple, qu’on a pu naître d’un père et d’une mère qui ne vivaient pas ; que ce prêtre que voici à l’autel n’est peut-être pas très différent d’un décédé »

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L’avènement inimaginable

Le Dieu des Larmes ! Que signifient ces deux mots et qui est ce Dieu? Nul autre que l’Esprit-Saint. C’est par lui qu’on est vivant et les larmes sont le signe de sa présence. Malheur à celui qui ne pleure pas.

Les larmes sont l’huile de ces lampes que les vierges de l’Évangile ne doivent pas laisser s’éteindre, de peur que l’Époux survenant au milieu de la nuit ne leur dise : « Je ne vous connais pas »

Les larmes sont tellement le don de l’Esprit-Saint qu’elles ne peuvent pas couler sans que Dieu s’approche, puisqu’il a dit qu’il viendrait les essuyer lui-même de tous les yeux. Elles sont si précieuses qu’il n’est pas permis de les répandre en vain.

 Sans doute il faut attendre et toujours attendre, Cependant l’heure attendue ne peut pas être bien éloignée maintenant.Ce que l’oeil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu» ce qui ne peut monter dans le cœur de l’homme… »Voilà tout ce qu’on sait, tout ce que donne la Révélation »

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« C’est le bon plaisir du Maître qui fait son délice de déconcerter la Sagesse et qui se réjouit d’accabler de sa préférence ceux qui s’en croiraient le plus indignes.

« Si tu savais la joie que je donne », leur dit-il, « et le goût délicieux du Saint-Esprit »

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L’aveugle né

Léon Bloy commente alors l’évangile sur l’aveugle né

et sa femme Jeanne après sa mort écrit

« L’Aveugle-né, c’est lui-même l Comme dans l’Évangile Jésus lui a guéri les yeux avec « de la boue », et c’est lui-même qui, en réponse à nos questions indiscrètes, nous dit : « Je ne sais qu’une chose, c’est que j’étais aveugle et que, maintenant, je vois. »

 

Léon Bloy : Le « Bazar de la charité » en 1897 et le « Bataclan » en 2015

29 février, 2016

Ce qu’a écrit Léon Bloy lors de l’incendie du « bazar de la charité »  en 1897

nous fait grincer des dents 

Oserions nous dire la même chose maintenant à propos du massacre odieux qui eut lieu au Bataclan ?

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On comprend donc 

combien fut grande l’indignation des bonnes gens

quand Bloy écrivit dans son journal le 5 ami 1897 

 

« Un grand nombre de belles dames ont été carbonisés hier soir ,en moins d’une demi heure

et Coppée s’est empressé alors d’écrire cette admirable sottise   « Elles s’étaient réunis pour faire le bien » 

et tout le monde bien entendu accuse Dieu

..« Songez donc ! des personnes si riches ,en toilette de gala et qui avaient leurs voitures à la porte !  tout cela pour l’amour des pauvres .Oui tout çà quand on est riche c’est qu’on aime les pauvres

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Ailleurs Bloy écrit

« Vous me demandez de dire quelques mots sur la récente catastrophe j’y consens  d’autant plus que je souffre de ne pouvoir crier ce que je pense

ENFIN  me disai-je  enfin ! ENFIN !  voilà un commencement de justice Ce mot de bazar accolé à celui de la charité.le nom terrible et brulant de Dieu réduit à la condition de génitif de cet ignoble vocable

.Ce qu’il ya d’affolant, de détraquant, de désespérant ce n’est pas la catastrophe elle même (le bataclan ) qui est en réalite peu de chose auprès de la catastrophe arménienne  (on dirait maintenant la tuerie quotidienne en Syrie) par exemple dont nul parmi ce bon monde ne songeait à s’affliger 

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Le spectacle véritablement monstrueux de l’hypocrisie universelle  c’est de voir que tout ce qui tient  une plume , mentir effrontément aux autres et à soi même 

Enfin et surtout ,

c’est le mépris immense et tranquille  de tous

à peu prés sans exception  

pour ce que Dieu dit

et ce que Dieu fait .

Léon Bloy est il anticlérical ?

28 février, 2016

Dans son journal en juin 1897 Bloy écrit

« cléricalisme » est un mot vague et lâche ,une pourriture de mot que je rejette avec dégout  Je suis pour la théocratie absolue ,telle qu’elle est affirmée par la bulle « Unam sanctam » de Boniface VIII . Je pense que l’église doit tenir en main les  Deux Glaives  le Spirituel et le Temporel, que tout lui appartient les âmes et les corps et qu’en dehors d’elle il ne peut y avoir de salut ni pour les individus ni pour les societés  

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Pourtant il ne cesse de guerroyer contre les mauvais curés

« Je dois être un sujet d’horreur pour la plupart du clergé moderne  évêques ou simple prêtres qui veulent au mépris de saint Paul que l’évangile soit conforme aux maximes du monde » (28 Juillet 1911)

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Il attaque !

il attaque  les curés de salon qui n’ont pas la foi et il vomit les tièdes comme l’ange de l’apocalypse  

Il s’en prend aux papes et aux evêques  

et écrit sur eux 

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Léon XIII 

« hélas il n’avait de zèle que pour la politique et quelle politique ? (journal Juillet 1911)

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Pie X

j’ai appris  ce soir l’élection du pape Pie X . Cette nouvelle m’attriste ,loin de me réjouir et même je tombe dans le noir. J’avais tant désiré un événement extraordinaire C’est toujours  la même chose :un Italien  et un vieillard (4 aout 1903)

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Mgr Amette

 est élevé au cardinalat …la vertu est toujours  récompensée (4 nov 1911)

J’ignore ce qui a dû être manigancé par cet arriviste pour obtenir le chapeau rouge mais il est remarquable que le décrochage de son galurin ait été accompagné immédiatement par la défense qu’il a faite  de parler du « secret de la salette »…On lit dans un journal « Les innombrables fidèles qui ont pu apercevoir hier le nouveau cardinal  peuvent se flatter  d’avoir vu sous la pourpre romaine  …un homme heureux »

…un homme heureux et fier sans doute d’avoir pu se moquer ainsi de tout le monde à commencer par la sainte Vierge ( 18 dec 1911)

Un libraire  a reçu tout dernièrement la visite de son curé lui intimant de la part de Mg Amette ,ennemi personnel de la sainte vierge, la défense formelle de vendre désormais mon livre « le secret de Mélanie »( 12dec 1911)

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Le clergé 

et pour Bloy le message central de laSsalette 

est  un message contre le clergé devnue « athée »

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Léon Bloy : l’homme de la Salette

27 février, 2016

La Salette

« Ce siècle avait 2 ans » quand est né le grand poète du siècle , Victor Hugo

et le grand prophète du même siècle écrit 

« Je suis né en 1846 ,70 jours avant les apparitions à la Salette »

J’appartiens donc à la Salette d’une façon assez mystérieuse

et il écrit  à Termier qui lui demande d’écrire sur les apparitions  

« j’ai toutes mes racines dans le secret de la Salette »

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C’est un prêtre Tardif de Moidrey qui emmène le premier Léon Bloy à la Salette en 1879

Cet abbé que Bloy admirait

projetait d’ écrire sur la Salette

mais subitement ce brave homme mourut  

Bloy décide donc d’écrire à sa place

Il commence

mais  il peine

et abandonne

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 le symbolisme de l’apparition »

En 1880  cependant il écrit sur « le symbolisme de l’apparition »  

C’est une sorte de paraphrase  du discours de la Vierge

où Il parle surtout  des 7 douleurs de la Vierge

qu’il compare aux douleurs des fils Maccabées qui furent martyrisés devant leur mère

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Il ne termine pas ce livre qui ne sera publié qu’en 1925

Décidemment Bloy peine 

il n’est pas très inspiré

et pourtant il est fasciné par cette Vierge qui pleure

Elle correspond tant à ce qu’il vit

à ce qu’il connait

à « la femme pauvre »

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Celle qui pleure 

Ce n’est qu’en 1907 qu’il écrit « celle qui pleure «  à la demande de Pierre Termier, un ingénieur  professeur à l’école des mines (dont le buste se trouve dans le musée de l’école,bvd st Michel ) 

il écrit  dans sa préface

« j’en avais abandonné le projet il y a 27 ans et j’avais fini par ne plus y penser  le croyant impraticable  

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Le secret de Mélanie 

en 1911 Bloy écrit un introduction à la vie de Mélanie

la bergère des apparitions

mais déjà il en avait parlé dans « celle qui pleure »

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Le secret de Mélanie ne peut que lui plaire

il le résume

il ne retient que ce qu’il veut

il y voit une grandiose malédiction contre le clergé tiède ,incroyant ,ennemi des pauvres

une attaque contre les évêques incroyants et les abbés de salon 

« des hommes se sont levés qui avaient la mitre en tête et qui tenaient en leurs mains le bâton des pasteurs du troupeau du Christ  et ces hommes ont dit à notre Dame :En voila assez n’est ce pas  que les femmes se taisent ( œuvres X p 121)

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Voici selon lui, le grand message de la Vierge

Les prêtres ministres de mon fils ,les prêtres par leur mauvaise vie ,par leurs irrévérences et leur impiété à célébrer les Saints Mystères ,par l’amour de l’argent ,l’amour de l’honneur et des plaisirs ,les prêtres sont devenus des cloaques d’impureté

Malheur aux prêtres et aux personnes consacrée à Dieu ,lesquels par leur infidélités s et leur mauvaises vies ,crucifient de nouveau mon fils( p 149 )

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La Tombe

A Bourg la Reine

 sur la modeste de tombe de Léon Bloy

 est représentée la «  Vierge qui pleure » de la Salette 

Maritain Jacques (1882 -1973)

26 février, 2016

La jeunesse de Maritain

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Raïssa Maritain nous raconte longuement dans son livre « les grandes amitiés »

 la jeunesse et la conversion de Jacques Maritain

C’est en 1905 que Jacques  et Raïssa se font baptiser

Leur parrain est  Léon Bloy qui les a convertis

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Le thomisme

Sous l’influence du père Clerissac

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En 1914

Maritain rencontre à « la rotonde »

boulevard de Montparnasse

Stanislas Fumet, (1896-1983) un critique d’art,

qui devient son ami

en discutant sur  l’art alors à la mode 

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Art est Scholastique

Mais cet art peut il être Chrétien ?

En 1920 Maritain  écrit « art et scolastique »

En écrivant ce livre, il pense d’abord à Rouault qu’il avait rencontré en 1905 chez Leon Bloy (p 52)

Il réserve un  petit chapitre sur l’art chrétien en s’inspirant des réflexions de Maurice Denis et de Marc Desvallieres

Il pense que les artistes doivent chercher à « être chrétien » avant de vouloir « faire chrétien »

les  artistes chrétiens  doivent à la fois réagir contre le mauvais gout de la tradition saint sulpicienne

et redonner une âme à la création contemporaine

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Ce livre fut très estimé par beaucoup d’intellectuels laics

« Ce fut le moment de son prestige dans les milieux laiques » (Fumet)

et beaucoup voulurent rencontrer Maritain qui habitait alors à Versailles

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Meudon 

Sa maison de Versailles étant devenue trop petite il s’installe à Meudon

en1923 , 10  rue du parc 

On me fit entrer dans une maison bien entretenue, parquet brillant et glissant ,cuivres éclatants, livres rangés rideaux tombants bien ,fleurs très droites  dans leurs vases …Sur la cheminée le portrait de Léon Bloy, de saint Thomas et d’Ernest Psichari ...(M Sachs)

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Cette demeure devint un cénacle

une des chambres avait été  transformée en chapelle avec l’autorisation de l’évêque

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On y venait  par amitié 

On en sortait transformé

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On y vint de plus en plus nombreux

et les invités dormaient aux missions étrangères  qui habitaient à proximité 

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Ainsi Cocteau désemparé par le mort de Radiguet y vint en 1924

Un an plus tard Cocteau y rencontre le père Charles Henrion ,un disciple de Charles de Foucault  et ami de Maritain  puis  se confesse et  communie aussitôt dans la chapelle de mission étrangères en présence des Massignon et des Fumet

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Plusieurs  de leurs amis recevront le baptême dans les semaines suivantes

Ainsi la maison de Meudon était devenue un des lieux à la  mode des intellectuels parisiens

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Ses publications

en 1925 Maritain crée la collection « le roseau d’or

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En 1926 ,quand l’ action Française est condamnée

Maritain se soumet  et publie en 1927  « la primauté du spirituel »

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Il découvre alors que dans son être profond 

depuis sa conversion

il était devenu « catholique d’abord» 

et non pas comme Maurras  «  politique d’abord » ;

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En 1936 il publie Humanisme intégral  

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Après la  guerre de 1940

de 1945 à 1948 il est ambassadeur de France au Vatican

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En 1960 son épouse  Raïssa meurt

 À partir de 1961, Jacques Maritain vit chez les Petits fréres de Jésus à Toulouse.

et devient Petit Frère en 1970

 il meurt en 1973

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La pensée de Maritain  

Maritain est un indépendant

j’enrage d’être classé ..Je n’ai qu’une  force ,l’indépendance de la vérite  

Il est un catholique intransigeant comme souvent les convertis ,comme son parrain Léon Bloy

Il se nourrit de thomisme

Il écrit « antimoderne » 

il ne se mélange pas trop avec des catholiques traditionnels

Il refuse le conformisme, ..tout conformisme.

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En même temps, il est largement ouvert sur  la culture de son temps,

attentif à « tout ce qui germe, même sur le fumier »,

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La science et l’art contemporain 

- avec leur charge d’anti-modernité, de non-conformisme –

le passionne  plus que la politique  

Les grandes amitiés :La conversion de Raïssa et Jacques Maritain

24 février, 2016

Le sens de la Vie

A quoi sert donc la vie ?

Que nous apporte la Philosophie ?

voilà la grande question que se posaient 2 jeunes étudiants qui n’avait alors que 20 ans

en traversant le jardin des plantes en 1903

ces 2 jeunes  étaient Jacques Maritain et Raïssa Oumançoff  qui deviendra plus tard sa femme

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Les grandes amitiés

Raïssa écrit dans son livre « les grandes amitiés »

« Si Dieu est ,

il est aussi infiniment bon, et tout puissant

mais s‘il est bon

comment permet il tant des souffrances ?

et s’il est tout puissant

comment tolère t il les mèchants ?

Donc il n’est ni tout puissant, ni infiniment bon donc il n’est pas (p 41)

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Mais  alors a quoi sert la vie ?

Pour Jacques et moi ,tout devint  absurde(p 88)

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Cela nous donna une angoisse métaphysique .. capable de devenir un désespoir total et d’aboutir au suicide Il  ne nous resterait plus qu’à supplier le Seigneur de nous retirer au plus tôt de ce monde et à dire un « Nunc dimitis » de désespoir (p 87)

J’en étais venu à me croire Athée …et l’absence de Dieu dépeuplait l’univers .Si nous devons  aussi  renoncer à trouver  un sens quelconque  au mot Vérité    il n’est plus possible de vivre humainement

J’accepterais une vie douloureuse mais pas une vie absurde  (p 89)

ou bien la justification du monde était possible  et elle ne pouvait se faire  sans connaissance préalable ou bien ma vie ne valait pas la peine d’être vécue

Qui nous délivrerait de ce cauchemar  d’un monde sinistre et inutile ?

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Bergson

Insatisfaits par les cours donnés à la Sorbonne, Raïssa et jacques  vont écouter Bergson  au collège de France et Raïssa raconte

« Un jour je m’en fus  toute tremblante  lui demander des conseils pour mes études et  davantage  sans doute  pour ma vie .Il me dit alors  « Suivez toujours  vos inspiration»

Pour Bergson suivre son inspiration  c’est suivre le conseil personnel ou divin qui monte des profondeurs  du moi,…  C’est agir selon ce que nous sommes réellement  ou selon le meilleur de nous-mêmes…  C’est agir librement »  (p 110 )

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Pascal

Puis Raïssa découvrit Pascal  

« J’aimais Pascal parce qu’il justifiait ma propre inquiétude ,ma propre inspiration ,ma propre recherche »  (p 112)

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Léon Bloy 

Elle découvre  en même temps que Jacques les livres de Léon Bloy

« la femme pauvre » et « le salut vient des juifs »

ils en sont bouleversés et décident de lui rendre visite à Montmartre   

ce fut le début d’une grande amitié

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Raïssa écrit

«  Léon Bloy pouvait être à ses heures un pamphlétaire terrible et dur ,injuste par erreur,un vociférateur ….comme le sont les prophètes …De fait nous nous y arrêtions pas ,cette grâce de ne voir dans toute l’œuvre de Léon Bloy que la foi et l’amour divin dont il vivait réellement.( p 124)

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Certes  dans « le salut des juifs » il a des paroles blessantes …

mais à cet homme là, il sera beaucoup pardonné parce qu’il a beaucoup aimé et parce que tout ce qu’il a  pensé de divinement vrai ,il a su l’exprimer avec une beauté incomparable (p 138)

Leon Bloy leur fait connaître les mystiques tel Ruysbroeck l’admirable ou Angèle de Foligno

à qui Dieu avait dit en songe « Ce  n’est pas pour rien que je t’ai  aimé »

Bien souvent léon Bloy  nous redisait en pleurant 

« si vous saviez la douceur que Dieu donne ,et le gout délicieux du saint Esprit  (p 162)

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Le baptême

Léon Bloy qui a fini par convaincre Raïssa et Jacques écrit dans son journal en avril 1906

« le miracle est accompli Jacques et Raïssa demandent le baptême  …Grande fête dans nos cœurs .Une fois de plus mes livres ,occasion de ce miracle ,sont approuvés  non par un évêque ,ni par un docteur ,mais par l’Esprit Saint (p 184)

le 11 juin 1911  nous nous présentâmes à l’église saint jean l’évangéliste  de Montmartre .J’étais dans une absolue sécheresse. Je ne me souvenais plus d’aucune des raisons qui avaient pu m’emmener  là .Une seule chose restait clair en en mon esprit.

Ou le baptême me donnerait la foi et je croirais   ou je m’en irais incroyante à jamais  Telles étaient aussi ,à peu près ,les pensées de Jacques ( p 189 )                                                                                                                                                                            

Léon Bloy était notre parrain .Une paix immense descendit sur nous portant en elle les trésor de la foi. Il n’y avait plus de questions, plus d’angoisse, plus d’épreuve …

Nous passâmes avec les Bloy une journée paradisiaque .Le cœur de notre parrain éclatait de joie

Puis nous partîmes pour le charmant village de Bure dans la vallée de chevreuse

Les raisonnements des philosophes et des savants ne sont pas capables de nous donner une si grande splendide 

Nous étions à une époque d’anticléricalisme assez violent et Jacques qui aurait pu enseigner à l’université, craignant de ne pas être absolument libre d’enseigner selon ses convictions de chrétien y renonça 

Les grandes amitiés : Les artistes vus par Raissa Maritain

23 février, 2016

C’est avec Jacques Maritain

que sa future femme Raïssa Oumançoff, Juive et Russe

arrivée tres jeune en France 

découvrit avec admiration

les grand peintres  de chez nous

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Raïssa écrit dans son livre « les grandes amitiés »  

 « Jacques m’a d’abord conduit  devant les tableaux des primitifs italiens qui sont évidemment ceux qu’on aime d’emblée  et sans qu’une éducation préalable soit nécessaire  …l’académisme n’y a pas encore apporté sa froideur ,son orgueilleuse distance ,ni la brutalité et le mauvais goût du trompe l’oeil . Duccio, Giotto ,Angelico vous introduisent t tout à la fois à la beauté comme purifiée de ce monde et au monde de la douceur de la grâce divine . Sans qu’on y pense ;mais on est heureux

La plupart représentent  des annonciations et des visitations ,des nativités et des crucifixions ,des Vierges , des anges …la beauté apportait le lointain message évangélique à travers les plus heureux temps de la chrétienté. Nous admirions nous aimions la beauté du message  ignorant encore de sa  Vérité ( Les grandes amitiés p 57 )

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Zurbaran devait m’apparaître comme le plus religieux et le plus mystique  des peintres

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Rembrandt comme le plus contemplatif. Rembrandt a des personnages de l’ancien testament, un sens incomparable

Il a certes une technique apte à exprimer une beauté cachée ,plus mystérieuse que charnelle ;C’est la parfaite antithése de Rubens

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Mais je trouvais vulgaire   son tableau « la boucherie »

Je ne comprenais pas !

Mais Jacques m’expliqua que l’art se trouve essentiellement

non dans un sujet extérieur au peintre ,

mais dans l’émotion

Cette émotion peut être provoquée par une  réalité immense ou infime

et la beauté de l’œuvre d’art ne se confond jamais avec celle du sujet traite

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Cette distinction  étant,  on comprend mieux les œuvres des artistes modernes 

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Un Cezanne ,un Rousseau ,un Rouault étaient arrivés à faire de la beauté avec des déformations avec de la « laideur »  grâce à la sensibilité extrême d’un art parvenu au faîte de la conscience de soi même,  grâce à la souveraine presnec de la poésie (p 173 )

J’aime Puvis de Chavannes dont les fresques décorent le Panthéon   

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Je connus plus tard G Rouault  puis Renoir, Degas, Rousseau, Picasso (p 173) 

Le retour du Thomisme en philosophie

22 février, 2016

En 1879  Léon XIII dans son  encyclique « Aeterni Patris »

exige que la doctrine de saint Thomas soit  de nouveau enseignée dans tous les séminaires

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En 1893 l’université de Fribourg publie « la revue thomiste » 

En 1907 ,les Dominicains installés  au Saulchoir en Belgique après les expulsions de Combes, publient

la revue « des sciences  philosophiques et théologiques » en appliquant

la méthode historique à l’étude de saint Thomas  ( Chenaux : Entre Maurras et Maritain p 30 )

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Avant la guerre, ce retour vers saint Thomas

 n’eut lieu que dans les séminaires et dans les universités catholiques de Paris  Louvain et Fribourg

mais aucunement dans le monde laïc

où le  thomisme était plutôt perçu comme anti moderne

La philosophie allemande tenait alors le haut du pavé !

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Après la guerre de 14  

En 1918 ,lors de l’entrée solennelle de l’institut catholique de Paris

le père Emile Peillaube doyen de la faculté de philosophie  s’écrit

Une des joies de la victoire, et non la moindre, est pour nous de penser que la philosophie allemande qui a régné   si longtemps sur nos âmes de vaincus n’aura plus d’influence sur nos âmes de victorieux (p 18)

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En 1919 le cardinal Mercier en Belgique ajoutait  

La catastrophe qui a secoué le monde est, si je ne m’abuse, la suite logique  d’une philosophie  de la  dislocation et de la  ruine     ….Tenez vous prêt. La grande tâche de l’école de saint Thomas d’Aquin est encore à venir

On sonne de toute part l’hallali !

Toute est la faute à Kant !

ah !les revanchards /

Enfin ! C’est l’air du temps

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A Paris

En 1922 le père Peillaube reconstitue la « société philosophique de saint Thomas d’Aquin » et organise un cycle de conférence sur la doctrine catholique d’après saint Thomas

« On est revenu à, l’etude de saint Thomas et aujourd’hui ,même dans les milieux adverses ,on compte avec elle (Baudrillard )

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Le Saulchoir

C’est le haut lieu des dominicains depuis 1905

or Thomas est dominicain 

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C’est normal !

il faut ce qu’il faut

en 1923 les dominicains créent une bibliothèque thomiste

puis une société thomiste sous  le patronage du cardinal Mercier

et en 1924 le « Bulletin Thomiste »

mais on leur reproche 

« de sacrifier la Théologie en faveur de la philosophie de l’histoire » (p 30)

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Maritain

Le retour du thomiqme

ce fut surtout avec Maritain 

quand en mai 1913  il donna des conférences sur Bergson  à l’institut catholique  de Paris

car en  en fait il y parla beaucoup de saint  Thomas

«  ces conférences ont été le premier manifeste de la renaissance thomiste en France .Le renouveau des études thomistes avait commencé depuis longtemps  grâce à Léon XIII et le cardinal Mercier ;;;mais maintenant saint Thomas sortait du cercle des controverses ecclésiastiques. Pour la première  fois la pensée thomiste réclamait ses droits dans l’existence profane et la culture profane  pénétrait dans le champs clos des philosophies contemporaines ;; (R Maritain les grandes maities p 451 )

« Le roseau d’or » :Une collection littéraire crée par Jacques Maritain

20 février, 2016

Création de la revue

Ce fut un soir de Juin 1925, à Meudon

que Maritain décida avec ses invités  Ramuz Cocteau ,Ghéon,Massis et Fumet

de créer un nouvelle collection littéraire   baptisée le « roseau d’or » 

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une revue littéraire indifférente aux questions politiques et sociales ;

Une réplique à la NRF  dirigée par Rivière et qui selon Maritain reposait sur une « philosophie au fond idéaliste et panthéiste, nourrie à la fois de Rousseau et de Nietzche (Ph. Chenaux entre Maurras et Maritain  p  68 )

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Il s’agissait de réunir des écrivains  par ailleurs très différents les uns des autres ,autour d’une revue et une collection qui donnait la « primauté au spirituel » en réaction contre la NRF jugée « trop matérialiste »

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Le titre

Le titre de la collection est  tiré de l’apocalypse

« celui qui me parlait, tenait une mesure ,un roseau d’or pour mesurer la cité , ses portes et ses murs » (Apk 21,15)

Ce roseau d’or signifie pour nous que les choses de l’Esprit  ont une mesure qui n’est pas de ce monde » 

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Un Pont

Maritain et ses collaborateurs voulaient « jeter un pont entre la tradition catholique et les courants littéraires et artistiques les plus novateurs de leur temps » (p 72 )

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La collection

En 1925 parait le premier volume

« le Trois réformateurs » par J Maritain

Ces réformateurs sont Luther Descartes et Rousseau

puis la collection s’enrichit avec

« le comédien et la grâce » par Henri Ghéon 

« l’amour du Monde » par Ramuz 

« Saint François d’Assisse » par  Chesterton

et surtout la fameuse « correspondance entre Riviére  ,l’ancien directeur de la NRF et Claudel

précedée d’une préface édifiante de la veuve de Rivière

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Le 7 è numéro fut « Sous le soleil de Satan » de Bernanos   fut tiré à 60000 exemplaires

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En 1926 Julien Green, bien que prévenu contre le thomisme prend contact avec Maritain

et ce fut « le début d’une grande amitié » (p 76)

Julien Green publiera au « roseau d’or » 2 romans dont  « Léviathan » en 1927

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Dans la collection on trouve aussi des traductions  d’auteurs étrangers :R. Guardini,  G.K.Chesterton, Giovanni Papini

La collection ne dura que 7ans par suite de dissensions au sein du groupe  

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